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Le bon sens éco 10 Décembre 2025

Le chantage de l’État est aussi mortel que les émeutes

La nouvelle ministre des outre-mer, Naïma Moutchou, découvre la Calédonie… et ça se voit. Elle nous explique que l’État aidera la Calédonie si les élus font des réformes de fond. On comprend très bien qu’elle soit exigeante avec les élus. On la comprend d’autant mieux que le monde économique est le premier à demander de vraies réformes. Et depuis longtemps.

Mais l’État a sa part de responsabilité dans cette inaction, puisqu’il a laissé trop longtemps nos élus ne rien faire, ou si peu. Il se réveille un peu tard ! Le laxisme de son contrôle de légalité en est une belle illustration. La ministre oublie aussi une chose fondamentale : les entreprises et les salariés ne sont pas responsables des émeutes de mai 2024. Ce ne sont pas eux qui ont été autistes et intransigeants sur la question du corps électoral avec le dérapage que l’on sait. Ce ne sont pas eux qui ont dégarni le Grand Nouméa de forces de l’ordre, alors que tout le monde voyait bien que la situation se tendait. Les entreprises ne sont pas en charge de la sécurité publique. Est-il besoin de préciser que cette compétence revient à l’État et à l’État seul ? La ministre ne peut pas se contenter de dire qu’elle n’était pas au gouvernement au moment des faits. C’est un peu court comme argument. La continuité de l’État n’est pas une option dans notre République, c’est même l’honneur d’un pays démocratique.

Des prêts en forme de menottes

Tout laisse penser que l’État se réfugie dans le prêt d’argent à un taux très élevé alors que nous n’avons pas les moyens de rembourser. Ce ne sont alors plus des prêts, mais des menottes. Le mot qui vient à l’esprit est celui de chantage. Un chantage mortel pour les entreprises qui ne pourront pas se relever d’une telle situation si elle devait durer en 2026. Ce chantage est aussi désastreux que les émeutes elles-mêmes.

Ce chantage est d’ailleurs contre-productif, car, finalement, c’est l’État qui sera pointé du doigt par l’ensemble des Calédoniens. Particulièrement quand le Premier ministre annonce ne plus vouloir financer certaines dépenses publiques dans cinq ans. Nous serons alors deux fois morts. Yves Dassonville le disait après la signature des accords de Nouméa : cela va coûter cher et il faudra que l’État finance. Il serait surprenant qu’aujourd’hui l’État ne s’en souvienne plus. C’est bien avec lui que la situation ainsi créée s’est mise à exister.

La Calédonie n’a pas besoin d’un tuteur : elle a besoin d’une France responsable et solidaire. En période de crise majeure, le bon sens commande d’appliquer une politique contracyclique : investir massivement dans la reconstruction, soutenir l’emploi, remettre les Calédoniens au travail. Parce que seule l’activité crée de la fiscalité, laquelle équilibre ensuite les budgets publics et sociaux.

Ne nous tuez pas une énième fois !

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