Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
02 Mai. 2018

Des outils pour survivre

AXE 2 : UNE POLITIQUE INDUSTRIELLE

L’histoire voudrait que la TGC entre en vigueur au 1er juillet 2018. Si rien n’est engagé maintenant pour soutenir la production locale, ce pan de l’économie calédonienne est purement et simplement appelé à disparaître. Pas de catastrophisme, juste une douloureuse et proche réalité qui ne devrait jamais prendre corps. C’est en tout cas ce que promettaient l’agenda partagé en août 2014 et le gouvernement Germain en 2015…

L’avertissement n’est pas nouveau : dans le contexte actuel, la mise en place définitive de la TGC aboutira à la destruction rapide du modèle industriel calédonien. Un constat amer pour toute une branche professionnelle qui s’est investie dans l’agenda partagé et dans la réflexion de réforme fiscale. « La FINC a accepté la mise en place de la TGC, tient à rappeler Flavie Texier, la secrétaire générale de la Fédération, mais pas dans n’importe quelles conditions. » Trois contreparties vitales étaient réclamées — et acceptées — pour permettre à la taxe d’entrer en vigueur sans porter le coup de grâce à 90 % des industries calédoniennes puisqu’elles ne sont pas protégées. « Nous avions demandé un taux réduit de TGC pour les produits locaux, mais sachant que cela ne suffirait pas, cela était assorti d’une réforme des protections de marché et d’une boîte à outils compétitivité pour les entreprises calédoniennes. » L’agenda partagé signé voilà près de trois ans stipulait bien, lorsqu’il mentionnait « une taxe générale à la consommation à taux multiples », de prévoir « la déductibilité de charges sociales pour la production locale » ; il affichait aussi, dans son volet économique, qu’il fallait « favoriser la compétitivité par la réforme du dispositif des protections de marché ». Des réformes dont on ne voit encore rien…

Des annonces…

Le 13 avril 2015, Philippe Germain annonçait dans sa déclaration de politique générale que « réduire notre dépendance à l’importation, c’est également favoriser la production locale et le secteur du BTP. La production locale représente 60 milliards de valeur ajoutée et 6 500 emplois salariés. Le gouvernement entend soutenir résolument le développement de ce secteur, en pérennisant, par une loi du pays, le dispositif des protections de marché. En contrepartie, nous veillerons au respect de l’intérêt général, au travers des contrats de performances relatifs à l’investissement, à l’emploi, à la qualité, au prix des produits et au partage de la richesse ». Il renchérissait voilà quelques mois, le 22 décembre 2017 : « Nous accompagnerons ensuite l’industrie de transformation, pour sa capacité à créer de la valeur ajoutée. L’industrie de transformation représente 6 % de notre PIB et 8 500 emplois directs. C’est plus que l’activité du nickel, ou celle de la construction. Ce secteur qui pèse positivement sur notre balance commerciale doit être renforcé, conformément aux conclusions des derniers états généraux de l’industrie. Le 15e gouvernement s’engagera dans cette démarche, en proposant au Congrès d’adopter, avant le 30 juin 2018, une stratégie de développement de l’industrie de transformation. Ce sera l’occasion de réformer le dispositif de protection de marché, en donnant une assise juridique aux contrats de performance. »

… aux actes

Très bien ! Reste que le secteur ne peut plus perdre de temps, il ne peut plus attendre. Si des frémissements se font sentir en ce début d’année, la Fédération des industries et ses partenaires économiques et sociaux ont lancé un mouvement de réflexion en fin d’année avec les États généraux de l’industrie (EGI), et d’action maintenant avec le déploiement par un comité de pilotage des 17 projets issus des EGI (lire en pages 24 et 25). « Nous ne disposons pas de politique industrielle validée et des outils qui vont avec, rappelle Flavie Texier. Nous avons donc décidé d’accompagner le processus et d’amorcer la rédaction d’un code de développement industriel. Il définira à la fois la politique industrielle et les outils, parmi lesquels les protections de marché, mais pas uniquement. » Une démarche que la DAE soutiendra sur la base des instructions politiques qui seront données ; et une démarche qui pourra aboutir grâce à deux missions parisiennes programmées pour travailler avec des spécialistes au plan et au contenu. « Rappelons que, en 2015, le président du gouvernement avait défini quatre secteurs prioritaires : le tourisme qui a son schéma de développement, l’agriculture qui a sa politique de développement, l’énergie qui a son schéma de transition, et l’industrie… » Les travaux engagés depuis les EGI ont donc pour vocation de pallier ce déficit afin de pouvoir proposer aux institutions un document abouti et correspondant aux besoins du territoire dans les six prochains mois.

Auteur

Anne-Claire LÉVÊQUE

Anne-Claire LÉVÊQUE

Journaliste polyvalente, Anne-Claire L'évêque travaille en radio et en presse écrite. Elle est établie en Nouvelle-Calédonie depuis 2007.

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