Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
12 Aoû. 2013

Jean-Marc Ayrault : « La voix des outre-mer a été entendue »

Les industriels ont profité de la soirée réunissant les acteurs économiques pour offrir un Cagou au Premier ministre.
Les industriels ont profité de la soirée réunissant les acteurs économiques pour offrir un Cagou au Premier ministre.

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« Vous avez des atouts, un potentiel considérable, c’est à vous de l’encourager et de vous appuyer dessus pour poursuivre le développement économique de la Calédonie ». C’est par ces mots que le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a terminé sa visite de trois jours sur le Territoire. Trois jours d’échange et de rencontre durant lesquels il a eu un aperçu des réalités économiques et politiques de la Calédonie. Aux acteurs économiques et sociaux qu’il a reçus samedi 27 juillet, il a tenu à réaffirmer sa confiance dans le développement du pays. Points forts de son discours.

Des acteurs responsables

En présence des acteurs économiques et sociaux, le Premier ministre a rappelé qu’ils étaient « tous des acteurs du changement ». « L’État n’exerce plus de compétences en matière de développement économique ou de droit social, a-t-il rappelé. C’est donc vous, mesdames et messieurs les responsables politiques, économiques, syndicaux à qui il revient d’agir dans ces domaines et de mettre en place des procédures adaptées, et notamment en matière de dialogue social. » Jean-Marc Ayrault a confirmé à ce propos son attachement au dialogue social.

L’État, soutien de l’économie calédonienne

L’État français entend poursuivre le soutien à l’économie du Territoire, notamment à travers Ubifrance, l’agence au service des PME. « Les PME calédoniennes trouvent de par le monde, dans les bureaux d’Ubifrance, des relais utiles pour se développer à l’international », a souligné le Premier ministre en prenant en exemple la société Bluecham, spécialisée dans les nouvelles technologies liées à l’environnement et qui a développé des activités en Australie. « C’est aussi le cas de Sunray, et de la société Le Froid qui produit notamment la Manta et est accompagnée dans son développement en Corée. »

Maintien des outils de défiscalisation

Les craintes étaient nombreuses, le Premier ministre a souhaité rassurer les acteurs économiques quant à l’avenir de la défiscalisation. Les incitations fiscales sont un élément structurel du financement des économies ultra-marines ; tous les territoires concernés, y compris les collectivités dotées de l’autonomie fiscale comme c’est le cas en Calédonie, bénéficient aujourd’hui de ces dispositions pour mener à bien des projets de développement. Jean-Marc Ayrault avait demandé à Victorin Lurel, ministre des Outre-mer, d’engager une réflexion sur l’avenir de la défiscalisation, guidée sur deux principes : la préservation de l’intérêt économique des outre-mer qui suppose le maintien de l’engagement de l’État à leurs côtés, et la recherche d’une plus grande efficacité dans l’allocation des ressources publiques. Le Premier ministre a rappelé son souhait de prendre en compte les spécificités des territoires à autonomie fiscale. Raison pour laquelle
« le crédit d’impôt que nous allons expérimenter dans les départements ne va pas s’appliquer ici », a-t-il indiqué en précisant avoir « décidé de maintenir les outils actuels de défiscalisation ». Mais ces outils devront être mieux encadrés, « mieux maîtrisés, si l’on veut qu’ils soient utiles. » Ainsi, la profession de monteur en défiscalisation devra être particulièrement orientée vers l’investissement. « Ce n’est pas pour faire de l’argent pour de l’argent pour ceux qui sont chargés de faire des montages. »

La Banque publique d’investissement déployée en Calédonie  

Des outils nouveaux demandent à être adaptés aux spécificités locales, et notamment la Banque publique d’investissement, partenaire privilégié des entreprises, « et instrument décisif pour redynamiser, pour développer, pour restaurer de la compétitivité. » Réclamée par les acteurs du monde économique et notamment les industriels, « la BPI sera déployée aussi dans les collectivités du Pacifique, en prenant en compte les spécificités ultra-marines, a annoncé le Premier ministre. La loi du 31 décembre 2012 habilite ainsi le Gouvernement à prendre par ordonnance les mesures destinées à la rendre applicable avec les adaptations nécessaires en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, ainsi qu’à Wallis et Futuna. « L’intervention de la Banque publique d’investissement se fera sur la base de la concertation. La BPI devra adapter son action aux besoins de chaque territoire, définir des priorités conjointes, qu’il s’agisse de répondre aux besoins de financement des entreprises à court ou moyen terme, d’intensifier le financement de l’innovation, de mener une action spécifique dans certains secteurs prioritaires. » Reste aujourd’hui à réfléchir sur une gouvernance spécifique à la BPI dans le Pacifique.

Plus de concurrence

Caractéristique que l’on retrouve dans d’autres territoires des outre-mer, la vie chère dont souffre la population qui demande plus de transparence sur la formation des prix. Plusieurs projets sont à l’ordre du jour : la création d’une Autorité de la concurrence et la modernisation des outils de régulation, inspirée de la loi de novembre 2012 portée par Victorin Lurel. Le projet de loi organique en discussion au Parlement permettra de donner compétence aux Territoires pour créer des autorités administratives indépendantes de plein exercice, disposant d’un pouvoir de décision et de sanction. Droit de concentration, droit de l’urbanisme commercial et droit antitrust doivent également être mis en place, ainsi que l’a rappelé le Premier ministre. « Notre objectif est de mettre autant que possible les outre-mer dans le droit commun des marchés en améliorant leur fonctionnement concurrentiel, et donc de les éloigner le plus possible de l’économie administrée. Il faut lutter contre certaines situations qu’on peut sans hésitation qualifier de « situations de rente », rétablir la confiance de la population dans les prix et les marges des produits qu’ils achètent. »

Tarifs bancaires

La loi a instauré un principe de non-discrimination des départements d’outre-mer par rapport aux autres départements. Le mouvement de convergence tend à s’accélérer, et l’on peut observer des baisses moyennes de 30 % pour certains services en ligne. Pour autant, les négociations ont toujours cours en Calédonie. Il y a eu des avancées en la matière, « mais elles ne sont pas suffisantes, a commenté Jean-Marc Ayrault. Si nécessaire, le Gouvernement prendra ses responsabilités. »

Les entreprises montrent le chemin

La Nouvelle-Calédonie a beaucoup d’atouts qui vont bien au-delà des richesses de son sous-sol, et qui expliquent que l’économie calédonienne résiste à la crise et continue de croître. S’adressant aux acteurs économiques, le Premier ministre a rappelé que « les entreprises montrent souvent le chemin. Elles s’internationalisent, elles créent des emplois, elles se développent. Et l’État fera tout pour entretenir le dynamisme et pour répondre aux besoins de la population locale. »

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    Victorin Lurel ministre des Outre-mer, Monique Jandot, présidente de la CGPME et Yves Tissandier, président du CES.
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    Les acteurs économiques et sociaux ont été conviés à rencontrer le Premier ministre, ses ministres et ses conseillers au cours d’une réception à la résidence du Haut-Commissaire.
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    Carold Vassilev, président d’honneur de la FINC, et Éric Chevrot, secrétaire du comité directeur.
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    Gérard Poadja, président du Congrès, a présenté la coutume à Jean-Marc Ayrault : une monnaie kanak « expression d’une part de notre civilisation qui a ses traditions, ses langues, sa coutume », et un fouet de broussard.
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    À la sortie du Congrès, le Premier ministre a souhaité aller à la rencontre des Calédoniens.
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    Le Premier ministre a fait part de sa volonté de maintenir les outils actuels de défiscalisation. Une décision attendue.
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    De gauche à droite, Martine Lagneau-Dassenoy (coprésidente de la FINC), Romain Babey (vice-président), Fleur Pellerin (Ministre déléguée chargée des PME, de l’Innovation et de l’Économie numérique), Nathalie Birac-Turcon, présidente déléguée de la CGPME, et Gérard Boniface, membre du comité directeur de la FINC.
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    Jean-Marc Ayrault salue Gérard Pasco, président de la Chambre d’agriculture.
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L'équipe de rédaction Made In est composée d'intervenants ponctuels mais aussi de journalistes présents depuis plusieurs années. Ces derniers ont d'ailleurs leur propres signatures sur les articles qu'ils rédigent.

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