Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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16 Déc. 2016

Premier Pacific Business Forum, un succès

14 pays étaient représentés.
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236 entreprises, 45 institutions, 21 administrations, 9 associations, 311 participants et 14 pays représentés. De l’avis de tous, cette première édition du Pacific Business Forum, organisée les 3, 4 et 5 novembre derniers, est une réussite.

« Notre idée du Pacific Business Forum était de permettre aux entreprises de se connecter entre eux, qu’elles puissent ainsi faire des affaires et remplir leurs carnets de commande. » Pour Chérifa Linossier, présidente de la CGPME-NC à l’initiative de la première édition de ce Forum B to B, « l’enjeu était de taille, mais le pari réussi ». « Nous étions attendus sur la scène régionale. Beaucoup de nos voisins ne savent pas grand-chose de nous. À nous maintenant de continuer à développer notre réseau au niveau régional », poursuit-elle.

« Créer un réseau. » Tel était finalement l’enjeu de cette première édition. Au-delà des liens tissés entre les différents pays de la zone, des partenariats se sont fait jour entre entreprises calédo-calédoniennes. « Pour certains, cela a été l’occasion de se connaître et de se rencontrer », assure la présidente. En effet, pour bon nombre de participants, le PBF était une excellente occasion de rencontrer des entreprises, des entrepreneurs du Pacifique mais aussi des chefs d’entreprise de Nouvelle-Calédonie, de tous horizons et tous secteurs d’activité.

Des conférences

Durant trois jours, entreprises, administrations, associations, institutions de 14 pays ont échangé autour de plusieurs conférences sur les outils financiers, la logistique, le fret et une présentation du Pipso (Pacific Islands Private Sector Organisation). Point d’orgue de ces interventions, celle attendue de Jeremy Rifkin. Auteur de la 3e révolution industrielle, l’économiste a offert une visioconférence de haut vol, en témoignent les chefs d’entreprise présents pour l’écouter. « J’ai pris un grand coup de massue dès le début de cette intervention passionnante, relate Hélène Duquesnoy, directrice des achats de Biscochoc. L’économiste nous ouvre les yeux sur le monde actuel et sur l’état de la planète, véritable catastrophe économique et naturelle . Il nous projette dans l’avenir, tant au niveau professionnel que personnel. »

« Il nous a permis de réfléchir sur demain, sur les économies verte et bleue, le développement durable, synthétise Chérifa Linossier. Les chefs d’entreprise ont aujourd’hui une responsabilité sociétale et doivent être la cheville ouvrière des politiques à mener en la matière. C’est un rôle indispensable. »

Tables rondes et speed dating

En marge des conférences, le PBF a été ponctué de TBM (Targeted Business Meetings), des tables rondes au cours desquelles ont été traités des sujets variés comme l’agriculture, le style vestimentaire, l’entreprenariat au féminin, etc. Une rencontre était également organisée avec SEM Lecourtier, ambassadeur de France en Australie. « L’objectif était d’ouvrir la discution et les échanges pour faciliter les partenariats avec nos voisins », commente la présidente de la CGPME-NC.

Enfin, lors de la troisième journée du PBF, le speed dating a rencontré un franc succès, et bon nombre de cartes de visite sont passées de main en main, « jusqu’à la signature d’un contrat sur un bout de serviette », raconte Baptiste Faure, secrétaire général de l’organisation patronale.

Au final, organisateurs comme participants espèrent que ce projet pilote deviendra un rendez-vous incontournable des acteurs économiques des pays de la région. La question est désormais de savoir : « À qui le tour ? »

Reportage : Charlotte Antoine

Voir l’avenir autrement

L’intervention de Jeremy Rifkin lors de la deuxième journée du PBF (notre photo en page 6) n’aura pas laissé les chefs d’entreprise insensibles. Une conférence de plus d’une heure et demie au cours de laquelle l’économiste a repris ses thèmes de prédilection développés dans ses derniers ouvrages : La troisième révolution industrielle et L’économie collaborative à coût marginal zéro.

« C’est formidable d’avoir ce niveau de réflexion et d’avoir un homme comme M. Rifkin qui est concerné et s’intéresse à notre région », remarquaient les participants à l’issue de l’intervention. « Cette intervention amène à la fois beaucoup d’espoir, de positif et en même temps, une vraie interrogation, constate Stéphane Bouquillard, consultante. Nous sommes dans cette période de transition obligatoire, mais notre éducation ne nous y a pas préparés et nous ne savons pas faire. Nous sommes conscients du problème, mais il faut tout changer, les indicateurs, les réflexes, les comportements et du coup, cela paraît impossible. Par où commencer ? Il faut commencer par la base, par l’intelligence collective, et pour cela, il faut donner la parole aux communautés, à la société civile. » L’un des objectifs du Pacific Business Forum…

Ce qu’ils en pensent

Rencontrés au cours des trois jours de forum, les chefs d’entreprise, administrations, ou encore institutions ont fait part de leur satisfaction de se retrouver en un même lieu avec le même objectif : celui de partager, d’échanger. Témoignages.

Marita Wendt

Marita Wendt

Patrick Louis

Patrick Louis

Philippe Gervolino

Philippe Gervolino

Gilles Lecoindre

Gilles Lecoindre

Hélène Duquesnoy

Hélène Duquesnoy

Thibault Bailly

Thibault Bailly

Shiu Raj

Shiu Raj

Christine Mayeur

Christine Mayeur

Frédéric de Greslan

Frédéric de Greslan

Marie Gittard

Marie Gittard

Nadine Plet

Nadine Plet

  • Marita Wendt
  • Patrick Louis
  • Philippe Gervolino
  • Gilles Lecoindre
  • Hélène Duquesnoy
  • Thibault Bailly
  • Shiu Raj
  • Christine Mayeur
  • Frédéric de Greslan
  • Marie Gittard
  • Nadine Plet
  • Marita Wendt

    Marita Wendt, House of Plantation, Samoa
    « Il m’a été difficile de trouver des interlocuteurs originaires de ma région. Hier, j’ai eu une discussion très intéressante et constructive lors de la table ronde “Pacific style in business and tourism”. Il me semble que la Nouvelle-Calédonie est comme un nouvel horizon pour nous. Un potentiel à explorer. Mais il me semble aussi que la Calédonie devrait ouvrir les yeux sur le potentiel qui l’entoure. Elle devrait arrêter de regarder vers l’Europe. Dans la région Pacifique, les partenariats commerciaux et les partenariats de marché sont possibles. Il suffit de modifier, d’élargir son champ de vision pour qu’ils deviennent évidents. Ces collaborations seraient, sans aucun doute, bénéfiques pour vous comme pour nous. »
  • Patrick Louis

    Patrick Louis, directeur général de la clinique Île Nou-Magnin
    « J’ai été approché par les organisateurs car une réflexion est menée autour de la santé dans la mesure où un nouvel hôpital et une nouvelle clinique vont voir le jour en Calédonie. Pour la région, ce seront des établissements de santé de référence. Le Territoire réfléchit à des exportations de produits, de biens, mais aussi de savoir-faire et de services qu’il peut offrir, dont les services hospitaliers. L’idée est aussi de permettre d’avoir des contacts avec les pays limitrophes qui pourraient être intéressés par des hospitalisations de patients ici. »
  • Philippe Gervolino

    Philippe Gervolino, directeur général de l’OPT-NC
    « Cette initiative était indispensable. La thématique de se rencontrer pour partager, comprendre les enjeux actuels et dresser les pistes d’avenir, le travail collaboratif est indispensable à la Calédonie et aux îles du Pacifique.
      Ce forum nous a permis de nous réunir, notamment avec nos partenaires et homologues de Papouasie-Nouvelle-Guinée pour discuter de projet de câbles. Il y a bien entendu, le projet de câble pour sécuriser la Nouvelle-Calédonie mais aussi la possibilité, au travers des infrastructures que l’on va bâtir pour déployer ce deuxième câble, de pouvoir accueillir des câbles venant d’ailleurs. Si nous avons un enjeu de sécurisation, nous ne sommes pas les seuls. Le Vanuatu a un câble qui va sur Fidji, mais cherche à se sécuriser. La Papouasie a un câble vers Guam, et cherche aussi à se sécuriser. Et parmi ces options, l’une pourrait être de venir en Nouvelle-Calédonie. Elle devient aujourd’hui un peu plus visible dans le visage numérique régional.
     »
  • Gilles Lecoindre

    Gilles Lecoindre, gérant de Sifrais
    « L’intérêt de ce PBF est que l’on est dans le Pacifique et en termes de potentiel de business, c’est le secteur géographique qui est le plus proche. Si on a l’envie, l’espérance de développer quelque chose en dehors de nos frontières, la première idée est d’aller sur les zones géographiques les plus proches de nous. C’est aussi intéressant de se réapproprier cette zone et de s’ouvrir sur les économies des autres pays. Un forum ouvert aux investisseurs et aux facilitateurs, c’est nouveau et c’est vraiment intéressant. Trouver les bonnes personnes qui vont pouvoir aider un projet à se développer à l’international est souvent le maillon manquant. Clairement, il y a tous les maillons de la chaîne pour faciliter les ouvertures de business, et en ce sens, ce PBF a été très bien conçu. »
  • Hélène Duquesnoy

    Hélène Duquesnoy, responsable achats et export chez Biscochoc
    «  À travers les échanges au cours de ce PBF, nous pouvons avoir une meilleure vision de l’économie du Pacifique. Nous allons pouvoir nous poser les bonnes questions et mettre en place toutes les démarches nécessaires pour arriver à se frayer un petit chemin et être acteur économique de la zone. »
  • Thibault Bailly

    Thibault Bailly, Antipodes, Australie
    « Cela fait plaisir de voir que pour une fois, il y a plus d’entrepreneurs et d’hommes d’affaires que de banquiers ou de consultants dans la salle. Déjà, sur ce point, l’organisateur a réussi son pari, pour ce premier forum. On a tous quelque chose à vendre quand on vient dans ce type d’événement. J’ai participé notamment à une table ronde autour de laquelle les participants étaient ouverts et disposés à échanger des idées, à trouver des solutions face à la situation géographique de beaucoup qui handicape souvent les entrepreneurs. »
  • Shiu Raj

    Shiu Raj, Pacific Islands Trade & Invest
    « L’initiative de ce PBF est vraiment une excellente idée. Elle a permis l’interaction des acteurs du secteur privé de la région Pacifique. Nous avons travaillé afin de pouvoir réunir une vingtaine de représentants du secteur privé, émanant de 8 à 9 pays. Ce forum a permis leur interaction avec des représentants du secteur en Nouvelle-Calédonie. Et pour l’instant, nous n’avons que des retours très positifs. Des points de convergence émergent très nettement. Nous souhaitons réitérer et intensifier ce genre de rencontre. C’est un programme dense sur 3 jours, avec énormément de rencontres et d’échanges importants. Une initiative qui a permis de définir les contours d’un contexte régional et de poser en premier lieu la nature de l’intégration régionale (drivée par le secteur privé), et également la nature des interactions et échanges. Il y a clairement une envie de réitérer ce type de rencontres et d’échanges. »
  • Christine Mayeur

    Christine Mayeur, DAF d’OBA
    « En Nouvelle-Calédonie, on se sent à la fois seul mais aussi assez fort finalement. Et on ignore souvent qu’il y a de nombreuses petites îles autour de nous, avec une économie, des produits à exporter, etc. Des pays que l’on croise une fois tous les quatre ans aux Jeux du Pacifique mais pas beaucoup plus. Or, il y a des échanges, du business à faire entre nous, il y a des besoins. Il n’y a d’ailleurs pas assez de liens de communication tant au niveau aérien que maritime entre ces îles. Le fait d’être tous réunis dans le Pacifique Sud doit nous permettre de faire bloc contre de grandes puissances comme la Chine par exemple. En ce sens, le PBF est très positif. En discutant avec d’autres participants, j’ai réalisé que ce Forum nous insuffle une envie d’agir, de se mettre en marche. Malheureusement, nos voisins nous mettent souvent en haut de l’échelle alors que nous pouvons leur apporter quelque chose mais eux aussi peuvent nous apprendre d’eux et nous permettre ainsi de grandir. »
  • Frédéric de Greslan

    Frédéric de Greslan, directeur du développement Thésée Ingénierie
    « Très satisfait de tous ces échanges avec les pays du Pacifique. J’ai trouvé beaucoup de similitudes entre nos pays et nos voisins, avec des projets à long terme, des idées de développement pour la population, des besoins à échanger sur les technologiques que nous avons ou pas. Pour une première, j’ai trouvé que c’était vraiment très bien de pouvoir échanger sur des thèmes communs. Nous ne sommes pas tout seuls. Le fait d’être entre chefs d’entreprise est un atout et une facilité dans les discussions. Grâce au Business to Business, on ne perd pas de temps, on y va directement.
    J’espère qu’il y aura une deuxième édition, et pourquoi pas ailleurs qu’en Calédonie ? Je pense que les Calédoniens ont besoin de voir ce qui se fait ailleurs. Il faut que l’on sorte de notre île. Demandez aux entreprises d’aller voir ailleurs, cela peut être une bonne idée.
     »
  • Marie Gittard

    Marie Gittard, vice-présidente FACCI (Chambre de commerce franco-australienne) New South Wales
    « Je trouve formidable cette initiative de réunir tous les pays du Pacifique, y compris les chambres de commerce. Une première pour la Nouvelle-Calédonie. L’Australie s’intéresse énormément à la Calédonie. Nous avons d’ailleurs créé Team France réunissant l’ambassade de France en Australie, Business France et la FACCI. Lors du déplacement du gouvernement calédonien (lire en pages 27 et 28), nous nous sommes occupés du symposium. Et c’est à la suite de celui-ci que nous avons été invités à ce PBF. Je pense que la Calédonie a besoin de s’ouvrir. Il faut sortir les jeunes, leur montrer autre chose, partager avec l’Australie, la Nouvelle-Zélande. Les pays du Pacifique comme les Samoa, le Vanuatu sont disposés à coopérer, et cela est vraiment intéressant. Il y a un potentiel commercial, c’est évident, mais maintenant, il faut passer aux actions. »
  • Nadine Plet

    Nadine Plet, présidente de la CCI de Nouvelle-Zélande
    « Ce PBF est vraiment très intéressant, stimulant, et je suis ravie d’être venue. Ce n’est vraiment pas du temps perdu. Cela permet de se rendre compte de ce qui se passe dans le Pacifique, au sein duquel les îles pensent qu’elles sont isolées. En fait, cette rencontre permet de mettre certains problèmes en commun, et de trouver des solutions qui ont déjà été probablement trouvées ailleurs et de partager les idées et les compétences, afin de développer le réseautage. C’est superbe.
    Le but de la Chambre de commerce franco-néo-zélandaise est surtout de développer le réseautage parmi nos adhérents afin de leur permettre de trouver les personnes qui ont la qualité ou le savoir-faire qu’elles recherchent pour les aider à développer leur entreprise ou à s’implanter en Nouvelle-Zélande en arrivant du Pacifique ou de métropole. Le PBF a permis à certains de prendre un premier contact.
     »
  • Marita Wendt
  • Patrick Louis
  • Philippe Gervolino
  • Gilles Lecoindre
  • Hélène Duquesnoy
  • Thibault Bailly
  • Shiu Raj
  • Christine Mayeur
  • Frédéric de Greslan
  • Marie Gittard
  • Nadine Plet

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