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Publié le
06 Mai. 2018

Président Macron : « La France serait moins belle sans la Calédonie »

Remise des deux actes de prise de possession de 1853 à la Nouvelle-Calédonie du président Emmanuel Macron au président du gouvernement de Nouvelle-Calédonie, Philippe Germain.
Remise des deux actes de prise de possession de 1853 à la Nouvelle-Calédonie du président Emmanuel Macron au président du gouvernement de Nouvelle-Calédonie, Philippe Germain.
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La visite en Nouvelle-Calédonie d’Emmanuel Macron s’est achevée hier soir par une journée riche en symboles et en émotion. Ce 5 mai 2018 marquait en effet le 30e anniversaire de l’assaut meurtrier contre la grotte de Gossanah.

Arrivé à Ouvéa en milieu de matinée, le président s’est tout d’abord exprimé sur cette étape importante de son séjour, « pour reconnaître toutes les mémoires et toutes les victimes après ce qui s’est passé en 1988 et 1989 à Ouvéa. » Dans un tweet, il a indiqué vouloir « faire mémoire de la tragédie d'Ouvéa. L’oubli serait une nouvelle blessure pour les familles endeuillées. Le souvenir est porteur de paix et d'unité. »

Le premier geste de mémoire a été fait à la gendarmerie de Fayaoué, là même où le 22 avril 1988, l’occupation illégale des lieux par des militants indépendantistes entraînait le décès de 4 militaires puis la prise d’otages de 27 gendarmes. Le temps de recueillement a été suivi du chant de l’hymne national français, la Marseillaise, et de l’hymne calédonien par des enfants d’Ouvéa. 

Entretien avec les familles

Le président s’est ensuite déplacé à Wadrilla où reposent les 19 indépendantistes tués le 5 mai 1988. Instant d’émotion, il s’est recueilli aux côtés de Marie-Claude Tjibaou, la veuve de Jean-Marie Tjibaou, leader indépendantiste tué en 1989 avec Yeiwéné Yeiwéné. « C’est la première fois qu’un président de la République française se rend à Ouvéa pour reconnaître ces événements, et pour penser à la jeunesse qui nous accompagne. Cette jeunesse a toute cette histoire sur épaules, mais cela ne l’empêchera pas de grandir », a insisté le président lors de la coutume. Puis le chef de l’État s’est entretenu en privé avec les familles des victimes.           

Micheline Ouanema de la tribu de Takedji dont le mari a été tué le 5 mai 1988, lors de l'assaut de la grotte d'Ouvéa : « Je suis contente et fière de la venue du président de la République. Maintenant, je suis soulagée. »

Cette visite à Wadrilla n’était pas la bienvenue pour le collectif de Gossanah qui refusait tout hommage de la part du président Macron. Certes minoritaire, ce collectif a pourtant été entendu par le chef de l’Etat français qui a de ce fait, accompagné les familles des victimes, mais sans déposer de couronnes. « Un geste symbolique, mais de nature à montrer que l’on entend cette voix dissidente et qui permettra d’apaiser tout le monde. », a-t-il indiqué. 

Remise des deux actes de prise de possession

Cette journée du 5 mai comptait un second temps fort avec la remise des deux actes de prise de possession de 1853 à la Nouvelle-Calédonie au Centre culturel Tjibaou (Nouméa). C’est dans ce même lieu que le 5 mai 1998, le Premier ministre français Lionel Jospin signait les Accords de Nouméa ouvrant le processus de décolonisation. Vingt ans plus tard, l’acte symbolique d’Emmanuel Marcon marque une nouvelle étape. « Nous ne sommes plus au temps de la possession, mais au temps des choix et d’une prise de responsabilité collective, a insisté le chef de l’État à six mois du référendum d’autodétermination des Calédoniens. Ce moment d’histoire n’est ni un début ni une fin, c’est une histoire partagée. »

« L’histoire de la Nouvelle-Calédonie est l‘histoire du travail, de la générosité, de l’engagement de tous ses habitants. » Pour terminer son séjour, le président français a adressé un discours de respect, tourné vers l’avenir. Devant un parterre d’élus, de chefs d’entreprise, d’institutions, de coutumiers réunis au Théâtre de l’Île, Emmanuel Macron s’est attaché à reconnaître l’identité de chacun des Calédoniens. « Nous n’oublierons pas les douleurs de la colonisation, a-t-il expliqué. Nous devons reconnaître la place de chacun, pour regarder en face. La Nouvelle-Calédonie est une édition d’histoires, tragiques, heureuses, toutes marquées par le courage et la volonté de bâtir. »

Concernant le référendum du 4 novembre prochain, Emmanuel Macron l’a redit, il ne prendra pas parti, « non pas pour me soustraire à une responsabilité, mais parce que ce n’est pas ma responsabilité. » Pour autant, il a tenu à donner à rappeler que « la France ne serait pas la même sans la Nouvelle-Calédonie, elle serait moins belle », appelant à la responsabilité, à l’unité. « Il appartient aux Calédoniens de ne pas faire reculer l’histoire. Le jour d’après chacun aura à travailler ensemble. »

Il a ensuite conclu son propos en insistant sur l’avenir et sur l’indispensable développement de l’axe indopacifique, au cœur du projet français (nous y reviendrons dans notre prochaine édition). « La France en est une grande puissance à travers tous ses territoires. Elle devient le dernier pays européen dans le Pacifique. »

Auteur

Charlotte ANTOINE-PERRON

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Rédactrice en chef

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