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Publié le
21 Aoû. 2018

« Pas de TGC sans mesures d’accompagnement ! »

De nombreux adhérents étaient présents à la conférence de presse de la FINC.
De nombreux adhérents étaient présents à la conférence de presse de la FINC.
©Ch. A./Rectiligne
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« Avec la TGC, toutes les filières de l’industrie de transformation seront impactées ». C’est en substance le message lancé ce matin par la Fédération des industries de Nouvelle-Calédonie lors d'une conférence de presse. La FINC demande instamment des mesures pour limiter les effets de la réforme.

À l’aube du vote au congrès des textes relatifs à la mise en place de la TGC, les adhérents et le comité directeur de la Fédération des industries de Nouvelle-Calédonie (FINC) avaient donné rendez-vous à la presse ce mardi 21 août afin de présenter un rapport détaillant les effets de la TGC au regard des situations plurielles des filières de l’industrie de transformation calédonienne. « En effet, aucune étude microéconomique, au niveau des filières de l’industrie calédonienne, n’a été réalisée », souligne la FINC. L’analyse d’impact porte ainsi sur quatre critères : la compétitivité prix des produits locaux face aux produits importés, les négociations commerciales, la trésorerie des entreprises et les prix (inflation).

« Et au regard de ce rapport, 100 % des produits des filières de l’industrie de transformation sont impactés par au moins deux effets. »

La mise en place de la TGC à taux pleins (entraînant la disparition des taxes à l’importation TP, TBI, TGI) confère en effet des avantages mécaniques certains et conséquents aux importateurs distributeurs et plus encore aux entreprises qui se fourniront directement à l’étrange, avec notamment des gains de compétitivité prix suite au désarmement des taxes sur les prix d’achat, des gains de trésorerie, un renforcement du pouvoir de négociation commerciale et un positionnement commercial.

Des impacts déjà mesurés et rappelés depuis 2014

Pour autant, le président de la FINC, Xavier Benoist a tenu à rappeler que les effets de la TGC étaient connus dès août 2014, date de la signature de l’agenda partagé – et présentés à de multiples reprises. « Les mesures d’accompagnement y sont clairement identifiées dans leur principe. » L’engagement initial était : « pas de TGC sans compétitivité ». Mais force est de constater que du côté des industriels, l’heure est encore – toujours – en attente de ces mesures.

La TGC avait trois objectifs : baisser les prix, maintenir de la compétitivité du secteur de la production et fabrication locale et offrir un rendement constant de l’ordre de 51 milliards. « Les équilibres initiaux ne sont pas respectés, insiste le président de la FINC, notamment pour la production locale. »

Vers un retour à une économie de comptoir ? 

À ce stade, la FINC demande donc que les mesures d’accompagnement soient votées en même temps que les textes de loi de la TGC. « Sans accompagnement de la production locale, cette réforme affaiblira de manière généralisée et souvent considérablement l’industrie de transformation au profit de l’importation. » Concrètement, les éléments qui pèsent sur les prix, la compétitivité prix, la capacité de négociation commerciale et la trésorerie des entreprises de production locale vont les mettre en difficulté si la mise en place de la TGC n’est pas accompagnée de mesures. Et le rapport d’insister : « Au-delà du taux réduit de TGC pour la production locale, dont l’effet reste limité, cette réforme en l’état va modifier le modèle de développement économique souhaité par le Territoire, pour lui faire faire un bond en arrière et favoriser le retour à une économie de comptoir. »

Une réforme en deux temps 

Si elle se prend à rêver d’un report sine die de la TGC, ainsi que le demande la CPME-NC, la FINC attend une prise de conscience collective des élus. La FINC propose que cette réforme d’envergure soit finalement cadencée en deux temps. Au 1er octobre 2018, une phase 1 avec la suppression de toutes les taxes à l’exception de la TGI, et la mise en place de deux taux de TGC (taux réduit à 3 % et taux spécifique à 6 %). Après une année d’évaluation du dispositif, la phase 2 au 1er octobre 2019 consisterait à supprimer la TGI et à mettre en place 2 taux de TGC (taux normal à 11 % et taux supérieur à 22 %). « Une solution qui permettrait de minimiser l’effet inflationniste (essentiellement liée à la difficulté d’identifier aisément dans chaque prix le niveau de TGI) et donc de faciliter le calcul de désarmement des taxes supprimées dans les prix de revient (6 % pour tous). »

Enfin, parmi ses autres propositions, la FINC travaille à la rédaction d’un Code de développement de l’industrie qui déploiera « une palette d’outils ayant pour objet de soutenir les dynamiques de l’industrie locale. »

À ce stade, les industriels refusent de baisser les bras et continuent de croire dans leurs outils de production, « source de valeur ajoutée et créateurs d’emplois pour le pays. »

Auteur

Charlotte ANTOINE-PERRON

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Rédactrice en chef

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