Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
16 Déc. 2016

L'apiculture calédonienne, un exemple de progression à deux chiffres

L'apiculture calédonienne, un exemple de progression à deux chiffres
@ 2016 Charlotte Antoine

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Développement durable
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Secteur agricole, l'apiculture a pris un essor considérable ces dernières années. Les dernières études de 2008 et 2011, notamment de la Davar, fournissent quelques données chiffrées démontrant une activité en pleine expansion.

En 2008, le rucher calédonien regroupait 5 530 colonies installées à plus de 60 % en province Sud. La politique publique agricole provinciale (PPAP) 2025 de la province Sud a décidé de mettre les pluriactivités à l'honneur en appuyant les projets susceptibles de compléter les sources de revenus des exploitants agricoles. Ces soutiens financiers et techniques permettent ainsi à la population agricole de pouvoir mieux vivre de ses activités. Cette politique se veut aussi un moyen de freiner l'exode des populations vers les zones urbaines et d’inverser la courbe des abandons des exploitations agricoles.

L'apiculture est un bel exemple d'activité complémentaire. Les exploitants la déclarent à plus de 85 % comme une source de revenus d’appoint contre 5 % environ pour qui l’apiculture représente les trois quarts ou plus de leurs revenus. Ces apiculteurs ont en général plus de 100 ruches. On note par ailleurs que 88 % des exploitations apicoles sont des exploitations individuelles et que la moyenne d’âge de l’apiculteur ou de l’apicultrice tourne autour de 50 ans. Par contre, seuls 20 % des exploitants apicoles sont des femmes.

45 projets agréés

La production de miel entre 2005 et 2015 a quasiment doublé pour arriver cette année aux alentours de 118 tonnes pour un chiffre d’affaires avoisinant les 160 millions de francs. Elle occupe une main-d’œuvre équivalant à 36 emplois à plein temps.

La grande majorité des exploitations apicoles sont jeunes, et seules 33 % d’entre elles existent depuis 10 ans ou plus. Depuis quelques années, de nombreux projets voient le jour et prouvent la dynamique de la filière. Pour exemple, en 2008, 29 projets apicoles ont été agréés en province Sud (aides en nature, aides financières à l’investissement, micro-entreprises, extension, diversification...), 16 en province Nord et 9 demandes d’aides ont été faites entre 2007 et 2008 à la province des Îles dont 4 ont abouti fin 2008. Ce sont donc plusieurs dizaines d’exploitations apicoles nouvelles qui s’installent dans le paysage économique du territoire et qui vont alimenter les étals des marchés, petits ou grands magasins.

Le Calédonien consomme 500 grammes de miel par an

La consommation de miel en Nouvelle-Calédonie est proche de celle de la métropole (500 gr par an) mais loin de la gourmande Allemagne (1,2 kg annuel consommé par habitant). Le miel est un produit naturel et sain qui devrait prendre une place plus prépondérante chez les consommateurs calédoniens. Encore faut-il qu’il soit mieux informé de ses bienfaits pour la santé, du pouvoir sucrant supérieur et bien meilleur que le sucre blanc et que l’on peut même utiliser en cosmétique ou en massage détoxifiant.

Si la grande majorité des apiculteurs ne commercialisent que le miel, certains ces dernières années ont mis à l’étal le pollen ou répondent par la vente d’essaims à l’engouement des consommateurs à posséder leur ruche à la maison. Mais rares sont les exploitants qui développent toute la gamme des produits de la ruche. Il reste bon nombre de débouchés à travailler économiquement : accéder à l’autosuffisance dans les différents produits issus de la ruche, développer des liens plus étroits avec les agriculteurs en leur proposant des contrats de pollinisation comme pratiqués depuis très longtemps de par le monde pour augmenter les quantités et la qualité des produits agricoles, développer la pratique de l’apithérapie, médecine « verte » qui peut aider à soigner, à moindres frais, les bobos du quotidien.

L’autosuffisance visée

Indéniablement, l’apiculture calédonienne a su se développer pour répondre à la demande grandissante de consommateurs avides de produits locaux sains et de qualité. Mais il lui reste encore de grands défis à relever. Le développement des derniers projets, s’ils se pérennisent, devrait permettre d’atteindre l’auto suffisance en miel sur le territoire. Des niches, plus complexes et plus techniques, restent cependant à travailler pour offrir aux consommateurs l’éventail le plus large des produits sains et naturels de la ruche (le miel, le pollen, la propolis, la gelée royale, le venin, etc.).

Le SANC, un outil professionnel pour défendre la filière apicole

Le 22 octobre dernier, est né le Syndicat des apiculteurs de Nouvelle-Calédonie (SANC).

Structure syndicale professionnelle se veut aussi être l’interlocuteur pour la filière apicole auprès des organismes officiels en réponse à leurs vœux. Sa vocation est de représenter la filière en tant que professionnel et de servir de catalyseur pour développer et défendre les intérêts de ses membres - qu’ils soient professionnels, petits producteurs ou très petits producteurs, pluriactifs ou non - et du monde de l’apiculture.

A ce titre, ses missions sont multiples :

  • défendre les intérêts économiques de la filière apicole
  • Rassembler, représenter les apiculteurs et développer la communication entre les différents intervenants dans la filière
  •  Organiser des formations pour de nouveaux apiculteurs et les aider à s’installer
  • Promouvoir les produits de la ruche et défendre leur qualité
  • Sensibiliser les professionnels, les institutions et le grand public sur le rôle important de l’abeille
  • Protéger les abeilles et les pollinisateurs.

Contacts : 777 997 ou 97 22 33

Bee Happy… à bord d’Aircalin

Sylvie Aucordier entame sa 6e saison apicole. Ancienne chef d’entreprise, elle opère en 2010 un virage professionnel complet et change de vie. L’opportunité de racheter un cheptel de 24 colonies d’abeilles marque le début de sa nouvelle activité nommée « Bee Happy ».

« J’ai listé mes besoins en investissements immobiliers et mobiliers, zones de travail et de stockage, atelier de préparation, de réparation et d’entretien des matériels, un laboratoire pour extraire dans les normes sanitaires européennes et préparer les différents produits à la vente, etc., raconte Sylvie Aucordier. La formation m’a paru aussi un élément prépondérant pour réussir à conduire mes ruchers de la manière la plus adaptée au territoire mais aussi selon mes principes éthiques (respect de la priorité des besoins de l’abeille avant l’humain, travail au plus proche du bio, volonté de travailler plutôt sur des crus que sur des mélanges de miels…). J’ai débuté par un micro-projet aidé par la province Sud et chaque année j’ai continué à investir. J’ai aussi adopté le principe du dimensionnement de certains de mes investissements mobiliers ou immobiliers dans l’optique de proposer une mutualisation des moyens (laboratoire par exemple pour une prestation d’extraction). »

Durant cinq ans, elle ne cesse d’investir dans son activité pour la structurer et lui permettre d’atteindre un seuil de rentabilité tout en continuant à se former pour toujours plus de professionnalisme et à développer son cheptel, ses produits et ses marchés de niche.

Agent sanitaire apicole depuis quelques mois, Sylvie Aucordier continue en parallèle depuis 3 ans des formations en apithérapie, « une passion qui fait des produits de la ruche une pharmacopée verte qui peut aider ma famille à mieux se porter ».

Hyper active, elle a toujours des projets sur le feu, des week-ends de formation sur la conduite d’une ruche pour les particuliers ou la découverte des produits de la ruche et leurs bienfaits, la création d’un syndicat pour y réunir tous les apiculteurs et porter leurs idées et besoins au-devant des institutions. Elle pense même à l’export…

Une rencontre fortuite avec le directeur général de la compagnie aérienne locale, une envie commune de valoriser le savoir-faire calédonien… Depuis quelques mois, le miel de Bee Happy, conditionné en pot de 30 g, est servi sur les plateaux de petit-déjeuner de la classe business d’Aircalin. Une belle vitrine pour les produits locaux.

Le nombre de ruches a plus que triplé

Selon le rapport d’activité de la DAVAR de 2012, « l’apiculture connaît un essor remarquable, le nombre de ruches ayant plus que triplé depuis le dernier recensement. Ce développement notable concerne les trois provinces et tout particulièrement la province Sud où le cheptel apicole a quadruplé. A elles seules, les communes de Bourail, Dumbéa et Païta concentrent un quart des ruches calédoniennes. (…) En Province nord, l’apiculture est une source de revenu pour de nombreux producteurs, 70% d’entre eux vendant tout ou partie du miel produit. Encore modeste, le rucher loyaltien a toutefois triplé avec 350 ruches contre 137 en 2002. Plus de la moitié des ruches se trouvent à Maré. »

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Rédaction Made In

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L'équipe de rédaction Made In est composée d'intervenants ponctuels mais aussi de journalistes présents depuis plusieurs années. Ces derniers ont d'ailleurs leur propres signatures sur les articles qu'ils rédigent.

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