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Publié le
06 Avr. 2012

Photovoltaïque nouvelle génération au dispensaire de Tiga

Photovoltaïque  nouvelle génération  au dispensaire de Tiga

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Du Nord aux Îles
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Bien connu en Europe, le système d’énergie solaire hybride arrive doucement en Nouvelle-Calédonie. Fin 2011, la Province des Îles a fait appel à la société Ambi Energy pour équiper le dispensaire de Tiga. Sur place, c’est une petite révolution…

Quand la Province des Îles se tourne vers Ambi Energy, c’est à une situation d’urgence qu’elle doit faire face. L’île n’est pas raccordée au réseau public d’électricité, et le dispensaire en particulier rencontre une problématique énergétique d’importance. « Le bâtiment principal et les deux habitations de fonction étaient exclusivement alimentés par deux groupes électrogènes, explique Jean-Jacques Haeweng, directeur de l’aménagement et de l’équipement de la Province. Une configuration qui engendrait une grande consommation de gasoil et qui, surtout, rendait le dispensaire tributaire de l’acheminement du carburant en provenance de Lifou. Le bateau vient en principe une fois par mois, mais il est arrivé de devoir attendre sans courant durant plusieurs jours ». Un problème de taille pour les appareils médicaux, la conservation des médicaments, ou encore pour l’apport en eau. Sollicitée, Ambi Energy leur propose alors une alternative intéressante et novatrice : le solaire hybride triphasé. Un procédé de dernière génération, particulièrement adapté aux sites isolés.  

Innovation 

Depuis sa création en 2007, Ambi Energy a réalisé plusieurs chantiers d’envergure. On lui doit notamment les premiers équipements tout en solaire sur terrains sportifs (Vavouto et bientôt Canala) ou encore les éclairages de voiries hybrides du campus de Nouville. Aujourd’hui, avec le solaire hybride, elle ajoute une nouvelle corde à son arc. « Le concept vient élargir de manière significative l’éventail de possibilités offert par le solaire, commente Boualem Benkoussa, le gérant de la société. Grâce à un fonctionnement en réseau, nous parvenons maintenant à délivrer directement du courant en 230 volts dans plusieurs bâtiments, à l’image d’un réseau standard d’électricité. Tous bénéficient d’un régime commun en énergie grâce à un onduleur central qui gère de manière intelligente l’intégralité des besoins et des apports énergétiques. » À Tiga, plus besoin donc de rééquilibrer constamment l’énergie entre le dispensaire et les habitations. L’ensemble de la production provient des 23 panneaux solaires installés sur le toit du dispensaire, et il est réparti instantanément dans les trois bâtiments. Autre atout majeur : « l’utilisation de 100 % de la production sans aucune perte, contrairement à une installation solaire classique ». Au top de la modernité, le système offre également un faible coût de maintenance. « Nous pouvons gérer le système photovoltaïque à distance par Internet. On sait exactement le montant de la production et de la consommation, et nous pouvons intervenir sur la programmation des onduleurs ». 

Flexibilité 

Mais c’est surtout grâce à sa grande flexibilité que le solaire hybride est intéressant pour les sites isolés. « Le réseau peut être étendu à l’infini, souligne Boualem Benkoussa. Au Mali, 800 maisons ont été équipées de la sorte, toutes fonctionnant sur un réseau centralisé et partagé ». Par ailleurs si la consommation venait à augmenter dans le temps, le régime ne serait pas en reste. « On peut coupler à l’installation initiale d’autres sources énergétiques : une éolienne, une turbine hydro-électrique, voire un raccordement au réseau public ». Ainsi, à Tiga, les groupes électrogènes sont conservés en bon état. La Province des Îles, qui a financé le projet avec le concours de l’État, est satisfaite. Elle pourrait bien étendre le système ailleurs. « Même si l’investissement de départ est conséquent, comme toujours avec le solaire, c’est vite rentabilisé », conclut Jean-Jacques Haeweng. Une réflexion qui mériterait toute l’attention du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie qui peine encore, selon les acteurs du renouvelable, à soutenir la filière. En tout cas, aujourd’hui c’est un « vrai bonheur » au dispensaire, lance M. Walles, le responsable. « Plus besoin de contrôler sans cesse les cuves, sans parler de la pollution sonore des groupes, on est enfin tranquilles ! »

Celia Delors 

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Rédaction Made In

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