Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
05 Avr. 2012

Accord économique et social : l’échéance approche

Accord économique  et social :  l’échéance approche

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Économie - Social
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La vaste réforme de l’économie calédonienne doit prendre son envol vers la fin du mois de mai avec la signature de l’accord économique et social au Congrès. Le calendrier est serré mais l’Intersyndicale contre la vie chère reste déterminée.

Voilà maintenant six mois que les membres de la commission spéciale du Congrès passent en revue les 33 mesures établies dans le préambule contre la vie chère dans le but d’améliorer le pouvoir d’achat des Calédoniens et de réduire les inégalités sur le territoire. Fiscalité, pratiques commerciales, emploi, salaires, tarifs des logements, des transports ou de l’énergie … les propositions et les projets sont balayés chaque semaine par les membres de l’Intersyndicale contre la vie chère, les représentants du Congrès et du Gouvernement. « Le travail est titanesque, indique Didier Guenant-Jeanson, secrétaire général de l’Usoenc, membre de l’Intersyndicale. Jamais une telle réforme n’avait été entreprise sur le territoire. Chaque problématique doit être remise à plat, analysée, expertisée, discutée, c’est vraiment du jamais vu. » Malgré un retard certain, « dû aux différents reports réclamés par les élus », le calendrier est cette fois bel et bien fixé indique le leader syndical. « De toute façon, nous n’accepterons pas de nouvelles échéances. Si l’accord n’est pas finalisé en mai, nous serons obligés de réinvestir le terrain. » Près d’un an après les manifestations de Nouméa, de Koné et de Lifou, l’Intersyndicale reste néanmoins confiante sur le chemin qu’il reste à parcourir.  

Complexité 

Élus et syndicalistes doivent être présents sur tous les fronts. Après la mise en œuvre de la loi sur l’emploi local, les discussions sont engagées sur la dernière phase de revalorisation des salaires. Les autres recommandations du préambule sont toutes discutées et les problématiques relevées par les syndicats « désormais appuyées par des expertises ». Des terrains d’entente auraient notamment été trouvés en matière de fiscalité. « Nous avons bien avancé sur le dossier des pratiques commerciales avec la venue de la Haute Autorité de la concurrence. Nous sommes également en bonne voie sur la mise en place d’une taxe sur les plus-values immobilières et financières et la redevance minière sur lesquelles il n’y plus de contestation, en tout cas sur le fond », indique le leader syndical. En revanche, il resterait encore beaucoup à dire et à faire sur d’autres sujets comme la « relance » du logement social souhaitée par l’Intersyndicale ou encore sur la fiscalité indirecte. Ici les syndicats restent « farouchement opposés à la TGA telle qu’elle a été arrêtée par le Congrès avec un taux unique et le maintien de la TGI ». Un point sensible sur lequel il faudra absolument s’entendre, et rapidement. Au final en effet, aucune nouvelle mesure n’a été arrêtée de manière ferme et définitive et le temps presse. 

Consensus 

Si l’Intersyndicale se dit toujours aussi « forte et déterminée » avec le maintien de six des sept syndicats représentatifs du territoire dans les discussions, il semble que l’exercice pose néanmoins certaines difficultés. Selon le secrétaire général de l’Usoenc, tous les élus ne sont pas mobilisés sur le sujet. « On sent bien que nous les avons contraints au départ à s’engager sur une telle réforme. Ils sont plus enclins à s’occuper de la sortie des accords, mais il faut bien qu’ils se disent que cette sortie ne pourra pas se passer correctement si le pays continue de produire autant d’inégalités. En plus, ils ont beaucoup de mal à dépasser leurs querelles politiciennes ce qui nous complique la vie. Il est important que nous prenions tous un peu de hauteur. » Un tel changement demande selon le syndicaliste la mobilisation de tous dans un seul et même objectif. Mais quid de la participation des provinces et des entreprises dans les discussions ? « La commission spéciale est déjà formée, il n’est donc pas question d’intégrer de nouveaux membres. Mais nous avons déjà fait appel aux collectivités et elles sont de toute façon représentées par leurs élus. En ce qui concerne les patrons, nous serons bien sûr amenés à les consulter. Reste à trouver sous quelle forme et à quel moment ». Quoi qu’il en soit, les travaux vont se poursuivre à priori jusqu'à fin mai. Si l’accord économique et social est signé, certaines mesures pourront entrer en vigueur dans la foulée, d’autres nécessiteront évidemment un calendrier. 

la FINC a demandé à participer aux discussions, étant entendu qu’engager des accords économiques et sociaux sans les représentants des entreprises, ce peut être dangereux et peu crédible. De plus, le timing ne paraît pas envisageable, l’Autorité de la concurrence devant rendre ses travaux après fin mai 2012. 

Celia Delors

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Rédaction Made In

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L'équipe de rédaction Made In est composée d'intervenants ponctuels mais aussi de journalistes présents depuis plusieurs années. Ces derniers ont d'ailleurs leur propres signatures sur les articles qu'ils rédigent.

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