Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
Publié le
05 Avr. 2012

ADIE, Un moteur de créativité

ADIE, Un moteur de créativité

Paru dans :

Dans la rubrique
Économie - Social
Nombre de vues
3849

Voilà dix ans maintenant que l’Adie existe en Nouvelle-Calédonie. Dix ans que l’Association pour le droit à l’initiative économique fait en sorte de soutenir les petits porteurs de projet  du territoire. Une implication qui ne demande qu’à grandir encore. 

Formation, moyens financiers, connaissances en gestion… ce type de lacunes freine nombre de Calédoniens dans la mise en œuvre de leurs idées d’initiatives économiques. Si la technique ne pose généralement pas de problème, l’administratif, le juridique et le financier, eux, ont de quoi effrayer un novice. Reste que de l’aide peut lui être fournie, notamment s’il va pousser la porte de l’Adie. « L’Adie s’est implantée en Nouvelle-Calédonie voilà une dizaine d’années à la demande des provinces, explique Guillaume Bernardeau, le responsable accompagnement au sein de l’association. L’objectif était de compléter les dispositifs de subvention de la micro-entreprise qui existaient déjà », et ainsi de permettre à ceux qui n’avaient ni accord de la banque, ni apport personnel, de compléter le financement de leur projet. Trois personnes forment l’équipe d’origine, un trio qui s’étoffe au fil du temps pour atteindre aujourd’hui un groupe de dix-sept personnes salariées et quinze bénévoles ! « Désormais, nous sommes présents sur l’ensemble du territoire avec des bureaux dans les trois provinces, mais aussi à Wallis-et-Futuna. » 

Un parcours balisé

Quelques chiffres suite à l’étude d’impact de l’Adie NC en 2011

  • Pérennité globale : 69 % des créateurs financés sont encore en activité ;
  • taux d’insertion : 92 % des personnes financées ont aujourd’hui un emploi ; 
  • emplois créés : le financement d’un client génère en moyenne 2,39 emplois, dont 1,03 emploi officiel ; 
  • officialisation : 86 % des clients toujours en activité sont inscrits au registre du commerce et 90 % sont des entreprises individuelles ; 
  • prêt bancaire : 9 % des clients obtiennent un prêt professionnel suite au financement de l’Adie ;
  • créateurs qui ont cessé leur activité : 22 mois est la durée de vie moyenne de l’activité et 74 % des créateurs non pérennes sont aujourd’hui insérés.

Parmi les fondements de l’Adie se trouve donc le microcrédit, un prêt d’argent dans des proportions certes réduites en comparaison d’un établissement bancaire, mais suffisantes pour lancer des petites structures économiques. « Les critères pour prétendre à l’aide de l’Adie sont simples, résume Guillaume Bernardeau. Il faut venir avec un projet économique et ne pas avoir accès aux crédits bancaires. » Une première étape permet de présenter la structure et les possibilités qu’elle offre, un accueil général en somme. Une occasion également de clarifier, aux yeux du prétendant à la création d’entreprise, à quel point sa vie va changer, plus encore s’il était auparavant salarié. Obligations, déclarations, factures, impôts… autant d’impératifs qu’il est nécessaire de mesurer avant de se lancer dans l’aventure. Suit un rendez-vous d’instruction ou de pré-instruction. « L’idée est de voir si le projet est mûr, s’il a besoin d’être consolidé, parfois même redéfini. » Lorsque l’objectif s’affiche, clair et réaliste, le dossier est soumis à l’analyse du comité de crédit, décideur final et maître des cordons de la bourse Adie. 

Selon les besoins du porteur de projet, les crédits accordés peuvent débuter à 50 000 francs et grimper jusqu’à 1,2 million de francs. Des sommes qui demeurent faibles et que le débiteur se doit de rembourser dans un délai maximum de 24 mois s’il emprunte jusqu’à 700 000 francs et de 48 mois lorsque le microcrédit dépasse cette somme. 

Prêter, accompagner

Appel à bénévoles

Pour développer son impact et son travail de proximité sans pour autant augmenter ses coûts d’approche, l’Adie a besoin de bénévoles. Ils assurent la mise en place du parcours d’accompagnement, reviennent régulièrement sur les besoins diagnostiqués. Ils animent également les modules de formation collective. Nul besoin de compétence particulière si ce n’est une certaine familiarité avec l’outil informatique et l’envie de partager ce que l’on connaît. Contact et
renseignements : 05 05 55 ou www.adie.org.

Loin des objectifs financiers des établissements bancaires, l’Adie vise avant tout un taux d’insertion maximal dans le monde du travail, et ce, de manière pérenne. Et pour y parvenir, elle prête certes de l’argent, mais accompagne aussi les porteurs de projet dans leur démarche de création d’entreprise. « Ils sont suivis afin de leur apporter un appui en matière de pilotage de projet, précise Guillaume Bernardeau. Ils peuvent avoir besoin de monter en compétences sur l’aspect administratif par exemple ou en matière de gestion. »  Quels investissements ? Quelles priorités ? Quelle stratégie commerciale pour rechercher des clients ? Des aspects de la vie d’une structure économique que les bénéficiaires de l’association apprennent en session d’information collective. Puis, individuellement, leur parcours spécifique donne lieu à un diagnostic régulier et à un suivi de leur progression. Ainsi, prêteur et débiteur vérifient ensemble que les objectifs fixés sont atteints et, s’ils ne le sont pas, identifient les problèmes pour en trouver les solutions. « Si le projet ne fonctionne pas, le porteur de projet est en situation d’impayé, on crée de la dette et ce n’est évidemment pas le but de notre démarche ! » 

Depuis sa création en Nouvelle-Calédonie, l’Adie a accordé 4 320 microcrédits et financé 3 500 entreprises pour un montant de 2,5 milliards de francs. Des résultats plus qu’honorables, mais que l’association souhaiterait développer encore, notamment en milieu urbain. « On estime à 10 000 le potentiel local de gens que l’on pourrait aider. Mais il nous faut les identifier, plus particulièrement en ville. En brousse et sur les îles, notre taux de pénétration est bon. » Service à la personne, secteur primaire, entretien d’espaces verts, petits commerces, BTP… autant de domaines actuellement porteurs dans lesquels la structure apporte aide et contribution à des Calédoniens en mal d’accès aux crédits bancaires. Certes dans la limite de 1,2 million de francs, mais avec l’ambition de les laisser, en fin de remboursement, en capacité d’avancer seuls et de pouvoir, si nécessaire, en appeler à un établissement bancaire pour tout nouveau besoin.

L’Adie France, plus de 20 ans d’existence

Créée en 1989 en Métropole par Maria Nowak, économiste de l’AFD (Agence française de développement), l’Adie avait alors pour vocation de reprendre l’idée mise en œuvre au Bangladesh par Mohammed Yunus : donner accès au microcrédit pour sortir de la précarité. Chômeurs de longue durée et bénéficiaires de minima sociaux ont alors une chance de sortir de leur situation d’exclusion en devenant créateurs d’entreprise. La cible s’est élargie, au fil du temps, à des populations précaires, gens du voyage, personnes d’origine étrangère, individus en marge de la société…

Des produits adaptés

Pour être au plus près des besoins et des moyens des porteurs de projet, l’Adie adapte les propositions financières. Sur l’ensemble de son crédit, un jeune se verra par exemple prêter la moitié de son argent à taux zéro et l’autre moitié au taux pratiqué normalement par l’Adie, plus élevé qu’une banque et beaucoup moins qu’un organisme de crédit. Un autre entrepreneur, dont les besoins financiers dépassent 700 000 francs, verra le reste du crédit couvert par un prêt d’honneur. En somme, jamais un porteur de projet n’empruntera 1,2 million de francs à taux plein.  

Jeu de cartes : Un exemple d’outil pédagogique

Avec l’aide du Rotary Club, l’Adie a créé un jeu de cartes afin de faciliter l’apprentissage de la gestion d’un budget. Alimentation, crédit, charges, bingo, coutume, essence… chaque poste de dépense est représenté sur de grandes cartes, à la fois visuelles et didactiques. Des billets sont eux aussi figurés sur des rectangles de papier afin de mimer et de sentir entrées et sorties de trésorerie. 

Anne-Claire Lévêque

Auteur

Rédaction Made In

Rédaction Made In

L'équipe de rédaction Made In est composée d'intervenants ponctuels mais aussi de journalistes présents depuis plusieurs années. Ces derniers ont d'ailleurs leur propres signatures sur les articles qu'ils rédigent.

Paru dans :

Dans la rubrique
Économie - Social
Nombre de vues
3849

 Pour suivre l'actualité, abonnez-vous à notre lettre d'information.

MADE IN

Journal économique de Nouvelle-Calédonie

Bureaux

Immeuble Oceanic
1er étage
3, rue Henri Simonin
Ducos

Courrier

MADE IN
BP 27035
Nouméa Cedex
Nouvelle-Calédonie

Contacts

Tél. : (687) 281 291
 Rédaction
 Publicité

FINC Le magazine Made In est une publication de la Fédération des Industries de Nouvelle-Caledonie -  Voir le site
 Copyright @ FINC - 2007-2018 | Conception et réalisation :  PAO Production