Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
Publié le
07 Déc. 2012

Le dialogue social est un outil pour pérenniser l’entreprise

« Si on part avec des préjugés, on ne peut pas construire un dialogue social », assure Abdenour-Moussa Aïn-Seba.
« Si on part avec des préjugés, on ne peut pas construire un dialogue social », assure Abdenour-Moussa Aïn-Seba.

Paru dans :

Dans la rubrique
Économie - Social
Nombre de vues
2977

Intervenant dans le cadre du Ve Forum du Dialogue social, Abdenour-Moussa Aïn-Seba est membre du bureau national du Centre des jeunes dirigeants.

Made In : Quelle est votre définition du dialogue social ?
Abdenour-Moussa Aïn-Seba : Dans l’entreprise, c’est un outil qui permet de partager une vision et de se mettre d’accord sur les moyens à mettre en place pour y parvenir, entre les parties prenantes que sont le patronat et la communauté des travailleurs. Chacun a donc un rôle bien défini basé sur l’écoute. Edgar Morin disait que « L’écoute, c’est ne pas savoir ce que l’on va dire tant que l’autre n’a pas fini de parler. » C’est-à-dire que si on part avec des préjugés, on ne peut pas construire un dialogue social. Moi patron, je n’ai pas à me mettre à la place de mes collaborateurs, au risque de transgresser les règles. Ce que je demande à mes collaborateurs, c’est qu’ils m’apportent leur vision et non qu’ils m’expliquent ma vision. Ensuite, le débat pourra être totalement ouvert. On pourra aborder les questions d’aménagement du temps de travail, des horaires, de primes, d’organisation de travail, de santé, de sécurité, mais aussi des séniors, des jeunes, des femmes dans l’entreprise, l’apprentissage, etc. Le dialogue social, c’est un outil qui permet d’aborder différents sujets au gré des demandes des collaborateurs et de la préoccupation du chef d’entreprise.

Lors de votre intervention, vous avez insisté sur la nécessité de partager cette vision de l’entreprise entre patron et salarié…
A.-M. A.-S. : Tout seul on ne fait rien. En fondant une entreprise, on a forcément l’envie de partager l’aventure… sinon, on ne crée pas d’entreprise. Ma vision de l’entreprise, c’est l’équipe. Avec en ligne de mire la pérennité de l’outil qui produit de la valeur ajoutée. Dans la société capitaliste qui est la nôtre, le seul moyen de créer de la valeur ajoutée, c’est en ayant de l’activité professionnelle, des emplois, du travail, de la production de richesses. L’enjeu est d’avoir un patron qui a une vision d’entreprise et des moyens pour y parvenir et des collaborateurs qui ont une vision différente de la façon d’y arriver. C’est cette complémentarité qui permet de construire ensemble le chemin…

Vous êtes donc dans une logique de « co-construction » ?
A.-M. A.-S. : Effectivement. Et il est impératif d’avoir une logique d’intérêt général. Nous devons avoir la notion de citoyenneté de l’entreprise. Chacun, qu’il soit patron ou salarié, a le souhait d’être reconnu par sa direction et ses collaborateurs (c’est l’intérêt personnel), mais chacun doit aussi avoir conscience de la responsabilité qu’il a en tant qu’individu vis-à-vis du groupe. Être citoyen de l’entreprise revient à dire qu’au-dessus de l’individu, il y a la communauté. L’intérêt général, c’est la pérennité et le développement de l’entreprise. À la condition, bien évidemment, que cette entreprise soit elle-même citoyenne.

Pour vous, l’une des responsabilités du patron est d’améliorer l’employabilité du salarié…
A.-M. A.-S. : Absolument. C’est en améliorant cette employabilité que l’on va créer davantage de valeur ajoutée pour l’entreprise. On peut le faire par humanisme, ou par intérêt. Et ce d’autant plus si la performance de mon collaborateur permet d’accroître la performance de l’entreprise. Je fais grandir l’entreprise si je fais grandir mes collaborateurs, car j’augmente la capacité de production, l’intelligence de l’entreprise, etc. Encore une fois, nous sommes plus intelligents à plusieurs que tout seul. Les hommes, c’est la richesse d’une entreprise.

Propos recueillis par Charlotte Antoine

Info +

Le Ve Forum du dialogue social était l’occasion de présenter la Déclaration commune des auditeurs pour une réforme des Institutions représentatives du personnel (IRP). Dans les grandes lignes de la réforme, on note la création de :

  • Un CDE (Conseil de l’entreprise) pour les entreprises de plus de 10 salariés
  • Un C2SE (Comité Santé, sécurité environnement) à partir de 50 salariés
  • Un aménagement conventionnel du dispositif pour les entreprises de plus de 300 salariés
  • Une structure paritaire à créer en externe pour les entreprises de moins de 10 salariés pour accompagner les entreprises et les salariés de ces entreprises.

Jeunes dirigeants

Le CJD est un mouvement de jeunes dirigeants, représentatifs du tissu économique et qui défendent l'idée d'un libéralisme responsable. Ce mouvement patronal est né en 1938. Il rassemble plus de 3 500 chefs d'entreprise et cadres dirigeants. Son ambition est de promouvoir des idées nouvelles pour rendre l'entreprise à la fois plus compétitive et plus humaine, et accompagner dans sa mission tout jeune dirigeant soucieux d'améliorer sa performance et celle de son entreprise. Le CJD est représentatif des entreprises françaises, en termes de secteurs d'activité et de taille.

Auteur

Rédaction Made In

Rédaction Made In

L'équipe de rédaction Made In est composée d'intervenants ponctuels mais aussi de journalistes présents depuis plusieurs années. Ces derniers ont d'ailleurs leur propres signatures sur les articles qu'ils rédigent.

Paru dans :

Dans la rubrique
Économie - Social
Nombre de vues
2977

 Pour suivre l'actualité, abonnez-vous à notre lettre d'information.

MADE IN

Journal économique de Nouvelle-Calédonie

Bureaux

Immeuble Oceanic
1er étage
3, rue Henri Simonin
Ducos

Courrier

MADE IN
BP 27035
Nouméa Cedex
Nouvelle-Calédonie

Contacts

Tél. : (687) 281 291
 Rédaction
 Publicité

FINC Le magazine Made In est une publication de la Fédération des Industries de Nouvelle-Caledonie -  Voir le site
 Copyright @ FINC - 2007-2018 | Conception et réalisation :  PAO Production