Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
12 Aoû. 2013

Médipôle : M -30 avant ouverture

Médipôle : M -30 avant ouverture
Photos : Groupe Vinci

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Économie - Social
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Initié en 2004, le projet du Médipôle est aujourd’hui lancé à plein régime. Sa livraison est prévue pour le début 2016. Hors projets miniers, il est l’un des plus vastes chantiers, alliant technicité de pointe et technologie nouvelle. Point d’étape avec Philippe Dunoyer, membre du gouvernement en charge du suivi de la construction du nouvel hôpital, et Jean-Marc Ciquera, directeur de projet de KMC (Koutio Médipôle Construction).

Le CHT Gaston-Bourret est ancien, pour ne pas dire « dépassé ». Une partie de ses installations est obsolète, et ses locaux, devenus vétustes, ne sont plus adaptés aux techniques médicales et hospitalières d’aujourd’hui. Décision a donc été prise en 2004, sous le gouvernement de Marie-Noëlle Thémereau, de construire un pôle sanitaire moderne, d’une surface totale de 90 000 m2, sur un seul et même site à Koutio. Un pôle unique qui permettra d’optimiser et augmenter les synergies entre les services de l’hôpital. Le projet comprend, outre le nouveau centre hospitalier, l’Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie, un centre de radiothérapie, un centre de soins de suite et de rééducation fonctionnelle, ainsi qu’un logipôle ayant vocation à servir également les autres hôpitaux que sont le CHS (Centre hospitalier spécialisé Albert-Bousquet) et le CHN (Centre hospitalier du Nord).

49,720 milliards

Maître d’ouvrage du Médipôle, la Nouvelle-Calédonie a inscrit à son budget la somme de 49,720 milliards de francs en autorisation de programme. L’Agence sanitaire et sociale contribue à ce financement pour 34,2 milliards sur emprunts et fonds propres ; le CHT intervient pour 8,7 milliards sur emprunt ;  l’État participe à hauteur de 5 milliards de francs, dans le cadre des contrats de développement ; et enfin, la Nouvelle-Calédonie a investi sur ses propres deniers à hauteur de 1,870 milliards de francs.
À l’issue de l’appel d’offres, le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a confié au groupe Vinci les travaux de réalisation du Médipôle. « Le groupe a un vrai savoir-faire dans le domaine, puisqu’il a déjà construit 200 hôpitaux du même genre », explique Jean-Marc Ciquera, directeur de projet. Vinci a donc répondu en groupement avec quatre cotraitants : Arbé est en charge de la moitié du gros œuvre, KMC (Koutio Medipôle Construction), de l’autre moitié et des corps d’état architecturaux. KLT et Axima s’occupent des lots techniques.

Emploi local

Parmi les principaux critères d’attribution, le cahier des charges imposait deux contraintes : recourir à une main-d’œuvre locale et enregistrer des retombées économiques auprès des entreprises calédoniennes. Au-delà des critères financiers, du calendrier, de la réalisation du chantier, etc., Vinci s’est engagé en matière d’emploi local. Le gouvernement suit, de manière régulière, les statistiques de l’emploi et confirme. « À ce jour, sur le gros œuvre par exemple, l’entreprise affiche un taux de 93 % de main-d’œuvre locale, alors même que l’engagement final portait sur 64 % », précisent en effet Philippe Dunoyer et Jean-Marc Ciquera. Pour les corps d’état architecturaux, ce chiffre devrait tourner autour de 85 à 90 %, « ce qui est très correct, compte tenu des spécificités de la construction. »

Plus de 1 000 heures de formation

Pour asseoir l’emploi localement, l’entreprise et le gouvernement se sont entendus pour monter un centre de formation avec l’AF-BTP à Ducos en novembre 2011. Ce centre a proposé, dans un premier temps, deux types de formations spécifiques au Médipôle, centrées autour du gros œuvre.  « Nous avons eu, d’une part, une formation en perfectionnement - pour les personnes qui avaient déjà travaillé dans le BTP - et adaptée aux contraintes d’une construction hospitalière, explique le directeur de projet, et d’autre part, une formation de base de 4 à 6 mois, pour les personnes à la recherche d’un emploi. » À ce jour, le centre comptabilise plus de 1 000 heures, toutes formations confondues, et la majorité des formés ont rejoint les rangs des entités du Médipôle. « C’était notre engagement que de les embaucher », insiste Jean-Marc Ciquera.
D’autres formations ont suivi, et notamment pour répondre aux demandes du chantier en corps d’état architecturaux. « Chaque mois, depuis novembre 2011, nous nous retrouvons avec Philippe Dunoyer pour préparer, orienter, organiser les formations nécessaires au Médipôle. » De fait, seules les activités spécifiques touchant aux process médicaux et demandant un savoir-faire particulier devraient être confiées à des techniciens métropolitains. « Dès qu’il y a la compétence sur le Territoire, nous n’avons aucune raison d’aller chercher la main-d’œuvre à l’extérieur, d’autant que c’est souvent plus cher, plus compliqué à organiser et à gérer. »
En ce qui concerne les retombées économiques pour les entreprises, l’idée est la même. « L’entreprise fait au mieux des intérêts du maître d’ouvrage et des siens. Il n’est pas forcément évident qu’il soit plus intéressant pour Vinci d’aller chercher des entreprises à l’extérieur, au contraire », insiste Philippe Dunoyer. La FINC veut y croire, malgré le gros couac concernant les menuiseries aluminium…

Charlotte Antoine

Trois questions à…Jean-Marc Ciquera 

« Beaucoup de savoir-faire, mais qu’on ne connaît pas toujours »

Quels sont les critères sur lesquels repose votre choix de travailler avec une entreprise calédonienne ?
Jean-Marc Ciquera : Les trois éléments pour choisir une entreprise calédonienne : la compétence, les moyens et le prix. Si j’ai ces trois éléments ici, je n’ai aucune raison d’aller chercher du personnel hors de Calédonie, cela n’aurait aucun intérêt.
Par contre, s’il manque un de ses trois éléments, cela pose souci. J’ai signé un marché avec un maître d’ouvrage âprement négocié, qu’il faut que je respecte au risque d’en subir les conséquences. Je n’ai pas d’autre alternative que de faire respecter ces trois critères. Dès lors que cela est possible, nous travaillons en priorité avec les entreprises calédoniennes.

Justement, les entreprises locales vous sollicitent-elles ?
J.-M. C. : Nous avons organisé une réunion de présentation du Médipôle en juillet 2012 à la CCI. Elle n’a pas été perçue comme je le pensais. Notre idée était qu’à l’issue de cette réunion précisant quels étaient les métiers dont nous avions besoin, nous aurions des retours des entreprises. En fait, à la suite de cette réunion, je n’ai reçu qu’un seul appel. La démarche commerciale en métropole n’est clairement pas la même qu’en Calédonie. Pour une même opération en France, je suis sollicité 20 fois par jour. Ici, ce n’est pas le cas du tout. Ce serait plutôt à nous de nous rapprocher des entreprises. Certes, il faut nous adapter ; malheureusement, le temps manque… Il est clair que l’idéal aurait été que nous rencontrions les entreprises en 2011, nous aurions eu alors l’occasion de monter le projet en commun. Quand on visite la zone de Ducos, on découvre beaucoup d’entreprises, de compétences, de savoir-faire, mais… on ne le sait pas.

Aujourd’hui, de quoi avez-vous besoin ?
J.-M. C. : Je ne peux pas prendre de patentés, c’est trop compliqué à gérer ; il faut que les entreprises soient structurées, vu les volumes à réaliser. Je cherche par exemple des partenaires locaux pour monter des parpaings, les cloisons, des plâtriers… Mais, encore une fois, ces entreprises doivent respecter nos critères de compétence, de moyens, mais aussi de prix. Si, ensemble, on fait un pas vers l’autre, il n’y a pas de raison de ne pas y arriver. C’est une grosse opération, qui doit être profitable aux Calédoniens, et elle ne pourra pas se faire avec seulement des métropolitains, c’est évident.

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