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Publié le
12 Aoû. 2013

Menuiseries aluminium : Protéger la concurrence locale

les menuisiers alu et PVC sont descendus dans la rue le 23 juillet dernier, afin de faire part de leur crainte face aux importations, aux membres du Gouvernement.
les menuisiers alu et PVC sont descendus dans la rue le 23 juillet dernier, afin de faire part de leur crainte face aux importations, aux membres du Gouvernement.

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Alors qu’un promoteur immobilier et un importateur tentaient d’accaparer le marché de la menuiserie aluminium et PVC, le secteur a réagi et demandé une protection de marché. Une démarche soutenue par le Comité du commerce extérieur. Bientôt validée par le président du Gouvernement ?

Le Médipôle a jeté un pavé dans la mare des menuiseries alu et PVC. Le secteur est concurrentiel, mais il a certainement eu le tort de ne pas faire connaître davantage son savoir-faire. De fait, c’est un industriel métropolitain qui a remporté le marché du futur hôpital calédonien. Les dents ont grincé, et pour cause ! « Les entreprises locales étaient tout à fait à même d’assurer ce chantier, même en termes de compétence technique », assure Stéphanie Fortin, secrétaire générale de la FINC. Les échanges avec Philippe Dunoyer, membre du Gouvernement en charge du dossier, et l’entreprise VINCI, maître d’ouvrage, ont permis à ce dernier de prendre la mesure des capacités des entreprises calédoniennes. Aujourd’hui, le marché est passé, les menuiseries sont arrivées, et l’industriel métropolitain s’appuie sur son antenne de Calédonie pour le montage. Pour autant, la filière ne veut pas en rester là, et cinq entreprises, pour l’instant, ont décidé de monter des dossiers de demande de protection de marché pour le secteur des menuiseries alu et PVC. Une nécessité pour un secteur concurrentiel qui compte pas moins de 22 sociétés, totalisant 400 emplois directs et quelque 1 000 emplois indirects.

Plus de 40 ans d’existence menacés

Pour expliquer ces demandes de protection, les entreprises calédoniennes du secteur estiment que la production locale est menacée à court terme au vu de la progression des importations de menuiseries alu et PVC, démontrée par les statistiques douanières. Les produits les plus importés étant, bien entendu ceux à faible coût, en provenance d’Asie, et dont la qualité laisse plus qu’à désirer… Compte tenu du dumping monétaire, social et environnemental de la Chine, ces importations pourraient bien se développer jusqu’à se substituer à la production domestique. « Depuis quarante ans, rappelle Stéphanie Fortin, les menuiseries calédoniennes répondent aux besoins du marché, et ceci grâce à d’importants investissements, mais aussi aux formations en interne des salariés. » Produits calédoniens contre produits chinois ? Un combat bien inégal qui risque fort d’atteindre un secteur, rappelons-le, concurrentiel. Importer un produit fabriqué par d’autres - et à petit prix - est rentable, et surtout sans risque. « Mais quel est l’apport pour le pays ? interroge Stéphanie Fortin. Cela crée-t-il des emplois ? Cela développe-t-il l’économie du territoire ? Certainement pas. Et la FINC continuera à se battre pour protéger cette industrie pourvoyeuse d’emplois et créatrice de richesse. »  Certes, il faut importer pour satisfaire aux besoins de consommation du pays, mais il faut maîtriser ces importations - à défaut de les équilibrer par des exportations - au risque d’accroître le déséquilibre de la balance commerciale de la Calédonie. « N’oublions pas non plus que le ralentissement conjoncturel du marché de la construction recommande que l’on ne partage pas les volumes de production avec l’importation, faute de quoi les premières victimes en seraient l’emploi, les recettes sociales et fiscales. »

Ch. A.

Le Comex en faveur du Stop

Le Comité du commerce extérieur a donc examiné la demande de protection de marché de la filière le 16 mai dernier. Composé des représentants des chambres consulaires, des importateurs, des commerçants, des consommateurs, des provinces et du gouvernement, il s’est prononcé à la majorité pour un Stop en faveur de la filière, compte-tenu des éléments qui lui ont été fourni. Ne restait au président du Gouvernement qu’à entériner la décision du Comex. Ce qu’il refuse de faire depuis sans pour autant, répondre clairement aux différentes interpellations des représentants de la filière. Ces derniers ont donc décidé d’aller manifester leur désarroi dans la rue, en demandant un rendez-vous au président.

Constat partagé

La journée du 23 juillet fut bruyante. Grâce à la compréhension et la conciliation de certains acteurs de la vie calédonienne, la filière a pu être reçue à 18 heures. Le constat a alors été fait que les données économiques remises au Gouvernement n’étaient pas le reflet de la réalité. Il a été convenu d’une réunion avec les services du Gouvernement, pour établir un constat partagé sur la situation économique et ses causes. Alors même que pour d’autres filières, il ne leur est jamais demandé de justifier économiquement le bienfait des mesures engagées à leur profit. De même les importateurs ne doivent pas justifier leurs données lors de l’instruction des dossiers de protection... La filière se pliera toutefois à cet exercice...

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