Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
10 Déc. 2013

La VAE : faire reconnaître ses compétences

La VAE : faire reconnaître ses compétences

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Économie - Social
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Différente d'une formation, la VAE (validation des acquis de l'expérience) permet à tout salarié de transformer son expérience professionnelle en diplôme et de faire ainsi reconnaître ses compétences. Pour l'entreprise, c'est notamment un outil de gestion des ressources humaines et une opportunité de valoriser le savoir-faire de son personnel.

La validation des acquis de l'expérience a fêté ses dix ans l'année dernière en métropole. Sur le territoire, la démarche a été officiellement actée en 2010 par l'adoption d'une loi du pays et deux textes qui encadrent son développement, son pilotage ainsi que son organisation (congés, possibilités de prise en charge...).
L'objectif de la mesure est d'obtenir un diplôme, un titre ou un certificat de qualification professionnelle, soit les diplômes nationaux délivrés par l'État, par la Nouvelle-Calédonie, et les certificats de qualification professionnelle, délivrés par une branche professionnelle.
« Tout salarié peut prétendre à s'engager dans une démarche VAE quels que soient son niveau scolaire, son âge, son type de contrat, rappelle Carole Bernardin, chef de service information, orientation, professionnalisation, animation à l'IDC-NC. Le seul critère est de justifier d'une expérience professionnelle de trois ans minimum en lien avec le diplôme visé. »  

Un parcours en plusieurs étapes

Passer de l'expérience au diplôme est une démarche volontaire qui comprend plusieurs étapes. « Tout salarié peut se rendre aux différents Points relais conseil sur le territoire qui, en amont, dispensent des informations sur le dispositif et l'orientent vers le diplôme qui correspond à son expérience », précise Carole Bernardin. Une étape importante car il n'est pas si aisé de trouver le diplôme adapté parmi les 17 000 diplômes accessibles en VAE. La seconde étape consiste à déposer un dossier de candidature, le livret 1, auprès du certificateur qui va l’examiner. Si le dossier est en adéquation avec le diplôme, il donne son feu vert. Troisième étape : la rédaction du dossier de validation, le livret 2 qui consiste à décrire de façon détaillée les activités professionnelles. « C'est là que réside toute la complexité de la démarche, poursuit Carole Bernardin, car il faut identifier les activités en lien au référentiel, appréhender ses compétences, expliciter ses expériences et se préparer à une mise en situation pratique, s'il y en a, et à l'entretien avec le jury. » La rédaction du dossier demande au candidat énormément de réflexion et d'investissement personnel. Un accompagnement facultatif est proposé par des organismes agréés pour faciliter cette étape clé. Si le salarié souhaite toutefois être accompagné, il faut compter entre 100 000 et 120 000 francs.
Enfin, un jury évalue les compétences à partir du dossier, d’un entretien et éventuellement d’une mise en situation professionnelle. Le jury peut rendre alors plusieurs décisions : une validation totale qui attribue la certification car les compétences sont en lien avec le diplôme visé, un refus de validation, ou une validation partielle du fait que les compétences du candidat ne correspondent pas totalement à celles exigées par le diplôme. Dans ce cas, le jury précise au candidat les compétences à développer dans un délai de cinq ans maximum.

Bénéfices de la VAE

Ce dispositif se veut gagnant-gagnant pour les salariés et les entreprises. Pour le salarié, c'est une reconnaissance officielle de ses compétences, une valorisation de ses savoir-faire, une légitimité au sein de l'entreprise. C'est aussi la possibilité d'évoluer en interne comme en externe. « Les salariés qui ont fait une VAE gagnent en confiance, sont motivés et ont désormais une autre vision de leur poste, l'ayant tellement analysé. Ils vont alors apporter un regard neuf et améliorer des choses dans l'organisation de leur travail. »  
Du côté de l'entreprise, la VAE est un outil de gestion des ressources humaines qui permet de valoriser la professionnalisation de son équipe, de reconnaître les compétences de ses salariés, de mieux les identifier et de fidéliser les meilleurs éléments par des promotions futures. Elle induit aussi une gestion prévisionnelle des compétences, en ciblant mieux les formations, tout en adaptant son organisation. « Avec le recul, les entreprises qui ont participé à cette démarche reconnaissent qu'elle est pertinente et qu'elle a des retombées très positives sur son organisation et sa stratégie globale. » L'entreprise peut ainsi décider de mettre en place une VAE par exemple sur un métier en particulier ou dans le cadre d'un projet de développement. « Dans ce cas, l'IDC-NC peut tout à fait accompagner gratuitement la démarche, explique Carole Bernardin, en informant l'entreprise, en l'aidant à identifier les certifications correspondant aux métiers désignés, et en recevant les candidats. »

Frédérique de Jode

Quel financement pour l'entreprise ?

La VAE est un dispositif de la formation professionnelle inscrit dans le Code du travail. L'entreprise peut utiliser son obligation de formation pour financer les VAE de ses salariés et leur accorder un congé de formation.

La VAE en chiffres

  • Une centaine de personnes se sont lancées dans la démarche
  • Plus de 600 personnes se sont informées sur la VAE
  • Entre 400 à 500 personnes sont conseillées sur la VAE

Pour plus de renseignements
Consulter le site très complet www.vae.nc mis en place par l'IDC-NC

Exemple en entreprise

Chez Caltrac, un plan d’accompagnement de salariés à potentiel sur la VAE a été mis en place.

Il s’agit de personnels qui ont suivi un plan de formation sur quatre ans en alternance avec l’Australie mais qui ne donne pas lieu à un diplôme reconnu par la France. Ces salariés ont atteint un niveau d’au moins Bac +2, avec l’expérience acquise, la VAE peut les amener à une licence pro. « Nous l’utilisons comme un outil de formation mais aussi RH qui permet de donner à chaque salarié la place qui est la sienne dans l’entreprise, et de l’identifier dans un plan de carrière, précise Xavier Benoist, secrétaire général de Caltrac. Cela participe à notre Gestion prévisionnelle des emplois et des carrières (GPEC). »

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Rédaction Made In

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L'équipe de rédaction Made In est composée d'intervenants ponctuels mais aussi de journalistes présents depuis plusieurs années. Ces derniers ont d'ailleurs leur propres signatures sur les articles qu'ils rédigent.

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