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Publié le
01 Mai. 2014

Une loi au service de l’emploi

Valérie Georgault, du cabinet Kahn, a été mandaté par le gouvernement pour aider au montage des premiers groupements d’employeurs.
Valérie Georgault, du cabinet Kahn, a été mandaté par le gouvernement pour aider au montage des premiers groupements d’employeurs.

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Pas toujours simple d’embaucher du personnel à temps complet quand on est une petite ou une moyenne entreprise. Avec la loi du pays votée le 20 janvier dernier, les employeurs peuvent désormais se regrouper pour partager leurs salariés. Explications.

C’était un vœu cher à Georges Mandaoué, membre du gouvernement en charge du travail et de l’emploi. Il a été exaucé, le 20 janvier dernier, avec le vote d’une loi du pays permettant la création de groupements d’employeurs (G.E.). Cette nouvelle disposition vient d’un constat. En Calédonie, 80 % des entreprises n’ont pas de salarié, selon les chiffres de l’Institut de la statistique et des études économiques. Les premiers secteurs concernés sont l’artisanat et l’agriculture. « Quand on interroge ces petites entreprises, elles nous expliquent qu’elles n’ont pas la capacité d’embaucher du personnel permanent. Et par conséquent, qu’elles n’ont pas la possibilité de se développer », rapporte Valérie Georgault, du cabinet Kahn et associés mandaté par le gouvernement pour aider au montage des premiers G. E.
Principal frein à l’embauche : le coût des charges patronales. « La taille des exploitations ne permet pas d’embaucher quelqu’un à temps complet pour faire l’entretien mécanique, les barrières…, indique Claudine Verger, 2e vice-présidente de la Chambre d’agriculture. Cette loi peut être à notre avantage, car elle nous permet de partager à deux, à trois, voire plus, le salaire et les couvertures sociales. »
Deuxième difficulté : fidéliser la main-d’œuvre qualifiée en Brousse ou sur les Îles, souvent attirée par les lumières de la ville. L’objectif s’avère plus difficile encore pour les tâches saisonnières ou quand le secteur de la mine, plus rémunérateur, se porte bien. Autre problème : la ponctualité. « L’absentéisme est un gros souci en Nouvelle-Calédonie », relève Claudine Verger. Le personnel a parfois des difficultés à concilier travail et obligations coutumières.

Aider les entrepreneurs à devenir employeurs

« Face à ce constat économique et socioculturel, nous avons trouvé une réponse juridique, résume Valérie Georgault. Le G.E. n’est pas l’unique réponse, mais une réponse pour essayer d’aider les entrepreneurs à devenir employeurs. »
Répandus en Métropole, en Allemagne ou en Italie, ces groupements d’employeurs peuvent se développer sous forme associative ou sous forme de société coopérative. Leur but est de recruter un ou plusieurs salariés et de mettre ce personnel à la disposition de chaque employeur en fonction de ses besoins. Attention, « ces groupements d’employeurs sont à but non lucratif », insiste Valérie Georgault. Leur unique objectif est de satisfaire en main-d’œuvre les entreprises qui n’auraient pas les moyens d’employer un salarié à temps plein. Pour le salarié aussi, les avantages sont nombreux : polyvalence, formation, visibilité du contrat de travail, couverture sociale…
Un animateur, lui-même rémunéré par le G.E., est chargé du recrutement, des plannings, des congés ou encore des fiches de paie. « C’est un coût, mais qui est mutualisé entre employeurs. Cet animateur peut être embauché à temps partiel, mais on peut aussi le trouver dans des structures déjà existantes », précise le cabinet Kahn. Détail qui a son importance : les groupements d’employeurs ont le droit de demander des subventions. Les membres sont également exonérés de TSS par rapport au groupement.   
Parmi les inquiétudes des intéressés, « on nous demande souvent quelle sera la responsabilité de l’employeur », indique la 2e vice-présidente de la Chambre d’agriculture. Avec le G.E., il y aura bien une relation de patron à salarié, contrairement au patenté qui offre une prestation de service. Autre sujet de préoccupation : la confidentialité. Le salarié, bien qu’il travaille pour plusieurs entreprises, se devra de respecter ce point. Enfin, pour contrer les risques sanitaires très présents dans le monde agricole, le salarié aura une paire de bottes chez chaque agriculteur.  
« Ces G.E. vont nous apprendre à travailler ensemble », se réjouit Claudine Verger, qui rappelle que le projet de cette mandature à la Chambre d’agriculture est précisément de « se fédérer et se respecter ». Les employeurs pourront notamment se partager un vendeur pour tenir un stand au marché et alléger ainsi l’emploi du temps des agriculteurs.
   
Coralie Cochin

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Rédaction Made In

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L'équipe de rédaction Made In est composée d'intervenants ponctuels mais aussi de journalistes présents depuis plusieurs années. Ces derniers ont d'ailleurs leur propres signatures sur les articles qu'ils rédigent.

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