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Publié le
01 Mai. 2014

En Polynésie, l’industrie n’est plus dans une dynamique d’investissement

 Florent Venayre, Maître de conférences en sciences économiques à l’Université de la Polynésie française
Florent Venayre, Maître de conférences en sciences économiques à l’Université de la Polynésie française

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Encore un expert en Calédonie… Missionné par le Congrès de la Nouvelle-Calédonie, Florent Venayre, Maître de conférences en sciences économiques à l’Université de la Polynésie française, est venu animer un débat sur le thème « Peut-on soutenir le développement sans réforme des structures de l’économie ? ». En marge de cette intervention, il a également rencontré les membres de la Commission Vie chère, et ceux de la Commission de la législation et de la réglementation économiques et fiscales. Point de vue de l’universitaire.

Polynésie française et Nouvelle-Calédonie : des économies « sous perfusion »

Le postulat de départ de Florent Venayre est de comparer les deux économies, polynésienne et calédonienne, arguant du fait qu’elles sont toutes deux sous perfusion, impliquant des prix élevés, une forte intervention publique avec des parts de transfert de l’État similaires dans le PIB local (30 % du PIB pour la Polynésie, 18% pour la Calédonie, plus 8 à 9 % du nickel, soit 27 % du PIB calédonien).

Protections de marché

Florent Venayre associe protections de marché et cherté de vie au motif que « les taxes douanières renchérissent le coût de toutes les importations. Taxes auxquelles il faut ajouter des taxes spécifiques de protection comme la TCPPL ou la TSPA (en Polynésie, il s’agit de la TDL). Et une réglementation des prix qui contribue à renchérir le prix des consommations locales. Le déficit de concurrence, jusque là, participe également à cette cherté de la vie. »
En Calédonie, 10 % des produits sont des productions locales, et 2 à 3 % seulement sont protégés. À la question de savoir « comment ces 2 à 3 % peuvent être responsables de la cherté de vie de 100 % des prix ? », Florent Venayre explique que « si l’on regarde juste le montant des recettes fiscales qui correspondent à la TCPPL, la TSPA (ou la TDL en Polynésie) et les pourcentages des produits touchés, on n’a pas l’impression que ce soit très important. Mais en même temps, si la protection fonctionne bien, il est normal d’avoir des recettes fiscales relativement faibles, puisque cela empêche les produits d’entrer. Et le Maître de conférences d’ajouter : le problème est le même avec les quotas d’importation. Du coup, on a une fiscalité relativement faible au regard du PIB ou de la consommation.  En fait, les barrières à l’entrée sont beaucoup plus importantes avec un niveau élevé de déperdition du consommateur. »

Contrat de performance

Florent Venayre dresse le constat qu’« en Polynésie, avec les protections instaurées depuis longtemps, il n’y a pas d’effort particulier fait. Pas d’innovation particulière, personne pour disputer les positions de marché, ce qui n’amène rien de nouveau de la part des entreprises locales, et donc pour les consommateurs locaux. »

Politiques de filières

Concernant les politiques de filières, le positionnement de Florent Venayre est de dire que « ce n’est pas à la puissance publique d’identifier des filières exportatrices, mais c’est au chef d’entreprise à le faire. On demande à nos élus de connaître parfaitement tous les marchés, les filières, et d’avoir une vision prospective de ce qui peut arriver sur chaque marché. C’est totalement impossible. Les chefs d’entreprise ne sont pas bons sur tous les marchés. Ils le sont sur celui sur lequel ils ont investi des capitaux. Donc, il faut leur laisser monter les dossiers et justifier de gains de productivité. »

Défiscalisation

« Un certain nombre d’investissements sont portés par la défiscalisation, mais, pour Florent Venayre, ce n’est pas une part de l’économie qui fonctionne « naturellement » ».

Lors de la présentation de M. Venayre à la Commission Vie chère, le Medef-NC a expliqué « qu’il a toujours défendu les productions locales qui peuvent s’ouvrir à l’exportation ». Pour la FINC, « cela revient à dire que l’on n’est pas en faveur d’une industrie locale. En effet, depuis trente ans que la Calédonie développe son industrie de transformation, les capacités à s’exporter restent, pour l’instant, assez limitées. Sur ce sujet, la position de la FINC est claire. Il faut en effet accompagner les entreprises industrielles pour essayer de développer des marchés à l’export, mais aujourd’hui, la Calédonie n’a quasiment aucun outil en mesure de le faire. »


Lire la réaction de la FINC :

itw venayreLa Calédonie, un modèle économique innovant

La Fédération des industries fait partie des membres de la Commission spéciale Vie chère. A ce titre, elle a écouté la présentation de Florent Venayre. Et sur plusieurs points, son avis diverge…

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Rédaction Made In

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L'équipe de rédaction Made In est composée d'intervenants ponctuels mais aussi de journalistes présents depuis plusieurs années. Ces derniers ont d'ailleurs leur propres signatures sur les articles qu'ils rédigent.

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