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Publié le
01 Mai. 2014

La Calédonie, un modèle économique innovant

La Calédonie, un modèle économique innovant

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Économie - Social
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La Fédération des industries fait partie des membres de la Commission spéciale Vie chère. A ce titre, elle a écouté la présentation de Florent Venayre. Et sur plusieurs points, son avis diverge…

Polynésie française et Nouvelle-Calédonie : des économies « sous perfusion »

Pour la FINC : Le rapprochement entre la Polynésie et la Calédonie semble un peu rapide, et assez peu étayé. Aux 30 % issus des transferts de l’État en Polynésie, il faut en effet rajouter la rente du nucléaire. Et peut-on comparer l’économie du nickel à la rente du nucléaire ? Non, selon la FINC, l’une relevant du secteur privé, l’autre étant une opération publique. « Les pourcentages dans le PIB ne sont pas du tout les mêmes, poursuit la Fédération des industries. La part du nickel dans le PIB calédonien est de 8 à 10 %, la rente du nucléaire représentant pour sa part jusqu’à 70 % du PIB polynésien certaines années spécifiques. »

Protections de marché

Pour la FINC : Il faut rappeler que le consommateur ne peut pas accéder librement à 2 ou 3 % des biens proposés sur le marché. Ce qui n’est pas significatif. Il reste quand même 97 % des produits qui ne sont en rien protégés et empêchés d’entrer… Aujourd’hui, la concurrence n’existe pas non plus au niveau de l’importation, contrairement à ce qu’assure l’universitaire qui indique que « le comportement des importateurs relève de mécanismes concurrentiels »… Or, on le sait, l’importation dans les économies de comptoir, c’est tout sauf de la concurrence.
La Fédération des industries craint de la part de Florent Venayre une position non factuelle et donc dangereuse. En effet, elle pourrait faire croire que la Calédonie est vouée à n’être qu’une économie de comptoir, laquelle se videra de sa jeunesse qui devra partir pour travailler. Les exemples des îles du Pacifique ne manquent pas (Wallis et Futuna, Vanuatu, etc.). Or, pour la Fédération des industries « la Calédonie a le potentiel pour développer sa propre économie. Le Territoire l’a même démontré. Certes, il a besoin d’outils pour le faire, mais - il est important de le rappeler - ces outils sont utilisés dans le monde entier et dans de très grandes puissances économiques, comme le Japon ou la Chine qui ont des protections de marché… »

Contrat de performance

La Fédération des industries souhaite, depuis plusieurs années, une réforme des protections/régulations de marché consistant à inscrire dans le marbre la protection de marché des entreprises qui fabriquent localement, et à instaurer des contrats de performances pour les filières concernées. Des contrats de performances qui doivent s’inscrire dans l’évaluation des politiques publiques. D’ailleurs, aujourd’hui, l’industrie apparaît comme un outil performant au regard de l’investissement fait par la Calédonie.

Politiques de filières

Pour la FINC, Il n’y a pas un seul exemple de politique de filière définie par le marché qui fonctionne dans le monde. Que ce soit en Europe, y compris en Allemagne, aux États-Unis ou en Chine, les politiques de filières qui fonctionnent sont celles qui sont soutenues par des actions publiques. Si on attend que ce soit le monde économique qui fasse les politiques de filières, on est certain de s’enfoncer encore davantage dans l’économie de comptoir.
La FINC est, bien entendu, favorable à ces politiques de filières, « mais cela nécessite impérativement d’avoir un secrétariat à l’industrie ou un outil qui porte une politique industrielle en Calédonie et qui soit en même temps capable de porter une politique d’exportation pour les filières exportatrices qui pourraient être développées. »

Défiscalisation

Démonstration a été faite que la défiscalisation métropolitaine pour les investissements industriels permettait de redonner un avantage de compétitivité aux industries, car elle compense le coût d’approche des investissements entre 25 et 30 %. « Encore une fois, supprimer la défiscalisation calédonienne, cela revient à enfoncer un peu plus la Calédonie dans une économie de comptoir, une économie qui ne pourra jamais s’équiper de biens de production. »

En conclusion, pour la Fédération des industries, il faut sortir des schémas généraux. « La Calédonie construit son développement économique pour l’avenir des Calédoniens, et cela nécessite de sortir des sentiers battus. Elle est innovatrice parce qu’elle a su, et sait encore, se développer. À cet égard, la Polynésie devrait l’être aussi, tout comme l’Europe. »
La Calédonie développe depuis plusieurs années un modèle économique innovant. En Polynésie, l’industrie représente environ 6 % de l’emploi salarié, mais elle n’est plus du tout dans une dynamique d’investissement. Et le gouvernement polynésien pourrait même proposer des conditions fiscales très favorables aux investisseurs chinois. À l’inverse, la Calédonie veut prolonger son dynamisme, celui de ses pionniers, qui, depuis trente ans, ont développé un outil industriel - si l’on additionne aujourd’hui l’industrie du nickel et celle de la transformation, elle représente entre
20 et 30 % du Produit intérieur brut calédonien. Les investissements doivent être réalisés par des Calédoniens pour leur Calédonie de demain.

Propos recueillis par Charlotte Antoine


Lire les propos de Florent Venayre, Maître de conférences en sciences économiques à l’Université de la Polynésie française

itw FINCEn Polynésie, l’industrie n’est plus dans une dynamique d’investissement

Encore un expert en Calédonie… Missionné par le Congrès de la Nouvelle-Calédonie, Florent Venayre, Maître de conférences en sciences économiques à l’Université de la Polynésie française, est venu animer un débat sur le thème « Peut-on soutenir le développement sans réforme des structures de l’économie ? ». En marge de cette intervention, il a également rencontré les membres de la Commission Vie chère, et ceux de la Commission de la législation et de la réglementation économiques et fiscales. Point de vue de l’universitaire.

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