Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
27 Déc. 2014

Agir aujourd’hui pour exporter demain

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Économie - Social
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Les produits calédoniens ne manquent pas de qualités. Autant aller les faire connaître au-delà de nos côtes ! Mais plus facile à dire qu'à faire... Méconnu par les industriels et par les institutions, l'export se fait cependant une place de plus en plus large dans les réflexions économiques actuelles. Et des actions commencent à voir le jour pour soutenir les initiatives.

De gros concurrents, des règles différentes, une langue que l'on ne maîtrise pas toujours... Penser à l'export fait immanquablement surgir des obstacles aux allures de montagnes infranchissables. Pourquoi alors s'aventurer sur un terrain de jeu inhospitalier, incomparablement plus vaste que nos 75 000 foyers calédoniens ? « Jusqu'à une époque très récente, nous n'en avions pas la nécessité, analyse Pierrick Maury, de la Fédération des Industries (notre photo). Le tissu local trouvait ses débouchés en Nouvelle-Calédonie. Aujourd'hui, la recherche de productivité et de compétitivité prévaut, ce qui passe par le volume et donc par l'export, seule solution pour envisager un accroissement rapide de ce volume. » Sur ce dossier, nécessité fait donc loi ! Certains l'ont d'ailleurs compris depuis bien longtemps puisque, même de manière marginale, les producteurs de chocolat, de claquettes ou de chauffe-eau par exemple vendent déjà à l'étranger. Le contexte économique mondial et la crise économique – même si elle a moins bousculé la Nouvelle-Calédonie que la plupart des autres pays industrialisés – ajoutent leur grain de sel : les chaînes de production doivent continuer de produire en dépit de la situation et du marché local étroit. Le résultat de l'équation est une fois de plus l'export. « D'un point de vue macro-économique, la réflexion n'a que deux ou trois ans, même si l'on a toujours dit qu'exporter était une belle idée. Il faut maintenant passer à l'action ».

Recenser les acteurs

Pour passer en mode opérationnel, la FINC a d'abord décidé de se structurer en créant une commission Export. S'y sont réunis les adhérents dont une partie de l'activité est vouée à l'exportation ; un premier recensement destiné à mutualiser leur expérience, à échanger sur leurs contraintes respectives, sur les zones à cibler, sur les avantages comparatifs à mettre en avant et sur les facteurs de réussite. Premier constat : les entreprises calédoniennes exportatrices sont plus nombreuses que l'on veut bien le penser. « Il y a deux types de structures, décrit Pierrick Maury : celles qui réalisent le plus gros de leur chiffre d'affaires sur des marchés extérieurs, et celles pour lesquelles l'export est marginal en chiffre d'affaires, mais primordial en volume ». Ce volume supplémentaire permet de lisser la production sur l'année, d'amortir les charges fixes, de réaliser des économies d'échelle et, au bout de la chaîne, de maintenir, voire de baisser, les prix sur le marché local.

Engager les discussions

Autre constat, même si ces exportateurs ont des secteurs d'activité différents, ils se confrontent tous à un tronc commun pourtant nulle part rédigé. « Il n'existe pas de Guide du bon importateur. Or, entre le fournisseur et le client – quand on l'a déjà – il y a plusieurs intermédiaires ». La commission les a donc recensés pour mettre en lumière les problématiques rencontrées, en commençant par le transport aérien. Première étape à la CCI afin de discuter des frais et taxes à l'importation, centimes additionnels de la patente, taxes aéroportuaires, frais de transitaires ou de sécurité... Au final, peut-être 2 à 3 % du prix de vente. Pas grand-chose certes, mais le petit quelque chose qui peut permettre de négocier à l'international et de décrocher des marchés. « Il faut bien être conscient qu'à l'export, la marge de manœuvre est extrêmement réduite et les industriels travaillent quasiment à prix coûtant... » La Cofély, spécialiste de services aéroportuaires, qui traite notamment le fret, est également interlocuteur dans cette démarche de clarification du rôle de chacun.

Faciliter la prospection

Et pour la prospection ? Cette phase préliminaire peut déjà s'effectuer par l'intermédiaire de représentants, d'ambassades, d'Ubifrance... Mais rien ne vaut d'aller soi-même vanter les mérites de son produit, notamment sur les foires et salons internationaux. Cependant, entre le déplacement d'une ou deux personnes, le stand, la participation, le fret pour les échantillons... La note finale se révèle rapidement extrêmement salée, parfois hors de portée du budget des entreprises. D'autant que ces dépenses de prospection ne sont compensées dans un premier temps par aucun amortissement. Un temps qui dure en moyenne trois ans lorsqu'un contrat se concrétise ! « Pour aider les entreprises à prospecter, la FINC a signé une convention avec Aircalin il y a quelques semaines, décrit Pierrick Maury. Elle promet des tarifs préférentiels pour les adhérents de la FINC qui souhaitent se rendre sur des foires ou des salons » (lire par ailleurs). « Une bonne première convention », ajoute l'industriel, heureux de voir le département fret de la compagnie aérienne réceptif à la problématique, et conscient de l'intérêt, pour elle aussi, de remplir les soutes des avions qui quittent le tarmac de La Tontouta.

« Aimez-nous »

La dynamique est lancée, et les chefs d'entreprises manufacturières calédoniennes commencent déjà à saisir les opportunités d'aller se faire connaître sur d'autres terres. « Mais ce n'est pas une entreprise qui doit aller à l'export, ajoute le membre de la FINC. C'est bien le territoire qui doit se lancer, aller présenter son système productif, son contexte, la qualité de ses produits ! » En clair, si l'initiative de la Fédération est positive, elle a toutefois besoin d'un soutien plus large, à la fois administratif, diplomatique et politique. Avec, sur place, des facilités d'envoi et une fluidité administrative par exemple ; et, à l'extérieur, une représentativité « pays » et une foi solide dans son industrie et dans sa qualité. « Le premier soutien à l'export n'est pas forcément financier : il faut déjà croire en son industrie ! C'est ce que nous disons aux pouvoirs publics aujourd'hui : aimez-nous ! » Dans les faits, puisque l'on n'a pas de Total, Peugeot ou Saint-Gobain, des noms à résonnance internationale – d'ailleurs eux-mêmes intégrés aux délégations françaises lors des déplacements –, d'autres armes sont nécessaires : une représentation pays, des ambassadeurs politiques qui croient en la réussite de leur industrie créatrice d'emplois, de revenus et de richesses. « Soutenez-nous et le retour sur investissement se verra en bas de nos feuilles d'impôts : les industriels n'attendent que ça ! »

Une carte à jouer

Une conférence a eu lieu il y a quelques semaines en Australie au sujet du rapprochement des normes dans le secteur du bâtiment. De multiples différences techniques et administratives séparent la Nouvelle-Calédonie et son grand voisin. Un rapprochement n'est pas impossible, mais il peut être judicieux de se poser la question des avantages comparatifs. En somme, que peut apporter l'Australie à la Nouvelle-Calédonie et... réciproquement ! Comme nombre d'autres territoires du Pacifique, la Calédonie représente un marché intéressant pour le pays continent. D'accord... Mais à la condition de ne pas perdre de vue que l'archipel a lui aussi des atouts à faire valoir ; d'un point de vue architectural, par exemple, avec la capacité de construire de manière esthétique et en accord avec un environnement tropical. L'idée majeure : que la négociation ne se fasse pas à sens unique, que la Nouvelle-Calédonie apprenne à se protéger des appétits extérieurs et qu'elle soit convaincue qu'elle a des choses à apporter, même aux plus gros.

Déjà des effets concrets

Grâce à la convention signée au mois de novembre entre la FINC et Aircalin, des industriels adhérents de la Fédération ont déjà pu bénéficier des conditions avantageuses spécifiées dans le document. Elles ont permis à quatre sociétés d'envoyer des représentants et des échantillons au 2e MSG Trade & Investment Roadshow & Trade Fair 2014 à Port Moresby en Papouasie-Nouvelle-Guinée, appelé MSG PNG 2014 (lire par ailleurs).

Dans quelques mois, une nouvelle délégation prendra le chemin du Japon où se tiendra la 40e édition du Foodex Japan, un salon professionnel international dédié aux produits alimentaires et aux boissons. Du 3 au 6 mars 2015, quelques entreprises calédoniennes iront y présenter leurs produits et leur savoir-faire afin de nouer des contacts avec les pays de la zone Asie-Pacifique et éventuellement trouver de nouveaux marchés. Cette exposition organisée par un ensemble d'associations professionnelles japonaises est le plus grand rendez-vous du genre dans la région et le 3e au niveau mondial. La dernière édition avait accueilli 2 800 exposants, venus de 78 pays et régions, et plus de 3 400 stands, répartis sur près de 30 000 m². Plus de 75 000 visiteurs avaient arpenté les allées du Foodex Japan 2014.

Anne-Claire Lévêque

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Rédaction Made In

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L'équipe de rédaction Made In est composée d'intervenants ponctuels mais aussi de journalistes présents depuis plusieurs années. Ces derniers ont d'ailleurs leur propres signatures sur les articles qu'ils rédigent.

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