Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
27 Déc. 2014

Des pistes pour une meilleure offre alimentaire

Des pistes pour une meilleure offre alimentaire

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Économie - Social
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Les 30 et 31 octobre dernier, l'Agence sanitaire et sociale de la Nouvelle-Calédonie organisait un séminaire de travail autour de la thématique : « Quelles politiques publiques pour améliorer l'offre alimentaire en Nouvelle-Calédonie ? », avec pour invité d'honneur, Louis Georges Soler, économiste et directeur de l'Unité de recherche INRA-ALISS. Un moment d'échange et de réflexion.

En Nouvelle-Calédonie, l'augmentation des pathologies liées au surpoids et à l'obésité est une question préoccupante. Comment les pouvoirs publics, les acteurs de la santé, mais aussi le monde de l'entreprise, peuvent-ils intervenir pour améliorer l'état nutritionnel des Calédoniens ? Une question en guise de fil rouge, éclairée par Louis Georges Soler durant les deux jours de séminaire. Les actions menées en métropole et ailleurs évoquées par l'économiste ont permis de réfléchir en particulier sur l'étiquetage nutritionnel et les politiques fiscales.

Quel outil ?

« L'étiquetage nutritionnel des denrées se veut être un outil permettant d'aider le consommateur dans ses choix alimentaires et favorisant les actions des politiques de santé publique en matière de nutrition », a rappelé Louis Georges Soler. Il peut se décliner sous plusieurs formes : un tableau où figurent des informations sur la valeur énergétique et les quantités de graisse, d'acides gras saturés, de glucides, de sucres, de protéines et de sel, pour 100 g ou 100 ml. Ou autres dispositifs : les logos ou les traffic lights, un système de couleurs (vert, orange, rouge) qui détermine la nature du produit selon ses qualités nutritionnelles, bonnes, moyennes, mauvaises. Une signalétique qui aurait plus d'impact sur les consommateurs que le tableau nutritionnel, difficilement compréhensible pour les non-spécialistes.

Comment transposer ces outils en Nouvelle-Calédonie ? La réflexion est engagée par la DAE depuis quelques mois... Le séminaire, par la voix de quelques industriels comme Switi, a soulevé les contraintes liées à la mise en œuvre de ces outils : l'absence de laboratoire d'analyse sur le territoire, le coût également que ces analyses pourraient faire peser ou encore la discrimination et la mauvaise image que peuvent engendrer les traffic lights.

Taxes ou pas ?

Les politiques fiscales peuvent quant à elles être des leviers favorisant l'offre alimentaire, en taxant certaines denrées alimentaires, nutriments ou matières premières, sur la base d'arguments de santé publique. « Plusieurs taxes existent, a précisé Louis Georges Soler. Une taxe sur la valeur du produit final, une taxe d'accise (NDLR : qui porte sur une quantité et non sur une valeur) d'un montant fixe ou une taxe à l'importation. » En métropole, une taxe d'accise a été créée en 2012 sur les boissons sucrées. Comment les entreprises répercutent-elles alors ces coûts supplémentaires ? « Elles récupèrent complètement la taxe en augmentant leurs tarifs, ou elles l'absorbent en totalité ou en partie par la réduction de leurs marges », poursuit l'économiste. Alors, taxes ou pas taxes sur le territoire ? Le débat reste ouvert, d'autant plus que les résultats attendus par les politiques fiscales mises en place dans certains pays ont eu un effet somme toute relatif sur le comportement des consommateurs. « Taxer les entreprises semble une solution trop radicale, qui pourrait impacter les sociétés, exprime Flavie Denais, secrétaire générale de la FINC. L'offre alimentaire s'améliore d'année en année en Nouvelle-Calédonie. Des synergies se mettent en place entre l'agroalimentaire, les industries et l'agriculture pour proposer des produits de qualité. Il est essentiel de valoriser et d'encourager ces actions plutôt que de taxer des denrées et produits au nom de la santé publique, et ainsi pénaliser certaines entreprises locales. »

Un chiffre : 54

C'est, en pourcentage, la population adulte concernée par la surcharge pondérable selon le baromètre santé 2010.

Obligatoire

De nouvelles législations européennes en matière d'étiquetage alimentaire sont applicables depuis décembre 2011, et deviendront obligatoires à partir du 13 décembre 2014. Les informations nutritionnelles devront comprendre la valeur énergétique et les quantités de graisse, d'acides gras saturés, de glucides, de sucres, de protéines et de sel, pour 100 g ou 100 ml, ou par portion. D'autres informations nutritionnelles peuvent être indiquées (teneurs en vitamines, minéraux, fibres, etc.) de façon volontaire, mais en respectant les règles de présentation fixées par la législation.

F. de J.

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Rédaction Made In

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L'équipe de rédaction Made In est composée d'intervenants ponctuels mais aussi de journalistes présents depuis plusieurs années. Ces derniers ont d'ailleurs leur propres signatures sur les articles qu'ils rédigent.

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