Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
Publié le
01 Oct. 2015

Financez vos projets !

Sébastien Brouns (au centre de notre photo) a pu boucler son montage financier grâce à un prêt d’honneur d’Initiative Nouvelle-Calédonie pour la création de sa société Ecrom Usinage.
Sébastien Brouns (au centre de notre photo) a pu boucler son montage financier grâce à un prêt d’honneur d’Initiative Nouvelle-Calédonie pour la création de sa société Ecrom Usinage.

Paru dans :

Dans la rubrique
Économie - Social
Nombre de vues
391
Entreprise(s) citée(s)

Vous avez envie de créer une entreprise ou envisagez un développement de vos activités ? Pour que votre projet se concrétise, il vous faudra passer par la phase délicate de recherche de financement. Les solutions ne manquent pas. Tour d'horizon.

« Pour voir aboutir un projet, c'est quand même le parcours du combattant, note Sébastien Brouns, même si on a déjà monté une première société, il y a plus de dix ans, que l'on a un certain savoir-faire et que l'on est donc implanté dans le tissu économique local. » En 2013, le gérant de Ecrom Soudure décide de créer, avec un associé, Ecrom Usinage, une activité de réparation et de réalisation de nouvelles pièces métalliques, qui s'inscrit en complémentarité de sa première entreprise.

L'investissement en matériel et en machines est estimé à 20 millions de francs. « Les établissements bancaires ne me soutenaient pas si je n'avais pas assez d'apport en fonds propres, alors que ma première société montrait que je n'avais pas de problèmes de trésorerie.» Pour boucler son montage financier et convaincre les banques, le chef d'entreprise prend contact avec Initiative Nouvelle-Calédonie qui propose des prêts d'honneur gratuits à taux zéro et sans garantie, pour faciliter l'accès bancaire. Le financement, qui correspond environ à 25 % de l'investissement, est plafonné à 4 millions de francs pour une création d'entreprise (investissement entre 3 et 30 millions de francs). « Le prêt d'honneur a permis de financer mon investissement à hauteur de 20 %, la banque à 80 % », détaille Sébastien Brouns. Aujourd'hui, la société, implantée à Ducos, est montée en puissance et compte huit personnes. La prochaine étape pour l'entrepreneur : acheter un dock pour réunir dans un seul lieu ses deux entités.

Projets d'envergure

Pour des opérations qui nécessitent de lourds investissements, il existe d'autres acteurs financiers à l'instar d'OPI, Océanienne de Participation et d'Investissement. Seule société de gestion de portefeuille outre-mer agréée par l'Autorité des marchés financiers, ses fonds sont alimentés par des entreprises calédoniennes. « L'OPI est une société d'investissement qui va permettre de consolider les fonds propres des bénéficiaires en complément de prêts bancaires, précise Béatrice Beljouani, directrice générale déléguée d'OPI. C'est souvent ce problème de fonds propres qui explique notamment la réticence des acteurs traditionnels à financer un investissement. » OPI intervient par une prise de participation minoritaire d'actionnaires (maximum 35 %), en comptes courants d'associé ou en obligations convertibles en actions. Son soutien se porte aussi bien dans le cadre d'une création ou d'une reprise d'entreprise que pour un développement d'activité. « Dans le cas d'une création d'entreprise, nous accompagnons des projets qui demandent un investissement d'au moins 100 millions de francs, car notre contribution va être de 25 à 30 millions de francs. Nous demandons également au bénéficiaire un apport de 5 à 10 % », poursuit Béatrice Beljouani. Si Brigitte Auclain, à la tête d'Aquavena, société spécialisée dans la préparation de livraison de plats diététiques à domicile, n'a pas fait appel à l'OPI pour créer son activité, elle a néanmoins été soutenue par cet organisme à une période délicate. « Lors de la création d'Aquavena, en 2010, j'avais l'idée de me lancer dans la vente en supermarché d'une gamme de plats préparés, explique Brigitte Auclain. Je suis allée voir les banques et je me suis retrouvée face à un mur. » La chef d'entreprise se voit donc refuser un prêt bancaire. Mais en femme déterminée, persuadée que son projet est porteur, elle décide de le mettre en œuvre. Et, c'est là que les ennuis la rattrapent. « Je me suis retrouvée avec des soucis de trésorerie », se souvient-elle. La solution, elle l'a trouvée auprès d'OPI. « C'est en m'adressant à Promosud pour essayer d'obtenir un soutien financier qui n'était en l'occurrence pas possible, car j'avais déjà lancé mon projet, que l'on m'a alors dirigée vers l'OPI », relate Brigitte Auclain. 25 millions de francs, c'est la somme dont a bénéficié Aquavena en juin 2014 pour poursuivre son activité de vente de plats préparés en supermarché. Quant au taux de remboursement que propose l'OPI, il est en moyenne de 10 %. « Un taux qui n'est pas si élevé, car nous prenons aussi un risque et nous sommes présents pour apporter nos conseils et notre expertise aux entrepreneurs tout au long de notre partenariat », souligne Béatrice Beljouani.

Autres acteurs

Outre les établissements bancaires, de nombreux financeurs existent sur le territoire pour soutenir les chefs d'entreprise selon leurs besoins en investissement. Pas facile, certes, de s'y retrouver, mais pour apporter quelques pistes : les sociétés d'économie mixte des trois provinces, Promo-Sud, Nord Avenir et Soparil, ou l'ICAP pour un projet en dehors du Grand Nouméa, soutiennent, sous certaines conditions, les initiatives locales en augmentant l'apport de fonds propres. L'Adie propose des microcrédits de 1,2 million de francs maximum aux entrepreneurs qui n'ont pas accès aux prêts bancaires. Quant aux trois provinces, elles ont également développé une batterie d'aides pour accompagner le développement économique du pays.

Frédérique de Jode

Des taux bonifiés pour alléger vos charges

Il est possible d'emprunter à des taux préférentiels par le biais de l'IEOM qui pratique un taux de réescompte peu élevé, à condition que l'entreprise ait une bonne cotation dans des secteurs jugés prioritaires. Le taux maximum pour l'entreprise bénéficiaire est de 2,80 %. C'est la banque qui doit faire la démarche auprès de l'IEOM. L'AFD propose aussi un Prêt aidé à l'investissement (PAI) pour des TPE et des PME de moins de 50 salariés, pour un investissement maximum de 70 millions de francs, à des taux d'intérêt moins élevés de 1 et 1,50 % à ceux du marché.

Pour les jeunes créateurs

Dom Création

Ce dispositif d'Initiative Nouvelle-Calédonie s'adresse aux jeunes entre 18 et 30 ans. Il consiste en un accompagnement sur une durée de neuf mois d'un projet au niveau administratif et financier (étude de marché, statut...).

Créajeunes

Pour les jeunes entre 18 et 32 ans, ce programme de l'Adie propose des modules sur la connaissance pratique du monde de l'entreprise et les guide dans la formalisation du projet. Une fois que le projet est viable, il est possible de bénéficier ensuite des financements de ces deux associations.

Auteur

Rédaction Made In

Rédaction Made In

L'équipe de rédaction Made In est composée d'intervenants ponctuels mais aussi de journalistes présents depuis plusieurs années. Ces derniers ont d'ailleurs leur propres signatures sur les articles qu'ils rédigent.

Paru dans :

Dans la rubrique
Économie - Social
Nombre de vues
391
Entreprise(s) citée(s)

 Pour suivre l'actualité, abonnez-vous à notre lettre d'information.

MADE IN

Journal économique de Nouvelle-Calédonie

Bureaux

Immeuble Oceanic
1er étage
3, rue Henri Simonin
Ducos

Courrier

MADE IN
BP 27035
Nouméa Cedex
Nouvelle-Calédonie

Contacts

Tél. : (687) 281 291
 Rédaction
 Publicité

FINC Le magazine Made In est une publication de la Fédération des Industries de Nouvelle-Caledonie -  Voir le site
 Copyright @ FINC - 2007-2018 | Conception et réalisation :  PAO Production