Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
01 Oct. 2015

Silence, ça tourne en Nouvelle-Calédonie !

Bénédicte Vernier du BAT soutient le développement de la création cinématographique sur le territoire.
Bénédicte Vernier du BAT soutient le développement de la création cinématographique sur le territoire.

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Économie - Social
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La création cinématographique est un secteur en plein essor sur le territoire. Pour soutenir son développement, le Bureau d'accueil des tournages (BAT) de la province Sud facilite depuis dix ans la préparation des productions en offrant aux équipes locales et internationales un service de conseil et d'assistance technique et logistique.

« Le cinéma se porte plutôt bien en Nouvelle-Calédonie », se réjouit Bénédicte Vernier, du BAT. Le territoire dispose d'une trentaine de sociétés de production et compte plus de deux cents techniciens, de la maquilleuse jusqu'à l'ingénieur du son, en passant par le cadreur et le réalisateur. « Il y a de la place pour tout le monde, surtout qu'ici tout reste à faire dans ce secteur, avoue Bénédicte Vernier ; le développement du numérique ouvre de nouveaux canaux de diffusion et suscite de nouvelles idées, de nouveaux programmes ». Ainsi, chaque année, de plus en plus de projets s'entassent sur le bureau du BAT. Ce sont majoritairement des documentaires et des courts-métrages de fiction. Deux formats qui se vendent le mieux sur le territoire et qui trouvent plus facilement des diffuseurs. « Il y a toujours une case documentaire dans la grille des programmateurs à la télévision, ajoute Bénédicte Vernier ; les émissions et les séries, quant à elles, ont moins le vent en poupe ». Même si le marché du cinéma se concentre en grande partie dans le Sud du territoire, la situation tend à évoluer. « Il y a un fort potentiel dans le Nord, explique Bénédicte Vernier, le nombre de réalisateurs augmente et les compétences se développent un peu partout sur le territoire ».

Les aides à la création

Avoir l'idée d'un projet est parfois simple, mais le financer s'avère plus compliqué. Les aides financières se multiplient sur le territoire pour donner un coup de pouce à la création cinématographique. Le BAT dispose d'une enveloppe budgétaire annuelle de 40 millions de francs, allouée à une Commission d'aide à la production audiovisuelle et cinématographique (CAPAC) destinée aux sociétés de production qui ont l'engagement d'un diffuseur. L'an dernier, vingt projets ont ainsi été aidés lors des deux sessions annuelles. Cette année, dès la première session, une vingtaine de projets a déjà été soutenue. « On a deux fois plus de demandes, car certaines sociétés de production présentent deux projets à la fois, précise Bénédicte Vernier ; c'est encourageant, cela montre qu'elles gagnent en assurance et deviennent de plus en plus professionnelles ». Un autre dispositif financier, qui s'inscrit dans le cadre des Aides à la création de la province Sud, est destiné aux réalisateurs de courts-métrages de fiction amateurs. Dernièrement, le concours « Courts contre la montre », créé par le Festival de La Foa et financé par la province Sud, aide les réalisateurs amateurs et professionnels. En quelques minutes, ils doivent convaincre un jury de soutenir leur projet, avec à la clé une enveloppe budgétaire de 2 millions de francs répartie en quatre prix.

Une vitrine à l'international

Les productions calédoniennes se multiplient au fil des ans, et leur qualité s'améliore chaque année. « On n'a vraiment pas à rougir par rapport à ce qui se fait ailleurs, il y a un véritable savoir-faire local », se félicite Bénédicte Vernier. Malheureusement, certaines réalisations s'arrêtent au Festival de La Foa et ne sortent jamais du territoire. Pourtant, plusieurs canaux existent pour leur offrir une vie au-delà des frontières calédoniennes. Les coproductions avec une société étrangère permettent d'avoir un pied hors du territoire, les réalisations s'exportent ainsi naturellement. Plus récemment, les professionnels locaux ont entrepris une nouvelle démarche en frappant à la porte des différents festivals en métropole. Ils peuvent aussi compter sur le soutien du BAT qui tente de créer des liens avec les festivals de la zone Pacifique. « Entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande, il y a un fort potentiel audiovisuel, insiste Bénédicte Vernier ; il faut faire venir les producteurs pour qu'ils découvrent nos techniciens et notre territoire, car la Nouvelle-Calédonie est une véritable terre de tournage ».

Grégory Durieu

« Il faut se diversifier »

 

Jeune réalisateur de courts-métrages, dont Trauma et Le Piano, Benjamin de Los Santos a présenté cette année son dernier projet Awesome Runaway !! lors de la 17e édition du Festival de La Foa.

Passionné par le cinéma, Benjamin de Los Santos apprend les techniques audiovisuelles sur le tas avec quelques amis. Après plusieurs heures de tournage et de montage, le jeune réalisateur souhaite gagner de l'expérience et intègre une école d'audiovisuel en Belgique. Une année d'étude durant laquelle il prend du recul par rapport au milieu du cinéma en Nouvelle-Calédonie. « Vu de l'extérieur, il y a une vraie effervescence autour de l'audiovisuel sur le territoire, reconnaît-il, mais on reste trop sur ce que l'on sait faire ».

Benjamin de Los Santos pointe du doigt le court-métrage qui, selon lui, devrait être une simple carte de visite. « C'est un format que l'on doit utiliser pour montrer ce que l'on sait faire quand on débute, mais on devrait pouvoir s'en détacher pour faire autre chose ». Le jeune réalisateur souhaiterait développer une série ou un long-métrage, mais la recherche de financement freine souvent la réalisation. « Quand on a un projet novateur, tout le monde est emballé, explique-t-il ; mais les gens restent frileux à l'idée de financer autre chose qu'un court-métrage, c'est plus risqué ».

En attendant, du haut de ses 24 ans, Benjamin de Los Santos s'estime heureux de la carrière qu'il a sur le territoire, même s'il aspire à de nouveaux projets. « Je souhaite me diversifier et ne pas faire que des courts-métrages toute ma vie, car on peut réaliser de belles choses sur le territoire, il faut juste oser se lancer ».

 

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Rédaction Made In

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L'équipe de rédaction Made In est composée d'intervenants ponctuels mais aussi de journalistes présents depuis plusieurs années. Ces derniers ont d'ailleurs leur propres signatures sur les articles qu'ils rédigent.

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