Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
18 Déc. 2015

Se diversifier pour renforcer sa compétitivité

Charles Apanaon, Directeur de l’agence IEOM de Nouvelle-Calédonie, Hervé Gonsard, Directeur général de l'IEOM et l'IEDOM, et Philippe de la Cognata, Directeur de l'IEOM et l'IEDOM.
Charles Apanaon, Directeur de l’agence IEOM de Nouvelle-Calédonie, Hervé Gonsard, Directeur général de l'IEOM et l'IEDOM, et Philippe de la Cognata, Directeur de l'IEOM et l'IEDOM.

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Économie - Social
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À l'occasion de son passage en Calédonie, le nouveau Directeur général de l'IEOM, Hervé Gonsard, est revenu sur le contexte économique local qui subit de plein fouet la crise du nickel, alors que, paradoxalement, les indicateurs fondamentaux sont bons.

Fraîchement nommé à la tête de l’Institut d'Émission d’Outre-Mer (IEOM), qui assure les fonctions de Banque centrale en Nouvelle-Calédonie depuis 1967, et de l'Institut d'Émission des Départements d'Outre-Mer (IEDOM), le nouveau Directeur général, Hervé Gonsard, a profité de son premier déplacement en outre-mer pour faire escale en Calédonie. Il y a rencontré les forces vives du monde économique, les représentants de différents secteurs ainsi que les banquiers. Au cours d'un point presse, il a rappelé tout l'enjeu du monde économique local qui, « après avoir connu des années de croissance exceptionnelle et de gros chantiers », va devoir gérer « un atterrissage plus soft et, de fait, se réinventer ». « La passe est actuellement difficile, a-t-il reconnu, faisant référence à la crise que traverse en ce moment le marché du nickel, l'un des poumons de l'économie calédonienne. On peut cependant espérer d'ici six mois à deux ans une baisse des stocks dans le monde et une reprise possible de son cours. Mais je ne lis pas dans le marc de café, et en économie, rien n'est certain (...) Paradoxalement, tout n'est pas si noir. Les indicateurs fondamentaux sont bons. La consommation est un peu fragile, mais elle se maintient, même si l'on observe un léger recul sur les véhicules. L’investissement reste relativement bien orienté et le marché de l’emploi ne se détériore pas trop ces derniers temps. »

Signe de cette tendance, la progression de l’encours des crédits des entreprises qui affichait en juin + 6 % sur un an, chiffre qui se situe au-delà de la moyenne européenne, de la France et du reste de l’outre-mer. « Il n'empêche qu'à long terme, il est toujours bon de diversifier son économie. Et en ce point, la Nouvelle-Calédonie n’échappera pas à une réflexion visant à renforcer sa compétitivité sur d’autres secteurs », a-t-il observé.

Vers une évolution de la politique monétaire

Autre thématique évoquée, l'évolution de la politique monétaire telle qu'elle est aujourd'hui appliquée en Calédonie, fondée sur celle des années 1960-1980 en France, à savoir une politique d'orientation des crédits. « À ce jour, on permet aux banques de venir chercher du refinancement sur les secteurs prioritaires pour le développement, a rappelé Hervé Gonsard. Néanmoins, nous avons des réserves obligatoires, notamment sur les emplois, ce qui prive les banques de liquidités. » L’idée, pour l'ensemble de la zone Pacifique, est de relâcher la pression sur les réserves obligatoires afin de libérer au plus tôt de la liquidité. « De fait, on souhaiterait arriver à une véritable politique de refinancement calquée sur le modèle de la Banque centrale européenne, poursuit le Directeur général, c'est-à-dire avoir un refinancement progressif des banques qui puisse se fonder sur des garanties telles que la cotation des entreprises. Cette politique permettrait aux banques, en fonction de la qualité de leurs portefeuilles, d'obtenir plus de refinancement, et surtout un accès plus simple aux liquidités. » Hervé Gonsard s'est néanmoins voulu rassurant : « comme toujours en matière de politique monétaire, il faut éviter les à-coups ; il ne s'agit pas de faire une révolution copernicienne du jour au lendemain ».

Nathalie Vermorel

 

Un avis en demi-teinte

La FINC ne peut s’empêcher de constater que les indicateurs sont loin d’être au vert. « Une consommation un peu fragile », « un marché du travail pas encore trop détérioré », ces deux indicateurs nous incitent à la prudence, remarque Pierrick Maury, trésorier de la Fédération des industries. Concernant les encours, « je rappelle qu’en 2008 les banques ont été refinancées par l’État de 360 milliards d’euros. En contrepartie, elles ont pris l’engagement d’augmenter leur encours de crédits aux entreprises entre 2 et 4 % par an. Mais je remarque que sur les 7 dernières années, les objectifs n’ont pas été atteints. L’augmentation de 6 % annoncée sur les 6 derniers mois est en soi une bonne nouvelle, et l’on peut se prendre à espérer que cela commence enfin. »

À propos du refinancement des banques, Pierrick Maury reconnaît le bien-fondé de proposer un outil. « Pour autant, ce système de cotation n’est pas vertueux pour les entreprises, et en particulier pour l’entreprise calédonienne, assure le trésorier. En effet, la cotation présente un défaut majeur : la société est évaluée selon une grille standard peu adaptée à la réalité calédonienne, et ce d’autant plus que l’entreprise de notation est basée en métropole. »

Réflexions... Actions !

2015 devrait, selon toute vraisemblance, terminer l’année avec une croissance à 0 %, « alors même que nous sommes en pleine négociation salariale qui se présente au-dessus de l’inflation », ajoute Pierrick Maury. Pas de croissance, de l’inflation : un double impact pour les entreprises, tant sur la consommation que les investissements. Autant dire que les mois à venir risquent d’être difficiles. « Si les salaires augmentent, le pouvoir d’achat des ménages sera conservé, argumente le trésorier de la FINC. En revanche, l’entreprise n’aura pas créé de valeur ajoutée supplémentaire, mesurée par rapport au taux de croissance. » L’augmentation des salaires compensera peut-être celle des prix, mais quid de la compétitivité de l’entreprise ? « Cet indicateur de croissance qui vire au rouge, ajouté aux tendances observées, montre que la Nouvelle-Calédonie commence à stagner, voire à régresser par rapport à la région, souligne Pierrick Maury. Heureusement, des réflexions sont engagées ; ne manquent que les actions. » Parmi elles, l’installation de la BPIFrance (Banque publique d’investissement). Tout était prêt... « Les tergiversations sur le fond de garantie locale à mettre en oeuvre nous aurait encore faire perdre un an, indique la FINC, si le dossier n’avait pas été relancé lors des 4es Rencontres économiques du Pacifique Sud, soutenu par les élus nationaux. »

Ch. A.

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Rédaction Made In

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L'équipe de rédaction Made In est composée d'intervenants ponctuels mais aussi de journalistes présents depuis plusieurs années. Ces derniers ont d'ailleurs leur propres signatures sur les articles qu'ils rédigent.

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