Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
20 Avr. 2016

Crowdfunding et business angels, l’alternative pour les porteurs de projets

Crowdfunding et business angels, l’alternative pour les porteurs de projets

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Économie - Social
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En marge de l’offre bancaire, le crowdfunding et le business angels ont pris de l’ampleur. Ces deux modes de financement sont disponibles localement depuis mars aux porteurs de projets calédoniens.

Pour un chef d’entreprise, trouver des financements pour un projet ou développer son activité relève bien souvent du parcours du combattant. « Nous sommes dans une situation économique tendue, un phénomène que l'on retrouve partout dans le monde, où les banques sont de plus en plus frileuses à suivre les entreprises », constate Pierrick Maury, président de la Financière du Pacifique (Fipac), lors du Midi Casse-Croûte de la CGPME-NC dédié au crowdfunding et au business angels. C'est dans cette période de crise que ces deux systèmes de financement alternatifs ont émergé et ont connu une croissance rapide. Pourquoi ? Parce qu'ils mettent en relation directe un ou plusieurs investisseurs et un porteur de projet.

Un ticket unitaire entre 50 000 à 500 000 francs

« Le crowdfunding, ou financement par la foule, a d'abord été utilisé par les artistes pour trouver des fonds nécessaires à la réalisation d'une œuvre, rappelle Pierrick Maury. Il s'est ensuite adapté à tout type de projets. »

Plusieurs plates-formes existent : les plates-formes de dons où les investisseurs apportent un soutien financier sans recevoir de contrepartie ; les plates-formes de prêts où les investisseurs prêtent des fonds contre des intérêts entre 6 et 12 % selon les risques ; et les plates-formes de financement avec prise de participation minoritaire au capital. « Ce mode de financement permet en général un apport de 20 % d'un projet, relève Pierrick Maury. Ce qui permet d'avoir un capital pour se tourner vers les banques. Les investisseurs apportent un ticket unitaire de 50 000 à 500 000 francs. » Il y a certes un risque pour les investisseurs que le projet n'aboutisse pas, mais le risque zéro n'existe pas. En outre, le crowdfunding représente une formidable opportunité de communiquer et de donner de la visibilité à un projet, comme de fédérer une communauté.

14 millions de francs d'apport en moyenne

Autre mode de financement participatif : le business angel, ou investisseur providentiel, qui est un investisseur qui décide de soutenir financièrement une entreprise dont le projet lui paraît être porteur ou innovant. « En plus d'une part de son patrimoine, il met à la disposition du chef d'entreprise son expérience, son réseau et l'ensemble de ses compétences dans le domaine entrepreneurial », explique Pierrick Maury. Le business angel est soit un chef d'entreprise à la retraite qui souhaite investir dans un projet attractif ou un entrepreneur encore en activité. Les tickets unitaires sont plus élevés que dans le cas du crowdfunding, de 5 millions à 20 millions francs cfp. Les business angels financent entre 10 et 15% du besoin total d'un projet. Ils prennent également des risques en investissant ses fonds mais ils sont généralement proportionnels au retour sur investissement lorsque le pari est réussi. Une fois que l'entreprise est solide, le business angel se retire. « Il faut voir le business angels et le crowdfunding comme des financements complémentaires aux apports bancaires, indique Pierrick Maury. En quelque sorte, ils permettent d'amorcer un projet en toute sécurité et d'être accompagné par des investisseurs qui se sentent responsables et qui croient au projet qu'ils soutiennent et financent. Et si ce mode de financement fonctionne, la banque suit dans un second temps. »

Frédérique de Jode

Depuis mars 2016 en Calédonie

Fipac, la première plate-forme participative calédonienne (www.fipac.nc), permet de regrouper des investisseurs calédoniens et internationaux avec des porteurs de projets du territoire. Dix projets sont déjà en ligne sur la plate-forme qui couvrent tous les secteurs économiques.

L'intérêt de la plate-forme locale est d'encourager l'entrepreneuriat, de fixer les capitaux localement, de créer une communauté, de pouvoir compter sur des retombées économiques et sociales et d'assurer des risques mesurés pour les investisseurs et les chefs d'entreprise. Une campagne de communication est prévue pour que les investisseurs calédoniens s'inscrivent sur cette plate-forme et participent au développement économique du territoire. Fipac est adossée à deux plates-formes métropolitaines pour lever des fonds et permettre d'avoir 120 000 investisseurs potentiels pour les projets calédoniens.

L'association Pacifique Angels est parrainée par France Angels, ce qui implique un accès aux 4 442 business angels métropolitains qui pourront financer l'économie calédonienne. En Nouvelle-Calédonie, 20 personnes sont déjà membres et adhèrent à cette philosophie. Ce sont des chefs d'entreprise expérimentés encore en activité qui souhaitent investir dans de nouveaux leviers de croissance ou des personnes qui ont cessé leurs activités.

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