Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
28 Déc. 2017

Quel modèle économique et social pour la Calédonie de demain ?

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Économie - Social
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Depuis trois ans, l’industrie internationale du nickel est marquée par une crise sans précédent. En Nouvelle-Calédonie, les trois usines métallurgiques génèrent de très importantes pertes. Et leur pérennité pourrait même ne pas être assurée. Des solutions doivent être trouvées pour conforter, voire sauver cette activité et donc les emplois du nickel. Mais il faut également trouver et forcer des relais de croissance pour offrir un emploi à une jeunesse qui constituera les forces vives de demain. Il s’agit donc de préparer « l’à-côté du nickel ». C’est autour de cette thématique que la FINC et l’USTKE, accompagnés par le cabinet Sodie Pacifique, ont organisé un cycle de conférences et de débats durant 6 mois.

Pour construire, il faut discuter, rassembler, échanger, s’opposer. Et quoi de mieux pour produire des idées et des projets que de mener un travail participatif entre deux structures aux idées bien tranchées ? Durant six mois, cinq conférences thématiques organisées par l’USTKE et la FINC ont donné lieu à des échanges nourris, à un débat d’idées et à l’émergence d’idées et de propositions.

Le 26 septembre dernier, lors du séminaire de restitution, 27 de ces projets ont été présentés et soumis au vote de l’ensemble des participants et adhérents des deux organisations syndicales. Cinq d’entre eux ont particulièrement émergé : gestion de la ressource en eau ; intégration des critères privilégiant la production locale dans les marchés publics et parapublics ; mise en place d’une coopérative pour l’écoulement des produits locaux ; pilotage pays de la gestion du logement et de l’habitat ; respect du mode de vie océanien dans la construction des logements. Des propositions concrètes ont été faites. Il s’agit désormais de les mettre en musique.

1re conférence

Jeudi 18 mai - Thème : Urbanisme, foncier, espaces économiques, habitat et logement social et industrie

Le logement est au premier rang des dépenses des ménages. Il a connu une hausse de 73 % entre 2004 et 2013. Un Calédonien sur six vit dans un logement sur-occupé. Or, le pilotage opérationnel, au niveau du pays, de la gestion du logement et de l’habitat apparaît comme un levier indispensable à mettre en œuvre. Outre le décloisonnement des compétences, il est également nécessaire d’intégrer le financement des équipements et des espaces publics dans les budgets des collectivités.

Autre souhait partagé lors de cette première conférence, le respect du mode de vie océanien dans la construction des logements. Il s’agit là de repenser l’habitat selon les cultures et trouver des solutions plus horizontales que verticales, avec un accès facilité à la terre.

2e conférence

Mardi 20 juin - Le désenclavement de l’archipel, une condition pour accueillir et exporter

L’une des pistes évoquées lors de cette deuxième conférence concerne le port en eaux profondes de Vavouto. Susceptible d’être adapté à court terme pour permettre le trafic de conteneurs, il serait un atout pour limiter le transport de fret passant par la route territoriale. Il permettrait en outre d’avoir une infrastructure dimensionnée aux besoins du Nord. Au Sud, un quai plus grand au port de Nouméa engendrerait une diminution des coûts et un accueil des navires de plus grande capacité.

Autre piste évoquée, liée celle-ci au transfert de Magenta sur Tontouta, la nécessité de renforcer l’articulation entre le réseau routier et les aéroports avec une 4 voies jusqu’à Tontouta.

La mutualisation des chambres consulaires, des moyens terrestres maritimes, routiers et aériens est également un projet qui permettrait de baisser les coûts et de gagner en efficience.

3e conférence

Mardi 4 juillet - Vers l’autosuffisance alimentaire, une voie structurante du pays

Premier projet retenu par les participants, la nécessité de maîtriser et gérer la ressource en eau est indéniablement au cœur des préoccupations de chacun.

Parmi les autres pistes de travail retenues, citons l’intégration des critères privilégiant la production locale dans les marchés publics et parapublics et la mise en place d’une coopérative qui permettrait de structurer et de mutualiser les producteurs, afin de favoriser l’écoulement des produits locaux.

Enfin, les adhérents des organisations patronales et syndicales ont également insisté sur la mise en place d’un plan de communication pour valoriser les métiers agricoles.

4e conférence

Mardi 18 juillet - Pour un pays ouvert sur le monde, culture et tourisme

La provincialisation apparaît aujourd’hui comme un frein au développement de la culture et du tourisme. Les participants mettent en avant la nécessité de construire un axe commun à travers un schéma directeur de la culture et du tourisme pour promouvoir le pays.

Il faut également accompagner les artistes par un appui administratif, financier, et au travers d’une pépinière d’artistes qui valoriserait leur image. Il s’agit également de défendre la culture locale (et notamment l’art statuaire) en complétant et renforçant le cadre légal.

De même, il faut professionnaliser le secteur du tourisme, pour monter en compétences les prestataires, mettre aux normes les structures d’accueil avec un accompagnement et un contrôle des acteurs.

5e conférence

Mardi 22 août - Besoins en emplois et compétences aujourd’hui et demain

Parmi les projets proposés, le groupe de travail suggère que l’IDCNC (Institut des compétences) analyse les futurs métiers porteurs du pays pour pouvoir orienter la formation initiale. Avec pour objectif, une GPEC pays (gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences). À titre d’exemple, l’orientation des étudiants se fait parfois dans des secteurs déjà saturés, limitant, de fait, leur insertion professionnelle à l’issue de leur cursus.

Au sein de l’entreprise, les participants appuient sur la nécessité d’améliorer l’accompagnement des salariés et tendre vers un parcours de formation individualisé. En ce sens, il est nécessaire de sensibiliser davantage les PME à l’enjeu de la formation.

Autres pistes avancées, la mutualisation des moyens pour soutenir le déploiement des formations en PME, et le regroupement des trois organismes de placement.

Ils ont dit...

Xavier Benoist

Président de la Fédération des industries de Nouvelle-Calédonie

Xavier Benoist
Xavier Benoist

« Nos organisations syndicales patronales et de salariés que sont la FINC et l’USTKE ont une responsabilité dans la construction de notre modèle économique et social. Nous devons porter et proposer des solutions. Nous avons donc identifié des intérêts et des objectifs convergents pour engager un effort commun d’élaboration de diagnostic partagé et de propositions opérationnelles dans une phase importante de notre histoire.  Il est indispensable de transformer en profondeur le modèle économique de la Nouvelle-Calédonie, de trouver et d’actionner de vrais relais de croissance de l’agriculture, des industries, des services et du tourisme. Avec pour objectif de répondre aux besoins des Calédoniens et de développer les exportations afin d’élargir les bases des marchés des entreprises calédoniennes. L’économie pourra, alors, générer de nouveau de l’emploi, condition sine qua non de la construction d’un destin commun. »

André Forrest

Président de l’USTKE

André Forrest
André Forrest

« Pourquoi avoir engagé ce travail commun avec une organisation patronale ? Parce qu’il nous faut construire un pays plus juste, plus équilibré, donner du travail et de l’export aux nouvelles générations. Si les inégalités persistent, on va droit dans le mur. Il faut donc trouver des convergences entre les différentes forces de ce pays, et réunir les énergies chaque fois que cela est possible. Les propositions faites lors de cette restitution ne sont pas un programme de gouvernement. C’est un appel à construire un pays nouveau, économiquement et socialement équilibré. »

Pierre Ferracci

Président du groupe Alpha (Sodie Pacifique)

Pierre Ferracci
Pierre Ferracci

« La démarche de la FINC et de l’USTKE découle de convictions partagées. La qualité du dialogue entre ces deux organisations, et quelles que soit leurs divergences, est plus importante que l’affrontement. Les modalités retenues sont un exemple qui peut faire école de réflexions, d’échanges et de force de propositions pour trouver des solutions d’avenir pour la Nouvelle-Calédonie. Je crois que l’USTKE et la FINC ont démontré que par la voix du dialogue, on peut arriver à partager et à formuler des diagnostics intéressants et mettre en évidence des solutions appropriées. »

Auteur

Rédaction Made In

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L'équipe de rédaction Made In est composée d'intervenants ponctuels mais aussi de journalistes présents depuis plusieurs années. Ces derniers ont d'ailleurs leur propres signatures sur les articles qu'ils rédigent.

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