Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
Publié le
25 Avr. 2018

Clinique Île Nou Magnin : en grève illimitée

Parmi les services fermés depuis ce mercredi, les urgences de la clinique Magnin.
Parmi les services fermés depuis ce mercredi, les urgences de la clinique Magnin.
©Ch.A.P./Rectiligne
Dans la rubrique
Économie - Social
Nombre de vues
190
Entreprise(s) citée(s)

Plus d’urgences sur le site Magnin, plus de consultations de femmes enceintes, plus de service de chimiothérapie, plus de consultations dans les cabinets privés des praticiens intervenant sur les trois sites… le collectif de crise de la clinique Ile Nou Magnin* a mis sa menace à exécution. Il a entamé ce mercredi 25 avril, dès 7 heures, une grève illimitée.

Il l’avait annoncé, c’est désormais chose faite. Dans un communiqué de presse en date du 24 avril, le collectif de crise de la clinique Ile Nou Magnin dénonce « le mutisme assourdissant du gouvernement à ses sollicitations » et « pas de réponse à sa demande expresse de rendez-vous ». En conséquence, il a décidé de passer à la vitesse supérieure. Depuis ce mercredi 25 avril, INM est en grève illimitée sur les trois sites actuels (les cliniques Magnin et de la Baie-des-Citrons, et la polyclinique de l’Anse-vata).

La continuité des soins est assurée aux patients hospitalisés et aux patients en cours de dialyse. En revanche, les urgences de la clinique Magnin sont fermées, le service de chimiothérapie également et toute femme enceinte ayant besoin de soins ou d’une consultation est priée de se diriger vers les urgences gynécologiques du Médipôle.

Enfin, les cabinets médicaux privés des praticiens intervenant sur les trois sites sont également fermés. De quoi créer un « léger » désordre sur le plan de la carte sanitaire.

Désordre auquel le CHT s’est dit prêt à répondre. « Ses services accueillent tout patient qui le nécessiterait, insiste le centre hospitalier, et tout particulièrement au pôle Mère-Enfant pour les accouchements et les interruptions volontaires de grossesse. »

Les urgences adultes et pédiatriques, aussi bien médicales que chirurgicales sont bien sûr assurées comme à l’accoutumée.

Intérêt général pour les Calédoniens

La situation financière très préoccupante de la clinique à la veille de son déménagement sur le nouveau site de Nouville n’est pas nouvelle en soi. Pour autant, la construction de cette nouvelle structure répondait à une demande imposée par les autorités de la Nouvelle-Calédonie qui souhaitaient que la ville de Nouméa reste dotée d’un établissement de soins. Les arrêtés d’autorisation du 9 juillet 2013 et du 2 avril 2014 ont été signés et publiés au Journal officiel NC. « L’ensemble de nos tutelles a donc depuis des années connaissance de ce transfert et des conditions techniques et financières qui en découlent, insistent les représentants du personnel, des médecins et des syndicats. Cette ouverture répond à un objectif d’intérêt général pour les Calédoniens et notre projet est en passe d’être livré dans les délais et sans dépassement budgétaire. »

Personnel, médecins et syndicats dénoncent aujourd’hui le fait que les pouvoirs publics refusent de leur donner les moyens de réaliser « ce qu’ils nous ont imposé ». Sur les trois projets d’établissements hospitaliers exigés par le Gouvernement (Médipôle, hôpital de Koné, clinique de Nouville), « notre projet est le seul à ne pas être accompagné. » 

Un projet de 13 milliards xpf

« Faux » rétorque le gouvernement qui avance la somme de 2 milliards de francs consacrée à l’ouverture de la nouvelle clinique : 1,264 milliard d’avantages fiscaux consentis dans le cadre de l’investissement, 241 millions de francs pour améliorer la desserte du site, et une avance de trésorerie de 350 millions en 2017, financée par l’Agence sanitaire et sociale, et un accord sur une aide financière de 150 millions pour l’investissement en 2018.

Et d’insister sur le fait que le gouvernement « n’est pas responsable du montage financier, aujourd’hui déconnecté des capacités de l’assurance maladie. » Le coût du projet s’est élevé à 13 milliards de francs comme annoncé. Il a été financé par un montage faisant appel à un emprunt de 10 milliards de francs. Le remboursement de cet emprunt se fera par l’intermédiaire d’un loyer annuel de 1,1 milliard de francs – contre 263 millions aujourd’hui - mis à la charge de l’exploitant (INM).

 Augmentation tarifaire de l’acte de 6 %

Pour parvenir à payer ce loyer, la clinique a prévu une augmentation de son chiffre d’affaires pour dégager plus de rentabilité. Cette augmentation passe par un volume d’activités supérieur (+ 4 % par an), lié à une demande d’ouverture d’activités nouvelles et par des augmentations de tarifs à l’acte de 6 % immédiatement, puis de 2 % chaque année.

En outre, le collectif, outre la revalorisation tarifaire des prestations de soin, demande la mise en place complète du service Soins de suite et de réadaptation dès l’ouverture à Nouville ; l’ouverture des urgences 24 h/24 et la mise en place du service UHCD (Unité d’hospitalisation de courte durée) dès l’ouverture ; et l’octroi en mai 2018 d’une subvention d’équipements de 320 millions xpf.

« Au regard du coût actuel pour le Ruamm de l’activité des 3 cliniques, l’impact, pour l’assurance maladie, représente un coût supplémentaire de 1,4 milliard de francs en année pleine, dès la première année », répond le gouvernement. Ce surcoût sera de 1,485 milliard de francs la 2e année, 1,575 milliard de francs la 3e année, etc. Or, les difficultés du Ruamm sont aujourd’hui une réalité. Il présente un déficit prévisionnel de l’ordre de 9,9 milliards de francs (sans compter l’impact des demandes de la nouvelle clinique). » Dans ces conditions, il n’est pas possible de donner un accord, en l’état, aux demandes d’augmentation des tarifs et d’activités de la clinique INM. »

L’échec de l’ouverture de cet établissement aboutirait à la perte de 400 emplois directs (personnel paramédical et administratif) sans compter les emplois indirects. Et le collectif d’insister : « Cet échec entraînerait également une catastrophe sanitaire avec un arrêt de l’accès aux soins dans le secteur privé. » Autant dire que les prochaines discussions seront suivies avec attention.

Contacts au Médipôle 

Les secrétariats médicaux des différentes spécialités sont à disposition pour fournir tous les renseignements nécessaires. Ils sont accessibles par téléphone : par le standard au 20 80 00 ou directement en consultant leurs numéros sur le site Internet www.cht.nc.

* Le collectif de crise se compose des personnels paramédicaux et administratifs, des professionnels médicaux, chirurgicaux et obstétricaux et les organisations syndicales de la clinique Ile Nou Magnin, Soenc Santé, SFAO Santé-social et Cogetra.

Auteur

Charlotte ANTOINE-PERRON

Charlotte ANTOINE-PERRON

Rédactrice en chef

Dans la rubrique
Économie - Social
Nombre de vues
190
Entreprise(s) citée(s)

 Pour suivre l'actualité, abonnez-vous à notre lettre d'information.

MADE IN

Journal économique de Nouvelle-Calédonie

Bureaux

Immeuble Oceanic
1er étage
3, rue Henri Simonin
Ducos

Courrier

MADE IN
BP 27035
Nouméa Cedex
Nouvelle-Calédonie

Contacts

Tél. : (687) 281 291
 Rédaction
 Publicité

FINC Le magazine Made In est une publication de la Fédération des Industries de Nouvelle-Caledonie -  Voir le site
 Copyright @ FINC - 2007-2018 | Conception et réalisation :  PAO Production