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Publié le
24 Mai. 2018

Cap La Pérouse : une marque d’excellence pour le thon blanc

Florent Pithon, directeur de la société Navimon, Mario Lopez, directeur de la société Pescana et Nicolas Metzdorf, membre du gouvernement.
Florent Pithon, directeur de la société Navimon, Mario Lopez, directeur de la société Pescana et Nicolas Metzdorf, membre du gouvernement.
©Nathalie Vermorel / Rectiligne
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Le germon (thon blanc) jouit désormais d’une marque de renommée : Cap La Pérouse destinée aux marchés étrangers. L’exportation de thonidés vers l’Europe représente aujourd’hui 30 à 50 tonnes par an. Les pêcheurs et les transformateurs espèrent en vendre 200 tonnes supplémentaires sans impacter la ressource.

 Nicolas Metzdorf, membre du gouvernement en charge de la pêche en est persuadé, la filière du germon, « qui représente 70% des captures calédoniennes », a de beaux jours devant elle. « Papouasie-Nouvelle-Guinée, Salomon… Dans notre région, la concurrence des pays à moindre coût est féroce. On n’est pas les moins chers mais on est les meilleurs, assure-t-il. (…) Notre prix de revient n’étant pas comparable à celui de nos pays voisins nous oblige à trouver des marchés de niche pour valoriser la qualité exceptionnelle de notre thon et rester compétitif. »

Après la crevette, le germon calédonien !

La Fédération des pêcheurs hauturiers de Nouvelle-Calédonie est unanime. « Cela fait 25 ans que la filière de la pêche existe dans l’ombre du nickel et du tourisme. Notre pêche à la palangre, et non au filet, est une technique responsable et sélective héritée des Japonais. Nous avons a une ressource qui créée de l’emploi, des marchés prometteurs, il suffit maintenant de savoir se vendre. »  Réunie mercredi au gouvernement, la Fédération a annoncé la création de Cap La Pérouse, une appellation commune destinée à pénétrer les marchés étrangers avec en ligne de mire l’Europe, l’Australie, l’Asie et le Japon. Son nom a été délibérément choisi par l’ensemble des acteurs de la filière « pour faire du germon un produit d’appel à l’export alliant la renommée de l’explorateur au luxe à la française. » 

Le marché du surgelé, un sésame pour l’export ?

Le salon Seafood, organisé en avril à Bruxelles, a permis à la Fédération des pêcheurs hauturiers de Nouvelle-Calédonie « de promouvoir sa technique de pêche certifiée et labellisée » et de faire connaître « la qualité exceptionnelle du germon calédonien. »

Et les premiers retours sont positifs, notamment sur le marché des surgelés. Mario Lopez, directeur de l’armateur et transformateur Pescana, a avancé le nom de clients potentiels tels que Thiriet et Picard ou encore Relais et Châteaux visiblement séduits par la préparation exemplaire de notre poisson grâce à la méthode traditionnelle japonaise dite « ikejime », une technique de pêche durable, moins douloureuse et moins stressante pour le poisson, qui permet d’obtenir une chair de meilleure qualité. 

Une gestion durable au bénéfice de l’export

« Nous sommes l’un des rares pays au monde à pratiquer ce type de pêche avec des objectifs économiques qui s’inscrivent dans la durée. Les seize palangriers calédoniens pêchent aujourd’hui 2 500 tonnes de thon par an contre 250 000 tonnes annuelles pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée ! C’est dérisoire », insiste de son côté Florent Pithon, directeur de la société Navimon, premier armateur de pêche en Nouvelle-Calédonie.

Pêcheurs et transformateurs sont désormais en ordre de marche pour booster la balance commerciale « export » de la Nouvelle-Calédonie. Trois navires supplémentaires ont été autorisés à pêcher dans les eaux calédoniennes par la Commission des ressources marines et la flotte de la société Navimon va être renouvelée. « On va augmenter un peu la pression de pêche dans le parc naturel de la mer de Corail, nettement inférieure aux pays de la zone Pacifique qui déploient une pression de pêche souvent 10 à 20 fois supérieure, en veillant toutefois à ne pas impacter la ressource, » a assuré Nicolas Metzdorf.

Chiffres clés

  • Emplois directs : 235
  • Emplois indirects : plus de 600
  • 2018 : 16 navires, 6 armements, 4 ateliers
  • Production : 2 500 tonnes de thon par an
  • Capacité de progression du marché local : 50 tonnes par an
  • Export vers le Japon : 300 à 500 tonnes par an
  • Export vers l’Europe : 30 à 50 tonnes par an
  • Effort de pêche : 1 hameçon par jour pour 110 km2

Auteur

Charlotte ANTOINE-PERRON

Charlotte ANTOINE-PERRON

Rédactrice en chef

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