Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
06 Juil. 2018

Rapport annuel IEOM 2017 : Une année entre espoirs et tensions

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©A.-S. T. / Rectiligne
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Économie - Social
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L’IEOM (Institut d’émission de l’outre-mer) a publié son rapport pour l’année 2017, véritable baromètre de la santé de l’économie calédonienne. Présenté le 3 juillet 2018 par Remi Fritsch, directeur adjoint de l’agence de Nouméa et par Matthieu Morando, responsable du service études de l’institut, ce rapport fait état d’un bilan contrasté malgré une amélioration par rapport à une économie en 2016 très morose.

En 2017, l’indice de climat des affaires, qui résume l'opinion des entrepreneurs interrogés sur la conjoncture, a connu une remontée importante (+10 points), notamment grâce à une embellie dans le secteur du nickel. Après des cours au plus bas en 2016, l’extraction du nickel signe une année record en Nouvelle-Calédonie, avec près de 16 500 tonnes humides, soit une hausse de 7,3 % par rapport à 2016. Le cobalt aussi connaît de belles performances en 2017, avec un record d’exportation représentant près de 9% de la valeur totale des exports de produits métallurgiques.

Autre bonne nouvelle pour l’économie calédonienne : la production des énergies renouvelables. Selon Remi Fritsch, même si la Nouvelle-Calédonie n’est pas encore exemplaire dans ce domaine, la production d’énergie renouvelable a connu une augmentation en passant de 9, 2% en 2016 à 13,5% en 2017. Ce rebond s’explique notamment par le régime favorable de pluie qui a permis de produire beaucoup d’électricité grâce au barrage de Yaté, ainsi que par la forte croissance de la production photovoltaïque qui a été multipliée par 5 en 2 ans sur le territoire.

Autre secteur qui a eu le vent en poupe en 2017 : le tourisme. Avec une fréquentation record de 120 700 touristes (+4,3%), soutenue notamment par une progression des touristes néozélandais (+12,2%) et australiens (+3,9%).

 9% de la création de richesses par l’industrie

Sur le plan de l’industrie calédonienne (hors mines et métallurgie), le secteur représentait 9 % de la création de richesses sur le territoire en 2016. En 2017, il a employé 6,8 % des effectifs salariés et généré 7,0 % des créations d’entreprises.

Les principales activités industrielles en Nouvelle-Calédonie sont la réparation et l’installation de machines et d’équipements industriels (29,2 % du parc d’entreprises industrielles), l’industrie agroalimentaire (17,6 %), la production de biens de consommation et de produits du bâtiment.

« Fin 2017, l’industrie manufacturière (hors métallurgie) compte 2 595 entreprises (+3,0 % par rapport à 2016) pour près de 7 500 salariés, souligne le rapport. Le nombre d’entreprises sans salarié, qui représente près de 80 % du tissu industriel, est en hausse (+3,4 %). Celui des petites entreprises employeuses (moins de 19 salariés) augmente également (+2,0 %). » En revanche, le nombre d’entreprises de plus de 19 salariés diminue et s’établit à 75.

La progression du nombre d’entreprises a concerné l’ensemble des filières. Les hausses les plus marquantes sont observées dans l’industrie agro-alimentaire (+4,1 %), la fabrication de produits métalliques (+4,0 %) ou encore la réparation et installation de machines et d’équipements (+3,6 %).

Les emplois du secteur de l’industrie et de la transformation sont concentrés surtout dans l’industrie agro-alimentaire, la fabrication de produits métallurgiques hors nickel et celle des produits en caoutchouc et en plastique.

La majorité des industries manufacturières sont aujourd’hui concentrées dans l’agglomération du Grand Nouméa. Après avoir connu une forte croissance au cours de la dernière décennie, le nombre d’entreprises industrielles dans la zone VKP (Voh - Koné - Pouembout) stagne depuis 2014 (105 entreprise, soit 4,0 % du parc en 2017).

-2,7% d’exonérations fiscales

 « Pour soutenir le développement du secteur industriel, qui doit faire face à des coûts d’investissement et de production élevés au regard de la taille du marché local, rappelle l’IEOM dans son rapport, les pouvoirs publics calédoniens ont mis en place une politique volontariste associant protection de la production locale et incitations fiscales. »

Outre les mesures de protection de marché, les entreprises calédoniennes peuvent bénéficier de régimes fiscaux privilégiés pour l’importation de biens d’investissement et de matières premières. Pour autant, en 2017, le montant total des exonérations fiscales obtenues au titre de ces deux régimes d’exonération continue de diminuer par rapport à 2016 en s’élevant à 3,5 milliards de F CFP (-2,7 %).

Des secteurs encore sous haute tension

Pour Remi Fritsch et Matthieu Morandon le bilan de l’année 2017 reste malgré tout contrasté, notamment en raison d’une dégradation flagrante des comptes sociaux. « Tous les régimes sociaux sont dans le rouge », s’inquiète Rémi Fritsch. Le déficit  du Ruamm de 7,2 milliards de F CFP observé en 2016 continue à se creuser.  Outre le vieillissement progressif de la population et un chômage plus important en 2017 (11,6%), le régime est soumis à des taux de prévalence particulièrement importants pour des maladies longue durée telle que le diabète ou les maladies cardiaques. La question de la santé est donc un élément crucial pour la Nouvelle-Calédonie selon les auteurs de ce rapport.

Le marché du travail reste lui aussi sous tension, notamment dans le secteur du BTP. Si ce secteur a bénéficié de la période porteuse des grands travaux, il est désormais le plus touché par la baisse de l’emploi salarié privé (133 emplois en moins entre 2016 et 2017). Une tendance qui se confirme malheureusement au premier trimestre de l’année 2018 en raison des retards d’importants chantiers à venir comme la nouvelle centrale au gaz de la SLN et le programme Lucy de stockage des résidus à sec de Vale.

Par conséquent, les intentions d’investir des entrepreneurs calédoniens retombent au premier trimestre 2018, marquées aussi par un attentisme lié aux échéances électorales de fin d’année. Les auteurs du rapport tiennent cependant à relativiser : « Il y a des indicateurs à surveiller mais pas de grandes inquiétudes. L’année 2017 est meilleure que 2016 où on était au creux du creux » conclut Rémi Fritsch.

Auteur

Charlotte ANTOINE-PERRON

Charlotte ANTOINE-PERRON

Rédactrice en chef

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