Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
31 Aoû. 2018

Il faut sans cesse expliquer l’intérêt d’avoir une industrie sur nos territoires

Thierry Trouillet, président du Syndicat des industriels de Polynésie française : La TVA a été mise en place en 1998 en Polynésie française. « Dans le même temps, l’industrie s’est vu octroyer des taxes de développement local, l’équivalent des protections de marché en Nouvelle-Calédonie, qui n’existaient pas auparavant. Les taux de ces taxes varient de 7 à 82 % pour les produits d’entrée. »
Thierry Trouillet, président du Syndicat des industriels de Polynésie française : La TVA a été mise en place en 1998 en Polynésie française. « Dans le même temps, l’industrie s’est vu octroyer des taxes de développement local, l’équivalent des protections de marché en Nouvelle-Calédonie, qui n’existaient pas auparavant. Les taux de ces taxes varient de 7 à 82 % pour les produits d’entrée. »

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Président depuis deux ans et gérant d’une entreprise de transport d’électricité de 30 personnes, Thierry Trouillet a noué un premier contact avec la FINC lors des derniers Pacific Business Days organisés en Polynésie française en mars dernier. Il revient sur les possibles échanges entre ces deux territoires ultramarins.

La Nouvelle-Calédonie a sa fédération d’industriels, la Polynésie française son syndicat…

Thierry Trouillet : Effectivement. Le Sipof, Syndicat des industriels de Polynésie française, existe depuis 1974. À l’origine de cette création, un groupe d’industriels et la Brasserie de Tahiti. Leur objectif était de pouvoir défendre leurs intérêts par rapport aux politiques. Déjà, à l’époque, l’une de leurs principales missions était d’expliquer l’intérêt d’avoir une industrie dans de petits territoires comme les nôtres. C’est toujours le cas aujourd’hui… c’est un cheval de bataille commun à la
Nouvelle-Calédonie. Nos politiques n’ont pas encore compris, je ne sais pour quelle raison, l’importance d’avoir un tissu industriel de transformation. Pour la plupart d’entre eux, l’industrie se résume à de grandes usines, à de grandes entreprises pour lesquelles il faut des tailles critiques que l’on n’a pas. Or, nous le voyons au Sipof, 88 % des adhérents ont moins de 10 salariés (76 adhérents pour 2600 employés). C’est bien la preuve qu’aujourd’hui on peut avoir une entreprise unipersonnelle et être un industriel. Certes, parfois plus proche de l’artisanat, mais c’est la première étape avant de prendre de l’ampleur. C’est la raison pour laquelle je souhaite traiter différemment, vulgariser le mot « industriel » et parler de transformation locale en local. L’industrie ne se résume pas qu’à de grandes chaînes de montage.

Comment l’industrie a-t-elle vécu la crise économique ? 

Th. T. : Le secteur industriel est celui qui a le mieux résisté à la crise de 2008. Pour autant, il y a eu une certaine forme d’inertie. Depuis deux ans, l’activité repart, mais nous avons besoin d’aide, de soutien. Il s’agit parfois juste d’avoir une vision à moyenne ou longue durée. Et cette vision à 3 ou 5 ans c’est un minimum et c’est même indispensable. Lorsqu’il s’agit d’investir quelques centaines de millions, les politiques oublient que bien souvent, les chefs d’entreprise sortent cela de leurs poches, vont hypothéquer leur maison, vont prendre un engagement, font un pari sur l’avenir. Et pour cela, ils ont besoin d’être rassurés, et d’être assurés que les textes, les règles ne vont pas changer pour x raisons. La TGC, la défiscalisation… les règles fiscales doivent être définies dans la durée. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Nous sortons d’un contexte politique compliqué. Depuis 2004, nous avons changé une quinzaine de fois de gouvernement. Parfois, ils ont duré 42 jours, d’autres 1 an et demi. Impossible dans ces conditions de construire quelque chose. Si l’on peut comprendre la situation, maintenant, avec les nouvelles élections, nous espérons avoir une certaine stabilité pour les 5 ans à venir. Nous allons tâcher de construire avec ce nouveau gouvernement.

Incompréhension des politiques, contraintes administratives… les problématiques semblent les mêmes de part et d’autre du Pacifique.

Th. T. : Nous avons effectivement les mêmes incompréhensions. Ce qui est intéressant et qui sera l’objet du partenariat que nous souhaitons nouer avec la FINC, c’est de pouvoir échanger sur nos sujets communs. Vous avez une loi du pays sur les boissons sucrées en gestation, nous l’avons eue l’année dernière. Nous avons les mêmes fausses bonnes idées de nos gouvernements qui veulent trouver de nouvelles sources de revenus, taxer facilement une assiette de produits qu’ils maîtrisent, taxer certains produits pour financer leurs dépenses. Sur ce sujet, nous avons mené une étude très complète sur la lutte contre l’obésité avec le trop de sucre, de sel, de gras. Or, cela ne concerne pas uniquement quelques boissons fabriquées localement, mais tout contient du sucre. Commençons donc par supprimer — et donc d’aider fiscalement — le sucre comme produit de première nécessité. Soyons cohérents. Nous avons les mêmes problématiques et parfois le fait d’avoir la vision du « cousin » polynésien ou calédonien nous permettrait d’anticiper, de gagner du temps, en passant par nos différentes entités, et nous permettrait peut-être d’éviter quelques écueils. 

Pourquoi ce partenariat avec la FINC ? 

Th. T. : Le souhait est de partager votre méthodologie. Depuis 35 ans, cette association a su en effet fédérer les industriels au travers de projets communs, et ce, entre concurrents, dans une franche entente. En outre, je suis intéressé pour échanger sur nos problématiques communes. Nous sommes loin de tout, peu entendus de Paris. Et pourtant, nous l’avons prouvé, quand on sait se fédérer, on arrive à de beaux résultats. J’en veux pour preuve notre mobilisation commune autour de la défiscalisation. Nous avons obtenu que cet outil soit prorogé jusqu’en 2025. Nous avons d’autres projets intéressants. Demain, il nous sera peut-être possible de travailler sur une compétence mutuelle dans le Pacifique ? Nous pourrons peut-être associer nos entités pour pouvoir travailler plus efficacement et notamment sur des marchés à l’export…

Auteur

Charlotte ANTOINE-PERRON

Charlotte ANTOINE-PERRON

Rédactrice en chef

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