Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
05 Avr. 2010

Lutter contre la vie chère ? Oui, mais comment ?

Lutter contre la vie chère ? Oui, mais comment ?

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Économie - Social
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Le gouvernement a fait de la lutte contre la vie chère l’une des actions prioritaires de sa politique économique. Il entend revaloriser les bas salaires et favoriser la baisse des prix à travers la compétitivité. Trois projets de textes doivent être présentés au Congrès dans les jours prochains.

L’accord-cadre sur la revalorisation des bas salaires, signé le 19 février, a marqué le pas de l’engagement pris par le gouvernement de Nouvelle-Calédonie dans la lutte contre la vie chère. Celle-ci passe par plus de concurrence, plus de contrôle, plus de transparence et plus d’information. Outre les bas salaires, le gouvernement a souhaité également réformer l’aide au logement ainsi que le minimum vieillesse. Ce sont là quelques axes destinés à favoriser l’augmentation des revenus.
Parallèlement, le deuxième objectif de la politique économique est d’encourager la baisse des prix. Fil conducteur de cette politique : la compétitivité. « Améliorer la compétitivité des entreprises signifie diminuer leurs coûts et donc leurs prix, confirme Philippe Germain, membre du gouvernement en charge de l’économie. La réforme doit donc être générale. Il faut aujourd’hui avoir une réflexion commune et collective qui intègre tous les acteurs des filières ».
Concernant le secteur spécifique de l’industrie, il faut continuer à le soutenir, pérenniser sa stabilité et favoriser son développement, en adaptant les aides ou la politique publique pour qu’il gagne en compétitivité. Mais il doit y avoir des contreparties. « On ne peut pas bénéficier du soutien de la collectivité et ne pas se soucier de l’intérêt général. Les entreprises des secteurs aidés doivent avoir un comportement citoyen, être attentives à leur politique produit, à la répartition des richesses, sensibles au développement durable, soucieuses des normes, etc. La collectivité doit s’y retrouver. »

100 produits réglementés

En attendant cette nécessaire réforme, le gouvernement a pris des mesures correctives, dites d’urgence. Elles sont au nombre de trois. Le premier projet de délibération permettra au gouvernement de réglementer les prix d’une centaine de produits de première nécessité ou de consommation courante. « Nous voulons contrôler la marge réalisée sur ces produits, afin que le consommateur puisse y accéder à des prix abordables, insiste Philippe Germain, qui complète : la règlementation était devenue nécessaire, car les précédentes tentatives n’ont pas donné les effets escomptés, comme celle des écoproduits qui n’ont pas pu être généralisés sur toute la Grande-Terre et les îles Loyauté par les acteurs économiques ».
Sur les 15 dernières années, les produits alimentaires ont augmenté de 48 % de plus que l’indice général des prix, avec une hausse particulièrement marquée de 9,5 % entre 2007 et 2008, et de 1 % en 2009. Selon la dernière enquête UFC-Que choisir, les prix de grande consommation sont 96 % plus élevés qu’en métropole. Et la concurrence relative exercée sur le marché ne permet pas une régulation des prix.
L’idée est donc d’encadrer les prix sur la totalité du Territoire. Pour atteindre cet objectif, les professionnels ont souhaité proposer une liste de 100 produits, dont les prix seraient encadrés par un accord-cadre, en attendant que des réformes structurelles puissent conduire à une baisse générale des prix.

Encadrer la pratique des marges arrière

Le deuxième texte a pour vocation de mieux encadrer les relations commerciales entre les acteurs économiques, et notamment entre la grande distribution et ses fournisseurs. « En clair, il s’agit d’encadrer la pratique des remises différées et des marges arrière », confirme le membre du gouvernement. Les marges arrière, ce sont les remises inconditionnelles, les remises de fin d’année (RFA) ou (RCO) ; remises sur chiffres d’affaires versées trimestriellement par les fournisseurs aux distributeurs, qui n’apparaissent pas sur facture ; et la facturation de services de coopération commerciale (droits de référencement, mise en avant des produits, présence dans le catalogue publicitaire, location de têtes de gondole, etc.). Dans la pratique, ces remises sont bien souvent consenties par les fournisseurs sans contrepartie réelle des distributeurs, tant en termes d’augmentation du chiffre d’affaires que des volumes vendus.
Raisons pour lesquelles le texte prévoit d’interdire les remises de fin d’année, pour tous les produits dont les prix sont encadrés et pour les produits frais de l’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture. « Pour les autres, un accord interprofessionnel devra être trouvé, approuvé par arrêté, entre fournisseurs et distributeurs. » Une convention devra également régir les rapports commerciaux.
Concernant le merchandising « qui ne doit pas être subi », rappelle Philippe Germain, la mise en rayons doit relever des tâches du commerçant distributeur. « Si cette mission est déléguée au fournisseur, il doit la valoriser, par le paiement d’une prestation de service ou par des avantages consentis. »
Un autre point du texte donne la possibilité à la Nouvelle-Calédonie d’attaquer en justice pour faire cesser les pratiques contraires à la règle, faire constater la nullité des clauses abusives et demander la réparation du préjudice subi. Enfin, il instaure la sanction administrative.

Vers la gratuité de certaines prestations bancaires

Le troisième projet de texte consiste à encadrer, si un accord ne peut être trouvé d’ici là, les tarifs de base des établissements bancaires. « Les services bancaires sont l’un des aspects du coût de la vie sur lequel il faut se pencher », reconnaît Philippe Germain. En métropole, pour les maisons mères des filiales locales, les frais de tenue de compte, la mise en place d’un virement permanent ou d’un prélèvement automatique et les retraits d’espèces sont gratuits. Ils sont payants en Nouvelle-Calédonie. Et quand on compare les services payants en métropole et sur le Territoire, les écarts peuvent aller jusqu’à 500 ou 600 %. « Sont-ils vraiment justifiés ? » Pour ces services de base, il convient donc de réglementer les tarifs.
Une mission de médiation a été confiée à Robert Lamarque, président du CES (Conseil économique et social), pour que les banques révisent leur politique tarifaire et tendent vers la gratuité des mêmes services qu’en métropole. Des avancées ont été conduites, mais restent insuffisantes par rapport aux objectifs attendus. Une fois cette délibération votée, le gouvernement se donne deux mois pour négocier en direct avec les banques. « À défaut, il fixera d’autorité les tarifs de certaines prestations bancaires. »

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