Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
05 Avr. 2010

Un an après, le SIDNC réattaque…

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Économie - Social
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Fin 2003. Le SIDNC demande au président du gouvernement, Pierre Frogier, de supprimer toutes les protections de marché, nécessaires au développement de l’agriculture, de l’artisanat et de l’industrie de transformation. Avril 2009. Onze recours contre les protections de marché, visant notamment l’agriculture, sont déposés au tribunal.

Mars 2010. Le syndicat annonce une action en justice visant à faire disparaître les protections sur les produits non fabriqués ou non transformés localement, et aux doubles mesures de protection pénalisant un produit.

L’histoire est un éternel recommencement dit-on. C’est visiblement le cas du SIDNC qui ne lâche pas ses proies comme ça. Bien entendu, « l’action en justice ne remet pas en cause l’industrie et la production locales ». Évidemment, « importateurs, distributeurs et détaillants de Nouvelle-Calédonie ont totalement adhéré au principe de la «lutte contre la vie chère», auquel les politiques les ont invités à s’associer. » Incontestablement, ils sont prêts à faire « un effort particulier sur les prix concernant une liste importante de produits de renom, de première nécessité ou de consommation très courante. Et ceci, en proposant des prix identiques sur toute la Nouvelle-Calédonie. » Oui. Sauf qu’à force de s’attaquer au plan annuel d’importation (PAI), c’est l’équilibre économique de la Nouvelle-Calédonie qui pourrait s’en trouver déstabilisé, « avec toutes les conséquences sociales que cela peut engendrer ». Ce sont, en substance, les propos tenus par Philippe Gomès, président du gouvernement, lors d’une conférence de presse organisée le 1er avril dernier, en présence de Jean-Louis d’Anglebermes (membre chargé de l’agriculture, la pêche, l’élevage, le développement durable), Philippe Germain (économie, industrie et travail), et Yann Devillers (infrastructures publiques, transports aériens domestique, terrestre et maritime), et des présidents des chambres consulaires, de la FINC, de la CGPME, de représentants des petits commerçants, de la FNSEA, du SBTP, de l’UPA et de l’Erpa. 

Un gâteau qui se partage en trois

Selon l’étude Syndex 2009, le chiffre d’affaires des grandes surfaces est de 66 milliards, a rappelé Jean-Louis d’Anglebermes. 90 % de celui-ci est capté par les trois groupes de grande distribution : 44 % pour le groupe SCIE Lavoix ; 35 % pour le groupe Kenu-In Distribution et 11 % pour le groupe Guyenne.
Les deux principaux groupes ont intégré par rachat des grossistes importateurs, et sont aussi des importateurs directs. Le groupe Kenu-In Distribution contrôle les sociétés d’importation Pacific Distribution, Nouméa Volailles, Nouméa Surgelés et Profruits ; le groupe Lavoix, le grossiste importateur Rabot, la Maison Guy Courtot, la SCIE Fruits et Légumes… « Une intégration et une concentration qui ne favorisent pas la concurrence sur les prix. »

 

Un gouvernement unanime face à la tentative du SIDNC

Le gouvernement, collégialement, a en effet condamné avec force cette nouvelle action du SIDNC et a réaffirmé son soutien aux producteurs locaux que sont les agriculteurs, les artisans et les industriels qui représentent près de 20 % des emplois du secteur privé (15 000 emplois).
« En voulant que les taxes de protection diminuent, le SIDNC souhaite rendre les produits importés plus compétitifs que ceux fabriqués localement, ce qui revient à anéantir la protection et donc empêcher l’écoulement des produits locaux », a insisté l’exécutif. Or, rappelle-t-il, « les mesures de contingentement sont là pour limiter l’introduction de produits importés qui viendraient se substituer à la valeur ajoutée locale et à l’emploi. » Cette valeur ajoutée locale permet aux producteurs locaux de verser des salaires, de payer des cotisations sociales, de payer des taxes et des impôts. Les mesures de taxation, quant à elle, permettent aux produits locaux d’être compétitifs par rapport à l’importation. Dans cette action, le gouvernement voit surtout une tentative de faire échec à sa politique.
De son côté, le SIDNC se défend d’être « le vilain petit canard de la vie chère. » Il a présenté le 14 avril, chiffres à l’appui, une étude sur le commerce tendant à prouver que le secteur est créateur de richesses, contributif en termes de salaires, d’impôts et taxes et avec un taux de rentabilité, avant impôt, se situant autour des 6 %. Un secteur qui, aussi, se défend de pratiquer des marges abusives « qui correspondraient aux bénéfices réalisés, alors que les marges sont faites pour payer les charges et ensuite, dégager des bénéfices », estime le SIDNC. Son président, Hubert Bantegny a réaffirmé son intention de rentrer dans une position très positive de concertation et de négociation avec tous les acteurs du Territoire et le gouvernement. « S’il y avait eu concertation avant, le PAI n’aurait pas été attaqué », a-t-il opposé. La concertation… La FINC aimerait tant y croire mais les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent.

ILS ONT DIT

FINC (Carold Vassilev) : « L’industrie de transformation est encore très jeune. Tous les pays de la zone nous envient notre outil, qui est performant, formateur et fixateur de valeur ajoutée. Nous avons un pays à construire, mais on ne peut pas construire une économie pérenne en remettant en cause tous les six mois un PAI pour la Nouvelle-Calédonie. »

FINC (Romain Babey) : « La production locale, c’est moins de 10 % de ce qui est vendu dans les hypers. Le problème de la vie chère n’est peut-être pas à chercher de notre côté. »

CCI (André Desplat) :
« La Nouvelle-Calédonie est un pays de pionniers, où technicité et savoir-faire prévalent. Il faut tout faire pour le protéger et le développer, car il est producteur d’emplois et de richesses. »

CMA (Jean-Claude Merlet) : « Le taux d’artisans pour 1 000 habitants est ici trois fois plus élevé qu’en métropole, ce qui indique une énergie développée dans ce domaine et des ressources importantes. »

Chambre d’agriculture (Gérard Pasco) : « On revient encore dans la bataille, mais ça suffit. Il faut que les producteurs puissent travailler plus sereinement à l’avenir. »

FNSEA (Benoît Sauray) : « Il y a 20 ans, nous étions 45 agriculteurs dans la région de VKP. Aujourd’hui, nous sommes 5. Protégeons nos survivants. »

Syndicat des commerçants (Jacques Dolbeau) : « Notre devoir est de soutenir l’industrie, car nos consommateurs sont aussi des salariés. Nous souffrons déjà avec la grande distribution. Aussi, si un pan de l’économie s’effondre, nous risquons de souffrir encore plus. »

CGPME (Monique Jandot) : « Un pays est riche de son économie. L’industrie est un des pans de cette économie. En Calédonie, tous les industriels peuvent se féliciter d’appartenir à ce pan. Aujourd’hui, il faut défendre ces valeurs. »

SP-BTP (Serge Darmizin) : « On voit bon nombre de maîtres d’ouvrage faire venir des produits d’Australie, de Malaisie et même de Chine, lesquels sont envoyés 5 fois moins chers que les produits fabriqués localement. C’est un choix. On peut même se priver du bâtiment si on laisse tout faire. »

UPA (Douyère) : « Nous sommes complètement solidaires du gouvernement. Nous sommes dans le même bateau. »  

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Rédaction Made In

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L'équipe de rédaction Made In est composée d'intervenants ponctuels mais aussi de journalistes présents depuis plusieurs années. Ces derniers ont d'ailleurs leur propres signatures sur les articles qu'ils rédigent.

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