Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
26 Nov. 2011

Un préambule contre la vie chère

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Économie - Social
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Cinq mois après les grandes manifestations et l’ultimatum lancé aux pouvoirs publics, l’Intersyndicale contre la vie chère a obtenu satisfaction. Les membres de la commission spéciale du Congrès ont signé le 12 octobre une feuille de route à l’attention du Gouvernement. 

La commission spéciale vie chère a du pain sur la planche. Mais elle a déjà fixé les bases de ce qui devrait devenir une vaste réforme économique et sociale, avec pour objectifs d’améliorer le pouvoir d’achat, de réduire les inégalités sur le territoire et d’insérer par l’emploi. La démarche, sans précèdent, fait suite aux manifestations qui avaient rassemblé en mai dernier près de 20 000  personnes à Nouméa, Koné et Lifou. Pour se faire entendre auprès des décideurs, l’Intersyndicale, qui regroupe sept syndicats de salariés, avait menacé de lancer une grève générale. C’est ainsi que le 1er septembre, le Congrès a officialisé la création de la « commission spéciale pour l’élaboration et le suivi des accords économiques et sociaux », regroupant les syndicats de salariés, des élus du Congrès et le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Pour s’assurer que les discussions aboutissent à « un véritable changement » et non plus à des « mesures éphémères », les représentants syndicaux ont réclamé, dans la foulée, la rédaction d’une feuille de route des réformes à entreprendre par le Gouvernement. Le document a finalement recueilli, le 12 octobre, l’approbation de la quasi-totalité des parties représentées. 

Ambitieux

S’il ne fait pas office de loi à proprement parler, le préambule contre la vie chère a néanmoins pris une tournure officielle. Et autant dire qu’il est ambitieux. Le texte de sept pages dresse d’abord un constat sans appel de l’économie calédonienne. Il souligne que malgré « le fort développement des dernières décennies » grâce « aux richesses minières, au tissu économique varié et aux services publics »,  les inégalités sont devenues « intolérables ». En guise de solution, les partenaires évoquent alors une série de recommandations : la lutte contre les marges, les prix et les pratiques commerciales « abusives », les concentrations de marché et les abus de positions dominantes. Ils réclament également la suppression de certaines niches fiscales, un impôt sur les plus-values immobilières et financières, la taxation des hauts revenus, ou encore une redevance sur les volumes de nickel extraits. Autres recommandations pour réduire les inégalités : la mise en œuvre « rapide » de la loi sur l’emploi local dans le privé et la préparation de la loi pour les salariés du public, accompagnée d’une réforme de la formation professionnelle et de l’insertion, afin que celles-ci soient plus efficientes. Ils engagent aussi les élus à poursuivre la revalorisation des bas salaires, à réajuster les tarifs des transports ou de l’énergie pour les particuliers.

« Historique » 

Les organisations syndicales ont qualifié le moment d’« historique ». « Pour la première fois, élus et syndicalistes établissent une politique reconnue par l’ensemble des groupes », a indiqué Joao d’Almeida, secrétaire général de la Fédération des fonctionnaires, membre de l’Intersyndicale. En effet, mis à part l’UDC de Nathalie Brizard et Corinne David qui ont notamment déploré le principe de la TVA, toutes les formations sont tombées d’accord. Calédonie Ensemble s’est « félicité » de ces avancées, précisant que 22 des 33 mesures de l’accord économique et social en devenir avaient déjà été annoncées dans le discours de politique générale de Philippe Gomès. De son coté, le Rassemblement UMP a parlé d’objectifs « évidents », en insistant sur l’emploi et la nécessité de se « garder d’un pessimisme excessif » qui nuirait à l’investissement… Les travaux préparatoires de la commission vont se poursuivre jusque fin novembre afin de constituer l’accord économique et social. Exclus du dispositif, les responsables des provinces et les entreprises devraient ensuite rejoindre les discussions. Les réformes ne sont pas attendues avant 2012. Mais l’Intersyndicale a prévenu : « le vrai chantier commence avec ce préambule. Chacun doit prendre ses responsabilités. » Elle entend bien rester vigilante.

Célia Delors 

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Rédaction Made In

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