Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
05 Avr. 2012

Auditeur : un métier d’avenir

Auditeur : un métier d’avenir

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La certification fait partie des démarches engagées en masse par les entreprises métropolitaines et, plus largement, européennes. En Nouvelle-Calédonie, le mouvement n’a certes pas la même ampleur, mais les sociétés s’y mettent peu à peu, conseillées, accompagnées et contrôlées par des auditeurs. Ce métier, Élise Billiaux l’exerce en Nouvelle-Calédonie, un territoire qu’elle a rejoint depuis cinq ans. 

Diplômée d’une école d’ingénieur dans les domaines de l’agroalimentaire et de l’agriculture, Élise Billiaux a rapidement souhaité mettre ses compétences au service des entreprises. « Mais on se rend vite compte que le travail en usine est assimilé à un métier d’homme. Il fallait donc que je trouve une autre porte d’entrée ». C’est en tant que responsable qualité que la jeune ingénieure a pu faire ses premières armes. Un cabinet de conseil la recrute ensuite en tant que consultante, et la voilà, pendant plus de six ans, consultante puis auditrice qualifiée pour les audits de certification. « Je suis ensuite partie en Martinique où je n’ai pu conserver ma qualification d’auditrice », résultat de l’étroitesse du réseau d’entreprises, du faible nombre d’auditeurs et des risques de conflit d’intérêts. En effet, pour un processus totalement transparent, un spécialiste qui va conseiller et suivre une entreprise pendant plusieurs mois afin de la guider vers la conformité aux normes de certification n’aura pas la charge de l’audit final, celui qui déclarera la société apte à être certifiée ou non. 

Le marché calédonien, plus étendu, permet à Élise Billiaux – qui a créé sa société EB Consulting – de prétendre à faire de nouveau reconnaître sa compétence d’auditrice qualifiée mise en suspens. Concrètement, pour retrouver sa double casquette, elle doit démontrer sa maîtrise du processus au travers de plusieurs heures d’audit obligatoires. Une étape destinée à vérifier ses méthodes et ses aptitudes. Elle sera ensuite chargée, au nom d’un organisme tiers et indépendant, d’auditer les entreprises candidates à la certification dans un domaine précis. 

Audit interne, audit à blanc

En attendant de retrouver officiellement ce titre, Élise Billiaux demeure une auditrice professionnelle. À la demande des entreprises ou de l’Institut de la Qualité de Nouvelle-Calédonie, elle arpente les structures désireuses de s’engager dans une démarche de certification. « Les normes ne sont pas une exigence réglementaire, fait-elle remarquer. La démarche est complètement volontaire, ce qui garantit l’implication et la motivation des équipes ». Et si la certification n’est sans doute pas encore un argument commercial pour les industries calédoniennes, elle est le signe d’une prise de conscience que la qualité du management, dans quelque domaine que ce soit, a un impact direct sur le fonctionnement et la progression de la structure. 

L’auditrice mène donc des audits internes à la demande de sociétés désireuses de faire le point notamment sur leur management de la qualité (ISO 9001) ou de la sécurité alimentaire (ISO 22 000), domaines dans lesquels elle est la plus qualifiée. Élise Billiaux mène également des audits blancs, sortes de tests grandeur nature avant la visite des auditeurs officiels de l’organisme sollicité. Des démarches qui s’accompagnent d’une phase de conseil sur une, voire deux années, pour aboutir à un management performant et à une certification officielle. 

Évaluation sans jugement

« Un audit n’est jamais une remise en cause du savoir-faire de l’entreprise, précise Élise Billiaux. Il s‘agit bien d’évaluer des pratiques de management par rapport à des normes précises ! » Un détail important tant l’audit demande l’investissement de tous, de la direction à l’ouvrier. La démarche débute par la préparation d’un plan d’audit, élaboré à partir des données existantes. Puis, sur le terrain, une réunion d’ouverture destinée à expliquer la démarche, sa transparence et sa confidentialité lance le processus. « Je peux alors commencer l’audit, et ce sera toujours avec le patron. Il est impératif qu’il montre son implication pour que toute l’entreprise suive ». Vient ensuite l’audit des différents services, une réunion de clôture pour un premier bilan de la démarche menée sur quelques jours, et enfin la rédaction du rapport, base du travail à effectuer en vue d’une certification. « On part de loin parfois, tant certaines petites entreprises appliquent un management paternaliste. Ce qui n’empêche pas d’obtenir de très bons résultats ensuite ». 

Coûteux, en temps et en argent, l’audit et le conseil ont néanmoins toujours pour effet d’améliorer à terme la qualité des conditions de travail et finalement les résultats de l’entreprise. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le nombre d’entreprises à se lancer dans la démarche croît sans cesse. Reste désormais à Élise Billiaux à récupérer sa qualification d’auditrice de certification. Un atout pour les professionnels du territoire : la Nouvelle-Calédonie disposerait alors de deux auditeurs qualifiés et sentirait moins la nécessité de faire appel à des auditeurs métropolitains – et de financer leur venue – tant pour les évaluations que pour les contrôles réguliers, puisqu’une accréditation n’est jamais délivrée à vie ! 

La pyramide de la certification

L’attribution d’une certification relève d’une pyramide de compétences et de contrôles clairement établie. Au bout de la chaîne, l’entreprise prétendant à la reconnaissance officielle d’un système de management est contrôlée par un auditeur qualifié par l’organisme dont relève la certification visée. Ces organismes sont eux-mêmes détenteurs de la certification EN 45000, assurance qu’ils détiennent les compétences humaines et techniques pour évaluer les entreprises. Enfin, ces organismes certificateurs dépendent directement du COFRAC, le comité français d’accréditation, reconnu depuis 2008 par décret comme unique instance nationale d’accréditation.  

Ce métier lui plaît pour…

Les échanges et les rencontres, la rigueur que nécessite la démarche, l’adaptation nécessaire en fonction de l’entreprise auditée et la diversité de ces entreprises.

Anne-Claire Lévêque

Auteur

Rédaction Made In

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L'équipe de rédaction Made In est composée d'intervenants ponctuels mais aussi de journalistes présents depuis plusieurs années. Ces derniers ont d'ailleurs leur propres signatures sur les articles qu'ils rédigent.

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