Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
10 Déc. 2013

Actus de la mine

Sur le site de Doniambo, une nouvelle centrale électrique, d’un investissement de 80 milliards F CFP, devrait voir le jour à l’horizon 2017.
Sur le site de Doniambo, une nouvelle centrale électrique, d’un investissement de 80 milliards F CFP, devrait voir le jour à l’horizon 2017.
© SLN/David Becker

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SLN

Centrale électrique de la SLN : le charbon privilégié

Le choix du combustible pour la future centrale électrique de la « vieille dame » est scruté à la loupe. Que ce soit par les acteurs politiques calédoniens, les associations environnementales ou par l'État par la voix de Victorin Lurel, ministre des Outre-mer, ou d'un rapport publié en octobre dernier par des experts métropolitains. Il y a un point sur lequel la concorde existe : le remplacement inévitable de la centrale thermique de la SLN pour des raisons environnementales et de performance énergétique. Le choix du combustible, lui, a fait débat. L'industriel a arrêté sa décision : ce sera le charbon, la solution du gaz n'était pas envisageable pour des questions de coût – le prix du gaz étant indexé sur celui du pétrole – et de sécurité. La future centrale permettra de diviser au minimum par 15 les émissions de poussières, par 10 les émissions de dioxyde de soufre (SO2) de la centrale, par deux les émissions d’oxydes d’azote (Nox). À puissance égale, la quantité de CO2 émise par la nouvelle centrale de la SLN sera quasiment la même (4 % de plus) qu'avec l’actuelle centrale au fuel.
Un choix qui a trouvé l'aval de Victorin Lurel et récemment du rapport émis par les deux spécialistes métropolitains mandatés en Nouvelle-Calédonie par les ministères de l’Écologie, du Développement durable, de l’Énergie, du Redressement productif et des Outre-mer. Leur expertise, publiée en octobre dernier, souligne « qu’il n’y a pas de raisons de remettre en cause le choix effectué par l’entreprise. L’option charbon est sensiblement plus économe que l’option gaz, l’écart étant d’environ 55 millions de dollars US par an ». Le rapport écarte également l'alimentation de la centrale par les énergies renouvelables, jugée non réalisable. Toutefois sur le volet environnemental, les experts notent qu'aucune réponse satisfaisante n'a été apportée concernant le traitement des cendres, notamment sur la fabrication d’un « ciment vert ». Ils demandent également de garantir des mesures de compensation à apporter sur les émissions de CO2. Si le calendrier suit son cours, le démarrage de la nouvelle centrale thermique d'une puissance de 180 MW, et d'un investissement de 80 milliards F CFP, est prévu pour 2017.


Loi du pays

Une taxe sur l'or vert

Penser l'après-nickel. Tirer profit pour l'avenir d'une ressource naturelle non renouvelable. Ce sont les objectifs de la nouvelle mouture de l'avant-projet de loi du pays que le gouvernement a approuvé, en septembre dernier, visant à instaurer une contribution minière et métallurgique. Une contribution sur la tonne de minerai extraite, indexée sur le cours du nickel, et destinée à alimenter un fonds nickel pour les générations futures. Cette taxe, que le gouvernement souhaite appliquer à tous les opérateurs, se heurte aux modalités du pacte de stabilité fiscale accordé à Vale NC et KNS qui les exonèrent sur une durée de 15 ans de certains impôts. Un avant-projet avait déjà été adopté en mai dernier. Mais le Conseil d'État avait demandé de justifier l'intérêt général de cette taxe minière pour remettre en cause les accords avec les industriels. Le gouvernement a dû revoir sa copie. À l'heure actuelle, le nouvel avant-projet est entre les mains du Conseil d'État. Une fois sa réponse rendue, ce sera au Congrès de statuer.


Administration

La Dimenc a un nouveau directeur

Depuis début octobre, le fauteuil de directeur des Mines et de l’Énergie de la Nouvelle-Calédonie a un nouvel occupant. Didier Le Moine, ingénieur de 44 ans, a pris ses fonctions, fort d’une expérience aux multiples facettes. Formé aux télécommunications, il a fait ses premières armes chez France Télécom. En métropole pour le déploiement de l’Internet à grande échelle, aux États-Unis pour la commercialisation de services d’interconnexion, puis à Sophia Antipolis dans un centre de recherche et développement.  Désireux d’élargir ses compétences et ses perspectives, Didier le Moine a passé le concours de l’École nationale supérieure télécommunications avant de rejoindre le ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie. Au sein de la division internationale, il intervenait dans le domaine des technologies de l’information et des communications auprès d’entités multilatérales. Enfin, depuis quatre ans, il avait fait ses bagages pour le Japon. Membre du service économie régionale de l’ambassade de France à Tokyo, Didier Le Moine officiait alors en tant que conseiller pour les questions industrielles et les services. En Nouvelle-Calédonie, il élargit encore son champ d’activité avec les secteurs miniers et énergétiques, dossiers aussi opérationnels que stratégiques pour le territoire.


Vale

Quand un tuyau se détache…

Coup dur pour Vale Nouvelle-Calédonie. Alors que la production de l’usine du Sud se poursuivait avec un objectif de 24 000 tonnes sur l’année, un nouvel incident est venu perturber les plans de l’industriel. Un morceau de l’émissaire marin s’est détaché, entraînant enquête et suspension d’activité.

À l’heure où nous écrivons, l’usine du Grand Sud a suspendu ses activités de production depuis un peu plus de 24 h. Une décision consécutive au détachement des quinze derniers mètres de l’émissaire marin, chargé de disperser les rejets dans le fond du canal de la Havannah. Le second train de production Hpal a donc été arrêté « afin de préserver le volume de stockage de notre parc à résidus de la Kwé », annonçait l’industriel dans un communiqué.
Mi-novembre, Vale NC mettait en œuvre d’importants moyens pour résoudre le problème. Une enquête technique mobilisait alors 18 plongeurs de quatre sociétés spécialisées, deux robots sous-marins et un bateau équipé d’un sonar. La société qui avait posé l’émissaire en 2009, GeOcean, avait également envoyé deux ingénieurs en soutien aux équipes locales. Une large mobilisation de moyens et de compétences destinée à déterminer l’origine du problème, à évaluer l’état de l’émissaire sur toute sa longueur, mais aussi les options de réparation à court terme. Enfin, des modèles de dispersion devaient aussi être réalisés afin de connaitre les conséquences de l’absence du diffuseur.
Rappelons que l’objet flottant a été détecté et évité par le Betico le 11 novembre dernier alors que le bateau effectuait l’une de ses traversées. Vale NC a lancé sans attendre des investigations pour déterminer si le tuyau appartenait bien à son émissaire, confirmation apportée dès le lendemain de l’incident. Des investigations ont été lancées afin de déterminer le moment auquel le diffuseur s’est détaché mais aussi la raison de cet incident. Les 21 km de l’émissaire devaient être examinés de près et les qualités physico-chimiques de l’eau du canal vérifiées. Cet incident va à l’encontre du  «redressement» du projet Goro qui passera en pleine production début 2014, avec le recrutement de
70 opérateurs et un investissement financier et humain à marche forcée. Le projet, contre les pronostics les plus pessimistes est en phase de réusssir, mais ce morceau de tuyau vient mal à propos.


SLN

La SLN fait la chasse aux poussières

Afin de réduire l’émission de poussières de minerai, un troisième électrofiltre a été installé à Doniambo au niveau du préséchage depuis mai dernier. Cet équipement majeur d’un investissement de 2 milliards de francs induit une baisse de 50 % des émissions de poussières sur la zone et de 25 % de manière globale.

« C’est un projet que nous menons depuis plus de trois ans et qui a pour but de diviser par deux le rejet de poussières lié au séchage du minerai », explique Jean-Charles Ritter, directeur technique de la SLN. Chaque année, l’usine pyrométallurgique de Doniambo transforme environ 3,5 millions de tonnes humides de minerai. À son arrivée sur le site, le minerai contient en moyenne 30 % d’humidité. Il n’est pas alors manipulable car trop boueux ou collant. Pour qu’il le soit, il faut que ce pourcentage diminue de 10 %. C’est pourquoi, le minerai passe par l’étape du préséchage, dans deux tubes tournants d’une capacité de 200 tonnes par heure, entre sa réception et sa fusion. C’est à ce niveau du préséchage que le troisième électrofiltre, d’une performance supérieure aux deux électrofiltres déjà présents sur le site industriel, a été installé en mai dernier. L’objectif étant de résoudre le problème des émissions de poussières, canalisées de l’usine, issues des tubes de préséchage. « Cet équipement majeur permet de filtrer dans le volume d’une cathédrale les gaz de combustion chargés de poussières. Le résultat est vraiment significatif, note Jean-Charles Ritter, puisque l’émission des gaz de poussières a diminué de 62 milligrammes/m3 pour un seuil maximum de 100 à moins de 25 pour un seuil maximum diminué à 50 milligrammes/m3. » L’électrofiltre permet de piéger les poussières, de diminuer leur rejet dans l’atmosphère et de lutter ainsi contre la pollution. « Avec la diminution de 50 % des émanations de poussières, la SLN s’aligne désormais sur son arrêté d’exploitation ICPE », précise Jean-Charles Ritter. Dans ce même objectif de baisser ses impacts environnementaux, la SLN compte sur sa nouvelle centrale électrique qui réduira sensiblement ses émissions de poussières.
L’installation de l’électrofiltre a nécessité la compétence des entreprises locales. Sur les 2 milliards de francs que représente cet investissement, plus de la moitié a été injectée dans l’économie calédonienne. « En effet, pour mettre en place cet équipement, la SLN a fait appel à différentes entreprises locales, souligne Jean-Charles Ritter, que ce soit dans le secteur du génie civil, pour le montage des gaines ou encore pour la partie calorifuge. »

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