Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
19 Avr. 2016

Actus Mines

Le site minier de Thiébaghi exploité par la SLN.
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© Frédérique de Jode

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L'exécutif déploie un plan de soutien conjoncturel pour le secteur du nickel

Dans la continuité des déclarations faites lors du XIVe Comité des signataires à Paris et du plan en quatre axes proposé par le groupe de travail des présidents et des signataires de l’accord de Nouméa, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a présenté le 8 mars sa feuille de route pour accompagner les acteurs du nickel dans la tourmente.

La priorité reste l'approvisionnement de l'usine de Gwangyang en Corée du Sud. Sur les 3,6 millions de tonnes humides de minerai, NMC devra fournir un peu plus de 3 millions. SLN, SMGM et Ballande se chargeront des 550 000 tonnes restantes. Autre décision : l'examen des demandes d'exportation vers la Chine de minerai à basse teneur, au centre du conflit des rouleurs en août dernier. Le client traditionnel australien, QNI, acheteur des latérites calédoniennes, étant en redressement judiciaire, les mineurs demandent d'ouvrir le marché chinois à l'or vert calédonien. Ainsi, le gouvernement examinera les dossiers d’exportation vers la Chine, en substitution des volumes accordés actuellement vers l’Australie, dans la limite de deux millions de tonnes humides par an. Les demandes déposées devront être limitées à douze, voire dix-huit mois. Toutefois, le souhait du gouvernement est que ces exportations de latérites soient destinées à des métallurgistes chinois fabricants d’acier, et non de « pig iron ». Enfin, l'exécutif examinera ou réexaminera les autres demandes d’exportation dans le respect d’une gestion durable de la ressource et la préservation de l’activité minière. Si le SEM, le Syndicat des exportateurs de minerai, salue les premiers engagements de ce plan, il mentionne « qu'il est urgent que les 3 demandes d’exportation présentées depuis 18 mois par la SLN, SMGM et SMT pour faire face à la défaillance de Queensland Nickel soient traitées de manière concrète et rapide. À ce jour, aucun de ces 3 contrats n’a reçu d’autorisation effective ».

A l’heure où nous bouclons, alors que les rouleurs menacent de se remobiliser, le gouvernement s’est engagé à examiner très prochainement les demandes d’exportation de la SLN et de Ballande vers la Chine.


Eramet et l’État apportent leur soutien à la SLN

Il faut sauver le soldat SLN. C’est ce qui ressort des actes pris lors du dernier conseil d’administration d’Eramet le

17 février dernier. Les administrateurs du groupe, dont les représentants de l’État, ont décidé de soutenir l’industriel métallurgique par une enveloppe de 18 milliards de francs afin de garantir pour les six prochains mois son activité. Une bouffée d’oxygène pour la SLN certes. Mais face à la crise du nickel, l’entreprise poursuit son plan 2014-2017 de réduction des coûts et d’amélioration de la productivité, « tout en faisant le dos rond pour passer la crise », comme l’a précisé Jérôme Fabre, directeur général de la SLN, lors d’une conférence de presse le 22 décembre dernier. 7 à
10 milliards d’économies sont prévus en 2016 tandis que l’usine de Doniambo va se spécialiser dans le ferronickel, une décision impliquant de fermer les ateliers Bessemer qui produisent des mattes, « sans licenciement de salariés » a précisé Jérôme Fabre.

Quant à la question cruciale de la centrale C dont la réalisation est en stand-by, les partenaires et l’État souhaitent que le dossier soit à nouveau mis sur la table. Un investissement inévitable pour que la SLN, qui a affiché en 2015 une perte de 31milliards de francs, reste compétitive. Lors de sa prochaine visite sur le Caillou, Manuel Valls précisera les modalités de l’engagement de l’État auprès de la SLN.


Le Fonds nickel déclenché

Le 17 janvier, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a pris un arrêté déclarant officiellement le secteur du nickel en crise, confronté depuis plus d'un an à une baisse drastique des cours mondiaux. Une étape préalable au déclenchement d'actions de soutien du Fonds nickel. Créé en 2009, ce Fonds nickel est un établissement public qui a pour mission de préserver l'industrie minière et métallurgique en cas de crise. Financé par les industriels, il est doté d'environ 2,5 milliards de francs CFP. Le conseil d’administration du Fonds nickel a débloqué le 15 mars 600 millions de francs pour aider les entreprises du secteur de moins de 500 salariés et leurs sous-traitants. Le Fonds sera réparti pour 330 millions en travaux de curage et pour 270 millions en prise en charge des cotisations patronales.


Réduire les coûts

Pour la survie de l'usine du Sud, l'industriel entend diminuer ses dépenses administratives et réviser ses contrats avec ses sous-traitants. Objectif : économiser 10 milliards de francs. Si ce plan drastique aura des incidences sur l'ensemble de l'économie calédonienne, il ne devrait pas entraîner une compression du personnel. Côté production, Vale a revu à la baisse ses ambitions, soit 36 000 tonnes de nickel au lieu de 46 000 tonnes. Récemment, les japonais Sumitomo Metal Mining et Mitsui, qui détenaient 14,5 % de l’usine, ont fait valoir leurs droits de retrait. Le groupe brésilien Vale détient 95 % de l’usine du Grand Sud et la SPMC, 5 %. L'année s'annonce donc cruciale pour Goro, qui a affiché une perte de 40 milliards de francs en 2015.


KNS sur le fil du rasoir ?

L’avenir de KNS dépend du bon fonctionnement du four N1, reconstruit à la suite d’une erreur de fonctionnement. L’objectif de production est de 16 000 tonnes en 2016. Après les déclarations fracassante du PDG de Glencore, Ivan Glasenberg en mars dernier, Kénny Ives, l’un des patrons de la branche nickel de Glencore, a déclaré que la décision définitive sur l’avenir de l’usine de KNS se ferait non plus en juin mais à la fin de l’année. Une respiration pour l’ensemble des salariés de l’usine du Nord.

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