Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
08 Sep. 2009

« Le Défi calédonien » entre dans la course

« Le Défi calédonien » entre dans la course

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Actus des industriels
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Voilà maintenant plusieurs mois qu’il se prépare. Avec le soutien de la FINC, Antoine Rioux s’apprête à prendre le départ de la Mini Transat. Avant lui, d’autres s’y sont essayés, comme Ellen Mac Arthur ou Loïck Peyron ; ils l’ont remporté et la passion ne les a plus jamais quittés…

C’est officiel depuis le 12 juillet dernier, Antoine Rioux et son bateau 100 % « Made'In Calédonie » prendront le départ de la Mini Transat, l’une des courses en solitaire les plus mythiques au monde. À force de persévérance et de pugnacité, le jeune Calédonien réalise déjà un exploit.
Comme l’ont fait par le passé Isabelle Autissier, Ellen Mac Arthur, Michel Desjoyeux ou Yves Parlier, notre cagou s’apprête à traverser l’Atlantique, en solitaire et sans assistance, sur un monocoque de 6,50 m construit dans un dock de la Baie de la Moselle. Le Défi calédonien est en effet qualifié pour la Transat 6.50 Charente-Maritime/Bahia. Trente-deux ans après la première édition, la course légendaire s’élancera le 13 septembre. Quatre-vingt-quatre bateaux seront au départ, dont 31 étrangers, de
12 nationalités différentes.
« La course au large m’a toujours fait rêver, j’ai toujours pensé qu’il fallait être un extra-terrestre pour y accéder. Aujourd’hui, je suis à la porte de la Mini Transat, un rêve de gosse qui devient réalité, s’enthousiasme le marin.  Avant tout, je suis fier de porter les couleurs de la Nouvelle-Calédonie et de son industrie. Etre capable de construire un prototype high-tech à Nouméa montre que notre industrie est à la pointe du progrès. »

Antoine, le rêveur réaliste

Antoine Rioux aime le vent, à l’image de son arrière-grand-père, de son grand-père et de son père. Mais à défaut d’être meunier comme eux, lui a choisit la mer. Tour à tour préparateur technique, puis gréeur, matelot, second, Antoine convoie les bateaux des pros avant ou après les régates. Depuis 15 ans, il prépare les bateaux des autres, car il connaît tout à la mécanique, à l’électricité, à la structure et même au renflouage. Alors, à 28 ans, il décide de faire tourner la roue. Il veut un bateau. Le fait dessiner par l’un des meilleurs architectes mondiaux, Martin Fisher, et le construit de ses mains, dans un dock prêté par un copain. Après plus d’un an de chantier, Aux Antipodes - Le Défi Calédonien est enfin prêt à rejoindre l’océan pacifique. Mais avant cela, il fait gruter « la bête »… Le dock du copain est au 2e étage !
Après avoir participé au Tour de Calédonie organisé par le CNC, le bateau embarque à bord d’un cargo, direction la métropole. Une fois réceptionné, Antoine participe au Select 6.50 ainsi qu’au Mini Pavois. Ces deux courses validées, il ne restait plus à Antoine qu’à réaliser 1 000 milles en solitaire hors course, avec pour seules obligations de terminer le parcours sans assistance, et de tenir à jour son journal de bord (point au sextant, analyse de la navigation, observations météo, etc.). Sa qualification acquise, Antoine s’est remis au travail et piaffe d’impatience sur la ligne de départ. Parions que le cagou lui portera bonheur. Rendez-vous en octobre à Salvador de Bahia pour saluer sa détermination.

Un appartement de 4 m3 avec vue sur mer

École de la course au large, premier échelon à gravir sur l'échelle du futur skipper professionnel, concours Lépine de l’architecture navale, la Mini Transat est une course hors du commun. Antoine devra vaincre le soleil, la solitude, la soif,

Fiche technique

  • Plan : Martin Fisher
  • Chantier de construction : Antoine Rioux
  • Nom de baptême : Aux antipodes
  • Nom de course : Le défi calédonien
  • Port d'attache : Le Cercle Nautique Calédonien
  • Longueur : 6,50 m
  • Largeur : 3 m
  • Tirant d'eau : 2 m
  • Tirant d'air : 12 m
  • Poids : 850 kg
  • Surface de voile au près : 48 m2
  • Surface de voile au portant : 130 m2

la faim, la peur de la navigation sans assistance extérieure, il devra habituer son corps à dormir par tranches de 20 minutes, optimiser « un appartement de 4 m3 avec vue sur mer » avec cuisine, chambre à coucher, atelier et cabinet de toilette intégrés...
« La Mini Transat offre plusieurs défis qui me correspondent, fait remarquer Antoine. Un défi technologique : construire et mettre au point son bateau. Une aventure humaine : une traversée d’un océan en solitaire et sans assistance. Un défi sportif. » Tous les grands marins sont passés par cette « case obligée » qu’est la Mini. Tous le reconnaissent, cette transatlantique est la porte d'entrée dans le monde de la course au large. « Je suis un compétiteur dans l’âme, et quand je prends le départ d’une course, c’est pour voir un maximum de copains derrière moi. Pour plusieurs d’entre nous, cette Mini Transat se veut un tremplin. Mon objectif est de participer à d’autres courses mythiques. »

Premiers tests concluants

« Mais pour l’instant, il reste encore du travail ! » confiait Antoine à l’annonce de sa qualification, et qui a aussitôt remis son bateau en chantier. « Au portant, le bateau est très compétitif. Au près, il ne marche pas. Il est trop ardent », expliquait alors Martin Fisher, l’architecte internationalement reconnu du Défi calédonien, qui travaille actuellement sur les foils de « Sodebo » (détenteur du record de la traversée de l’Atlantique en solitaire) et sur les plans d’un maxi-monocoque de course. « Nous avons refait des calculs en considérant les performances des derniers mois et modifions l’emplacement et l’angle d’attaque des dérives. Nous allons également rajouter des réservoirs de ballasts latéraux. Ainsi, nous améliorerons l’équilibre et la compétitivité du bateau. »
Le temps presse. Le temps manque. Mais Antoine n’est pas du genre à se laisser abattre. D’ailleurs, les premiers tests de modification de son bateau lui ont donné raison. « Ils sont concluants. Le bateau a gagné en vitesse. Je regrette simplement de n’avoir pas pu encore me mesurer à d’autres sister-ships. » Patience, Antoine, l’heure est proche…

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L'équipe de rédaction Made In est composée d'intervenants ponctuels mais aussi de journalistes présents depuis plusieurs années. Ces derniers ont d'ailleurs leur propres signatures sur les articles qu'ils rédigent.

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