Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
11 Aoû. 2012

Sosefo Kilikili, du bleu marin au bleu ciel

J’aime mon travail. Je n’ai vraiment pas envie d’en changer.
J’aime mon travail. Je n’ai vraiment pas envie d’en changer.

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Il a bâti sa vie à la force du courage. Futunien d’origine, Sosefo Kilikili découvre la Nouvelle-Calédonie avec l’armée. Depuis, il a traversé bien des aventures avant de devenir l’un des piliers des Chalets de Païta.

Malgré sa carrure imposante, l’homme de 37 ans paraît discret, presque timide. Pourtant, Sosefo Kilikili possède une grande force intérieure qui lui a permis de franchir les obstacles les uns après les autres, avant de se poser enfin à Païta.

Sosefo n’a pas connu le collège. Dès l’âge de 10 ans, il arrête sa scolarité pour aider son père malade, à Futuna. Il y construit son adolescence, au fil de la vie sur l’île, entre Coutume et travaux à la maison. Mais l’armée l’appelle en 1994 pour effectuer son service militaire. Et c’est sous l’uniforme qu’il découvre la Nouvelle-Calédonie. Le retour à Futuna, en 1995, ne lui offre aucun espoir de travail, et il décide de revenir sur le Caillou moins d’un an après l’avoir quitté.

Sur des chalutiers

Il trouve un emploi dans une compagnie de chalutiers pêchant pour un important armateur japonais. Sosefo en garde un rude souvenir. « Nous partions pour trois mois. Il fallait se lever à 4 h30 du matin. Nous avions 1 h 30 de pause avant de reprendre de midi à 3 heures du matin. Nous dormions à peine, car nous avions des centaines de lignes de plusieurs kilomètres pour attraper les thons et autres gros poissons », se souvient-il. Une semaine de repos entre chaque campagne pour un salaire dérisoire, Sosefo tient le choc durant trois ans grâce à la bonne ambiance qui régnait à bord. Jusqu’à la faillite du groupe japonais et des chalutiers basés en Calédonie.

L’apprentissage

Il obtient alors un travail chez un cousin patenté qui lui apprend la charpente et la couverture des maisons en bois ou en tôle. Malheureusement, ce cousin décède en 2001 et Sosefo déniche de nouveaux emplois pour perfectionner sa technique de couvreur dans différentes entreprises du bâtiment.

Il lui faut attendre 2007 et la naissance des Chalets de Païta, pour qu’il puisse enfin se poser. « Nous n’étions que trois au tout début », raconte-t-il. Il a participé activement à l’essor de cette PME spécialisée dans la construction et l’aménagement de chalets. Ils sont achetés comme petite maison secondaire, magasin de proximité, chambres d’hôtes ou bureaux. Leur particularité est de pouvoir être transportés d’un terrain à un autre sans rien démonter. Ils sont équipés de la cuisine à la salle de bain en fonction des demandes de la clientèle. 

Le plus ancien

« Sosefo est un employé consciencieux. On peut compter sur lui » se félicite Bernard Pinault, le chef de l’entreprise. « C’est un bon boulot, tout simplement », répond ce couvreur qui sait tout faire. « Je connais par cœur tous les chalets. » S’il est le soudeur en titre, il donne aussi un coup de main pour le plancher, le carrelage ou l’habillage. « Parfois, je dirige l’atelier et je me charge des nouveaux venus pour leur apprendre le métier. » Il est vrai qu’il est le plus ancien.

Sosefo a trouvé un logement non loin de l’entreprise. Il y rejoint sa femme et ses trois enfants à la pause déjeuner, à moins que l’installation d’un nouveau chalet ne le mène en Brousse pour la journée. « Hier, j’étais à Moindou pour monter un chalet. On a commencé à 6 heures. À 18 heures, on avait assemblé tous les modules », dit-il fièrement. L’ensemble des éléments est en effet préparé à Païta.

Sosefo s’épanouit dans son travail. Et lorsqu’on lui demande si travailler sur des sites miniers ne l’intéresse pas, il répond sans hésiter : « De toute façon, je n’ai pas de diplôme et j’aime mon travail. Je n’ai vraiment pas envie d’en changer. » Il ne regrette pas l’époque du bleu de l’océan. Il préfère de loin celui du ciel lorsqu’il soude une toiture.

Frédéric Huillet

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