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Publié le
12 Aoû. 2013

Marie-Ève Delatte - La petite fée du théâtre

Marie-Ève Delatte - La petite fée du théâtre
Crédit photo : Delphine Mayeur

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Chargée de communication du Théâtre de l'île, Marie-Ève Delatte est aussi metteur en scène et comédienne de talent. Après une aventure artistique intense en métropole, cette passionnée se pique au jeu de la direction d'acteurs, avec la compagnie « Ça cartoon », à son retour en Calédonie.

On a pu la voir en juin dernier porter le personnage de Babou et la mise en scène de la pièce Le Prénom avec la compagnie « Ça cartoon ». Un retour sur les planches qui l'a comblée. « Ce fut un réel bonheur de jouer. Ce qui, j'avoue, est nouveau, confie Marie-Ève Delatte. Lorsque j'ai commencé à jouer au théâtre à l'Université, j'avais un trac si maladif que j'étais littéralement tétanisée avant de monter sur scène. »  Elle avait pourtant trouvé sa véritable voie. Après avoir joué dans différents registres (Les Femmes savantes, de Molière, Harold et Maude), elle se lance - à l'âge de 26 ans - dans la mise en scène, en dirigeant « Les Strapontins », la troupe de théâtre de l'Université de Nouvelle-Calédonie. « J'ai été encouragée par mes pairs, dont Jean-Louis Canolle, qui ont jugé que j'avais des compétences pour la mise en scène. » Ce qu'elle aime, Marie-Ève, c'est décortiquer un texte qui l'enthousiasme et attise son imaginaire. Puis, tel un chef d'orchestre, elle réfléchit aux personnages, aux situations, aux décors, aux costumes. « La direction des comédiens fait aussi écho à mon côté maternel. J'aime amener les comédiens au bout d'un projet. »

Pas de statut en Calédonie

Après avoir intégré le Théâtre de l'île pour promouvoir cet art auprès des jeunes, son aventure artistique se poursuit en métropole. Alors qu'elle devait suivre une formation de metteur en scène au Conservatoire de Paris, on lui refuse cette opportunité pour la seule raison qu'il n'existe pas en Nouvelle-Calédonie de statut d'intermittent du spectacle. Ce fut une déception, mais la jeune femme rebondit en intégrant en 2004 la compagnie Najib Guerfi, en tant que metteur en scène d'Orphée, où la danse et le théâtre dialoguent. « Ce furent des années intenses où, d’abord enceinte, et ensuite maman, je devais à la fois être performante dans mon travail de metteur en scène, tout en gérant la troupe sur un plan administratif, au moment même où le statut d'intermittent du spectacle était remis en cause. »

Plaisir retrouvé

Malgré le succès du spectacle, les tournées en métropole, en Belgique et en Asie, Marie-Ève ressent le besoin de retrouver une stabilité et de rentrer au pays. Elle se porte candidate au poste de chargée de communication au Centre Tjibaou, l’obtient, et revient en Nouvelle-Calédonie… Une fois établie dans ses nouvelles fonctions, Marie-Ève goûte à une vie « normale ». Le théâtre, on ne l’y reprendra plus, trop d'instabilité avec un enfant. Mais le destin est souvent facétieux. En 2007, il se rappelle à elle. « J'ai rencontré la troupe « Ça cartoon », et j'ai ressenti une vraie motivation et une envie de jouer, ainsi qu’une exigence que l'on attend de comédiens professionnels.» Et la voilà embarquée à nouveau dans la spirale, jouant dans Un air de famille, puis mettant en scène plusieurs pièces : La soeur du Grec, Le dîner de cons, Le jeu de la vérité, et, dernièrement, Le Prénom. Avec la récompense d'avoir accompagné cette « bande d'amis » à se dépasser et offert des spectacles de qualité. « Le théâtre est redevenu un plaisir, car je ne ressens plus de pression comme en métropole où la précarité guette très souvent les professionnels du spectacle, explique Marie-Ève. Dans la compagnie, nous avons tous une profession. Ce qui nous permet d'être plus sereins et de ne pas demander de subventions. » Et de poursuivre en faisant un parallèle entre ses expériences métropolitaines et calédoniennes : « Monter un projet en métropole, c'est un parcours du combattant. Il faut batailler pour obtenir des subventions, sans que l'on sache si elles nous seront attribuées, respecter des procédures, remplir des dossiers, sans parler des réseaux souvent indispensables pour percer. En Nouvelle-Calédonie, tout n'est pas simple évidemment lorsqu'on parle de création, mais si l’on a un projet qui tient la route, on peut être accompagné et aidé financièrement. »

Frédérique de Jode

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