Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
10 Déc. 2013

Cynthia Ligeard, Femme de terrain

Cynthia Ligeard entend gérer la Province comme une entreprise et veut garder le contact avec le terrain.
Cynthia Ligeard entend gérer la Province comme une entreprise et veut garder le contact avec le terrain.
© Province Sud

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Présidente de la province Sud, elle est une femme engagée et passionnée. La politique, c’est sa vie. Mais qui se cache derrière l’élue ? Cynthia Ligeard a accepté de lever le voile sur un petit pan de sa vie…

« J’ai toujours pensé que je m’engagerais dans la vie de la cité, où que je sois. » Originaire de Nouméa, Cynthia Ligeard suit sa scolarité en Calédonie avant de partir faire ses études à Bordeaux où elle obtient une maîtrise de Langues étrangères appliquées avec une spécialisation en commerce international. « Comme tout insulaire, j’avais envie de voir le monde, raconte-elle. Je trouvais intéressant de parler plusieurs langues, de faire du commerce pour voyager partout. » Mais les Événements changent la donne. « Quitte à m’engager, autant que ce soit chez moi. Je suis donc revenue. »
À son retour, une opportunité lui permet d’être recrutée à la mairie de Nouméa en tant qu’adjointe au chef de service de la Culture et des fêtes en 1991. « À cette époque, il y avait peu d’offres privées, et c’est la mairie qui organisait des concerts, des expos, faisait venir des pièces de théâtre, etc. », se souvient Cynthia Liegard restée une amoureuse de la culture. « Ce qui m’intéresse dans la culture, c’est le chemin vers l’autre, l’émotion que cela dégage. En général, quand j’arrive dans un pays, je commence par écouter les musiques. Elles donnent tout de suite l’âme du pays. »
En matière de culture, la présidente de la Province reconnaît d’ailleurs qu’elle doit beaucoup à l’école qui lui a ouvert des mondes différents. « Car pour accéder à ces mondes nouveaux, la meilleure porte d’entrée, c’est la culture », explique celle qui était alors une fervente pratiquante de la bibliothèque de l’école.

Ouvrir des portes

Du service Culture et fêtes, elle intègre ensuite, en 1997, le Sasei (service des actions socio-éducatives et de l’insertion, devenu aujourd’hui le service Vie des quartiers). « Un coup de chance. Cela m’a donné l’opportunité de me rapprocher des quartiers (visés par la politique de développement social urbain, donc dits quartiers en difficulté), et de faire un lien avec le travail mis en place au service Culture. »
Elle l’avoue, « avant mon poste à la présidence de la province Sud, c’est ma plus belle expérience professionnelle ». Elle y trouve en effet des défis partagés avec la population, « des gens qui ont des envies mais beaucoup de freins ».
« Si on ouvre des portes aux gens, si on leur donne des perspectives, cela donne un élan créateur. Les rêves se transforment en réalité », poursuit Cynthia Ligeard. Elle reconnaît qu’encore aujourd’hui, cette expérience dans les quartiers nourrit sa réflexion et son action. « Dans les quartiers, on ne fait rien tout seul, s’ils n’adhérent pas, il ne se passe rien. À l’inverse, s’ils adhérent, cela peut changer des vies. C’est ce que j’ai envie de faire encore aujourd’hui dans tous les quartiers de la Calédonie », sourit-elle.

Proximité

Le virage politique, Cynthia Ligeard va le prendre en 2002 lorsque le maire de Nouméa, Jean Lèques lui propose de devenir son chef de cabinet avec pour mission de créer du lien entre les Nouméens, l’administration municipale et les élus municipaux. « J’avais beaucoup été sur le terrain dans les quartiers, j’avais donc cette proximité avec la population nouméenne. » Elle y reste deux ans jusqu’en 2004. À cette époque, la loi sur la parité est votée depuis 2000 en métropole et s’applique en Calédonie pour les élections à venir. Les partis en présence doivent donc enrichir leurs listes. Le Rassemblement-UMP propose à Cynthia Ligeard de figurer sur sa liste. Là encore, et parce qu’elle est comme ça, « soit j’acceptais, et je fonçais, soit je refusais et je faisais complètement autre chose ». Elle accepte et est élue à la Province et au Congrès. « J’avais envie de faire de la politique autrement. » Pour elle, cela signifie intervenir dans la vie de la cité. « En ce sens, faire de la culture, de l’insertion, de la prévention de la délinquance dans les quartiers, c’est changer le monde à mon niveau. »

3e vice-présidente

Son premier mandat dans l’opposition lui permet d’apprendre ce monde nouveau, et l’entraîne dans un véritable engagement puisqu’elle devient secrétaire générale adjointe du Rump. En 2009, juste élue à la Province, elle n’a plus de responsabilités particulières, mise à part celle de présider le conseil d’administration de la Savexpress. « Cela m’a laissé du temps pour aller voir les gens et faire du terrain. » Jusqu’en 2011. Cynthia Ligeard est alors nommée 3e vice-présidente de la province Sud en charge des secteurs de la condition féminine, de la culture, de l’habitat, de la santé, du social et du tourisme.
Le 20 septembre 2012 est encore un nouveau tournant dans sa vie professionnelle. Elle est élue à la tête de la province Sud. « Je ne m’étais pas projetée dans cette fonction mais comme d’habitude, si j’y vais, c’est à fond… Et là, je m’éclate ! » admet Cynthia Ligeard. Elle entend gérer la Province comme une entreprise et veut garder le contact avec le terrain, « pour rester ancrée dans la vie ». « Quand on est à la tête d’une entreprise comme la Province, on peut rester toute sa vie dans un bureau, à éplucher les dossiers, à rendre des arbitrages, à travailler avec les équipes dans l’intérêt de la population. Mais qui me dit que les décisions prises correspondent bien aux attentes de la population ? » Après avoir construit les premiers mois les relations avec son administration, pour connaître les dossiers, elle prend maintenant le temps de retrouver le terrain. « Toute la vérité ne vient pas des directions, mais toute la vérité ne vient pas non plus de la rue… Il faut un mix des deux. »

Charlotte Antoine

Ce qu’elle pense du développement économique

« L’industrie a clairement besoin d’être encouragée, d’être soutenue. Concernant le financement de l’économie, des entreprises et des freins à lever, un travail est actuellement effectué pour l’installation de la BPI (Banque publique d’investissement) en Calédonie. Il faut soutenir et encourager le dynamisme de notre économie. Nous avons un tissu économique riche, en évolution. Il faut encore le diversifier, l’enrichir, mais il va évoluer, et il faut anticiper les besoins de demain. Nous, collectivités, avons un rôle à jouer. Ce n’est pas à nous de décider quelle activité ou quel secteur doit être développé mais c’est à nous de rendre possible l’expression de cette initiative entrepreneuriale. Le développement économique est du ressort de la Province. S’il s’agit juste de prendre acte des projets portés par les entrepreneurs et de délivrer des subventions, c’est bien mais ce n’est pas suffisant. Notre plus-value, c’est de se projeter dans l’avenir et d’imaginer comment on peut ouvrir des voies nouvelles pour le développement de l’économie. C’est là où je situe l’action de la collectivité. C’est à elle de pousser, d’encourager les projets. Lâchez-vous, imaginez l’économie de demain. Il faut redonner confiance. Cela passera par le message politique, parce que si les entrepreneurs arrêtent, alors… »

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