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Publié le
28 Déc. 2014

Henry Calonne - Manager par nature

"Pour des jeunes qui ont envie de tenter des choses, le territoire est propice : il existe encore beaucoup de possibilités et beaucoup de choses à faire dans ce pays."
"Pour des jeunes qui ont envie de tenter des choses, le territoire est propice : il existe encore beaucoup de possibilités et beaucoup de choses à faire dans ce pays."
Photo : Marc Le Chélard

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Manager de l'année. Cette distinction, Henry Calonne l'a reçue début octobre dans le cadre des Trophées de l'entreprise, organisés par la CCI pour la seconde fois. Un prix qui salue le travail réalisé depuis 25 ans à la tête de Socalait. Rencontre avec un chef d'entreprise passionné.

S'il ne connaît pas les critères qui ont prévalu à sa désignation comme manager de l'année, Henry Calonne savoure discrètement mais sincèrement la distinction. « Un prix est toujours gratifiant et cela fait évidemment plaisir d'être reconnu par ses pairs », explique-t-il sans s'étendre davantage. L'homme n'est pas du genre expansif. C'est après avoir quitté la sphère strictement personnelle qu'il devient plus loquace. « Ce n'est pas simple de donner une définition du manager, réfléchit-il. Il faut être en mesure de gérer différents domaines, de parvenir à concilier des choses diverses et de savoir diriger des hommes ». Titulaire d'une maîtrise de gestion et d'un MBA américain (Master of Business Administration), Henry Calonne s'appuie, depuis le début de sa carrière, sur les connaissances pluridisciplinaires acquises au cours de ses études. Mais pas uniquement. « D'ailleurs, je ne crois pas qu'il soit indispensable d'avoir reçu ce type de formation pour être un bon manager. » Si diriger une société demande une réelle polyvalence, difficile pour un individu de savoir tout faire, reconnaît-il ; et la fonction s'aborde aussi en sachant s'entourer de ceux qui disposent des compétences complémentaires.

L'indispensable facteur humain

Aux yeux du dirigeant de Socalait, le terrain et l'expérience sont sans aucun doute les meilleures écoles pour entrer dans la peau d'un manager. « Les premières expériences professionnelles sont importantes, notamment pour les éléments techniques du management. On y acquiert des connaissances qui serviront ensuite, et on y rencontre des gens qui apportent et transmettent eux-mêmes leur expérience ». Pour ce qui est de la gestion humaine, pas d'école, de cours ou de diplôme... on apprend en direct, sur le tas. En fonction des responsabilités que l'on se voit confier, des équipes que l'on a à diriger. « On apprend à travailler avec elles, on essaie de s'améliorer et de faire en sorte que les gens aient envie de travailler avec vous, envie de vous suivre ». La formule demeure complexe à établir, reconnaît Henry Calonne, cherchant à trouver l'équilibre entre motivation, récompenses, limites, sanctions... Mais une démarche passionnante, enrichissante au quotidien et qui donne son sel à l'aventure industrielle. « Vu le temps que l'on passe à travailler, il est important pour chacun d'avoir envie de se lever pour aller bosser. C'est vrai également pour les salariés : la société est une aventure pour eux aussi, il faut qu'ils soient motivés par le projet dans lequel on les entraîne ».

Oser prendre des risques

Il est bien évident que gérer une entreprise — qu'elle soit de cinq, quarante ou cent-dix personnes comme l'est aujourd'hui Socalait — rend les journées denses, longues et régulièrement difficiles. Pourtant, Henry Calonne ne regrette rien. « J'ai su très tôt que je voulais travailler pour moi. Les notions d'indépendance et d'autonomie sont importantes dans le fait d'être manager, de monter sa société, de créer un environnement dans lequel vous pouvez vous exprimer à 100 %. Avec le risque que cela implique... »

Car l'indépendance se paie aussi, affirme celui qui a racheté Socalait en 1989, cinq ans seulement après son entrée dans la vie active : elle implique de prendre beaucoup de risques et d'assumer les décisions que l'on prend. Avec ces réalités en tête, le chef d'entreprise n'hésite jamais face à des jeunes qui rêvent de franchir le pas de l'entrepreneuriat : « N'ayez pas peur de vous lancer », martèle-t-il ! Quitte à essuyer un échec. Toutes les expériences sont bonnes à prendre dès l'instant que l'on continue d'avancer, que l'on fait ses armes, que l'on apprend. « La Nouvelle-Calédonie est un pays en pleine croissance, conclut le manager, en pleine évolution économique, politique, sociale... Pour des jeunes qui ont envie de tenter des choses, le territoire est propice : il existe encore beaucoup de possibilités et beaucoup de choses à faire dans ce pays. »

Savoir anticiper

Demandez à Henry Calonne s'il a des projets. Il vous répondra « Toujours ! ». Depuis un quart de siècle, l'investissement est demeuré un fil rouge qui ne s'est jamais rompu. Avec un objectif essentiel aux yeux du chef d'entreprise, celui d'anticiper. « Il est indispensable d'avoir toujours un coup d'avance sur ce qui va se passer. Pour y parvenir, il faut bien analyser le contexte du territoire, mais aussi celui de sa propre société, pour définir ensuite une stratégie ». Reste que, reconnaît-il aussi, dans la gestion quotidienne, il n'est pas toujours facile de lever les yeux des tâches urgentes pour prendre le recul nécessaire à l'anticipation. Un défi supplémentaire pour les managers calédoniens, souvent à la tête de PME ou de PMI dont la gestion et la réussite requièrent une attention continue.

Âme d'entrepreneur

En plus d'être manager, de diriger une grosse équipe tout en gérant les aspects administratifs et techniques de l'activité, le patron de Socalait est aussi un entrepreneur. Deux choses différentes, estime-t-il. « Je suis parti quelques années de Nouvelle-Calédonie, mais je voulais revenir travailler ici. En sachant aussi par avance que le territoire me semblerait un jour trop petit... » Un sentiment qui s'est confirmé et qu'Henry Calonne a transformé en énergie entrepreneuriale, tournant son regard vers les pays voisins, essentiellement non francophones. « J'ai assez vite eu envie d'aller investir ailleurs. En Nouvelle-Zélande, au Vanuatu, à Fidji, des pays indépendants qui ont une économie qui fonctionne ». Tout n'a pas été couronné de succès, ajoute-t-il, mais il a concrétisé ses envies d'exporter un savoir-faire, soutenu par le fait de travailler sous des franchises solides. « Quand des investissements sont réalisés à l'étranger, quand il y a des flux avec l'extérieur, cela renforce nécessairement les relations avec les pays partenaires. Quel que soit l'avenir économique de la Nouvelle-Calédonie, je pense qu'il va falloir nous ouvrir plus largement aux pays de la zone ».

Anne-Claire Lévêque

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Rédaction Made In

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L'équipe de rédaction Made In est composée d'intervenants ponctuels mais aussi de journalistes présents depuis plusieurs années. Ces derniers ont d'ailleurs leur propres signatures sur les articles qu'ils rédigent.

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