Depuis 2003, le magazine de l'information économique calédonienne
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Publié le
06 Avr. 2010

Emmanuel Bonneau : la chance est avec lui

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Il rêvait de travailler au milieu des bateaux… il va côtoyer les plus grands marins de ce monde avant de poser sa barque en Nouvelle-Calédonie. Emmanuel Bonneau est aujourd’hui à la tête de Marine Performance qu’il a créée avec trois amoureux de la mer.

Il n’aime pas qu’on dise de lui que c’est un touche-à-tout. Pourtant, à l’écouter raconter son parcours, c’est la première idée qui s’impose. Et puis, très vite, on comprend qu’Emmanuel Bonneau avance avec le cœur, avec ses tripes, avec l’envie. Et un soupçon de chance toujours à ses côtés. Une chance presque insolente qui va lui permettre d’être là où il faut, au moment où il faut. Tout petit déjà, le milieu de la mer l’attire. Son père construit des pétroliers, mais son truc à lui, c’est la voile. Alors, dès l’âge de 7 ans, il apprend à naviguer et va même jusqu’à faire quelques courses en Atlantique. À la fin de l’adolescence, alors que d’autres se lancent dans de longues études, lui se cherche. « Depuis toujours, je savais que je voulais travailler au milieu des voiliers, des régates, de la plaisance, mais j’ignorais comment y arriver. » Plutôt qu’une école d’architecte, « qui aurait été longue », il passe un CAP menuisier et travaille durant cinq ans dans le bâtiment à réaliser des portes et des fenêtres. « Un travail pas toujours passionnant, mais qui offre beaucoup d’expériences. »
En 1997, il intègre le chantier naval Lagoon* du groupe Bénéteau, leader mondial de la construction de voiliers de plaisance. « Bernard Bachelier, le chef d’atelier, m’a fait confiance en me chargeant de la création des aménagements intérieurs sur mesure, raconte Emmanuel Bonneau. J’ai eu une chance énorme, car, en plus, j’ai participé à la mise au point du procédé d’infusion sous vide qui est l’avenir de la construction navale en série. Aujourd’hui c’est un procédé économique, écologique - totalement novateur en Calédonie - que nous allons pouvoir proposer chez Marine Performance ». Parallèlement, Emmanuel continue à se former en maintenance marine de plaisance. Très vite, l’électricité basse tension, la plomberie, la mécanique n’ont plus de secret pour lui.
1999. II est chef d’atelier chez Pro Marine et met en place une ligne de production en série de bateaux à moteur. Emmanuel lui-même reconnaît que « peu de sociétés offrent à un jeune une telle opportunité, un tel challenge ».

Un bateau dans un appartement

Son premier bateau, Emmanuel l’a construit dans son appartement de Nantes, il y a une quinzaine d’années. « À l’époque, raconte-t-il, j’habitais dans un appartement situé au 3e étage. Comme je n’avais pas les moyens de payer une location de dock, j’ai dessiné les plans pour qu’il puisse sortir par la fenêtre avec une poulie accrochée au balcon du dessus, et je l’ai construit dans ma chambre ». La passion est à ce prix…

C’est d’ailleurs certainement en partie grâce à ses multiples expériences professionnelles qu’Emmanuel va se retrouver au cœur de l’action dès 2001. Il devient alors préparateur de l’Orange de Bruno Peyron pour le Trophée Jules Verne. « Encore une fois, j’ai eu de la chance, reconnaît Emmanuel. J’ai rencontré les bonnes personnes qui m’ont permis d’avancer et de participer à de multiples aventures ». De fait, il se retrouve dans la pépinière des grands skippers de ce monde, comme Olivier de Kersauson pour n’en citer qu’un. Il fait de l’assistance aux bateaux de course de passage en Méditerranée, participe à la construction d’un Class America et y apprend la technique du « pré-imprégné sous vide et postcuit »… « Aujourd’hui, je dois être l’un des seuls en Calédonie à savoir l’utiliser », sourit Emmanuel.
Lorsqu’il arrive sur le Territoire fin 2006 - « pour 6 mois » -, il pense surtout à faire de la planche, du kite, de la plongée… « Il n’y avait pas de bateau de course à construire, alors j’ai proposé mes services comme menuisier. » Le hasard, ou plutôt la chance – encore elle – fait qu’au-dessus de Pro 24 qui vient de l’embaucher, travaille Olivier Schaller, un passionné de voile et de vitesse. « C’est un professionnel du composite chez qui Antoine Rioux a construit son voilier pour la Mini Transat avec Jean-Philippe Masson », confirme le marin. Peu à peu des liens se créent et, début 2010, Jean-Philippe Masson, José Robino et Emmanuel créent Marine Performance (lire ici). Ce n’est pas une fin en soi pour ce jeune entrepreneur, mais bien le début d’une nouvelle aventure. Avec, à la clé, l’envie de mettre à profit ses expériences et ses rencontres pour en faire profiter les amateurs de navigation.

*Lagoon s’est notamment illustré dans la réalisation de monocoques et multicoques de compétition (Pierre Ier, les Fleury Michon, etc.).

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